Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako –San Pedro : LE MALI ET LA BAD VOIENT GRAND ET LARGE

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Les 60 milliards de francs CFA mobilisés auront aussi des retombées importantes sur l’économie locale à travers la réalisation des aménagements socioéconomiques

S’il fallait une preuve supplémentaire des excellentes relations entre notre pays et la Banque africaine de développement (BAD), elle a été administrée hier en fin d’après-midi au ministère de l’Economie et des Finances. C’est là qu’a eu lieu la signature des documents relatifs à la mise à la disposition du Mali par la Banque d’un financement de près de 70,77 millions d’unités de comptes, soit près de 60 milliards de francs CFA. Financement qui sera affecté à un ambitieux projet routier innovant qui vise l’aménagement routier et la facilitation du transport sur le corridor routier Bamako-San Pedro via Zantiégoubou, Kondiéba et Boundiali (frontière avec la Côte d’Ivoire).
La convention a été paraphée par le nouveau ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé et la Représentante résidente de la BAD, Hélène N’Garnim Ganga sous le regard attentif du ministre de l’Equipement, du Transport et du Désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré. Il faut dire que cette convention est l’un des plus importants financements accordés à notre pays par l’institution financière africaine. Il s’inscrit dans la droite ligne de l’adoption par le Conseil d’administration de la BAD de la nouvelle stratégie d’appui au Mali. Stratégie qui a pour objectif de contribuer à renforcer la résilience des populations les plus vulnérables et à jeter les fondations d’une solide reprise de l’économie en vue d’accompagner le processus de développement et de sortie de crise de notre pays.
La convention comporte un don du Fonds africain de développement (FAD) et de la Facilité d’appui à transition (FAT) pour des montants respectifs de 19,71 et 4,47 millions d’unités de comptes. A ce don s’ajoutent des prêts des mêmes fonds pour 31, 06 millions d’unités de comptes en ce qui concerne la FAD et pour 15,53 millions d’unités de comptes en provenance de la FAT. Lorsqu’on décompose le montant global de près de 60 milliards de Fcfa, l’on s’aperçoit qu’il intègre 40 milliards de prêts et 20 milliards de dons.

À TITRE EXCEPTIONNEL. Dans son intervention, Hélène N’Garnim Ganga rappellera que le fonds est destiné au financement d’un projet à la fois innovant et vital pour le Mali. D’un côté, l’aménagement du nouveau corridor routier, en facilitant le transport des biens et des personnes, permettra un voyage aisé du Mali jusqu’au port de San Pedro en Côte d’ivoire. De l’autre, le projet illustre la nouvelle orientation adoptée par la BAD qui est de renforcer l’intégration africaine. Le côté innovant du projet tient dans le fait qu’en sus de la route elle-même, il favorisera des aménagements socioéconomiques très importants, notamment la construction de centres multifonctionnels pour les femmes. Dans ces centres, il sera notamment proposé des kits d’équipements de transformation de produits agricoles.
Le projet prend également en charge la réhabilitation et l’équipement des centres de santé le long du corridor, la fourniture d’ambulances et de véhicules tricycles pour le transport des malades, la réalisation de forages, l’aménagement de marchés locaux avec garderies d’enfants, l’installation de systèmes d’éclairage solaire public dans les localités riveraines, l’aménagement de pistes rurales, de gares routières et d’aires de stationnement ainsi que de voiries urbaines. Sans oublier la construction de postes de contrôle juxtaposé et de marchés à bétail à la frontière Mali – Côte d’ivoire. Autant de réalisations qui donneront un coup de fouet au développement local tout au long du corridor.
Mme Hélène N’Garnim Ganga précisera que pour faciliter le décaissement rapide du fonds et la réalisation du projet dans les meilleurs délais, son institution a répondu positivement à la requête du gouvernement malien de recourir, à titre exceptionnel, à la procédure des acquisitions anticipées pour le lancement des travaux et services. Cette procédure, a-t-elle fait remarquer, a permis à l’administration malienne de faire des avancées du point de vue des acquisitions prévues dans le cadre de cet important projet, en particulier pour les travaux routiers et ce, avant même que le projet ne soit soumis au conseil d’administration de la Banque. En retour, la Représentante résidente a insisté sur deux points fondamentaux pour assurer la bonne exécution du projet : primo, l’accomplissement des conditions de mise en vigueur du prêt  du premier décaissement ; et secundo, la durabilité des investissement dans le domaine des transports.
Ce fut donc un ministre de l’Economie et des Finances, absolument comblé, qui a tenu d’emblée à souligner la signification particulière que revêt cette signature en début d’année pour notre pays. Dr Boubou Cissé a salué non seulement l’excellence des relations entre notre pays et la Banque africaine de développement ; mais aussi et surtout la constance de l’institution dans son accompagnement à notre pays.

EXCÉDENTAIRE EN PRODUCTIONS AGRICOLES. Le projet, indiquera-t-il, contribuera à la consolidation des efforts de développement et de désenclavement entrepris par les autorités dans le cadre du projet du développement du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Ce qui va être réalisé, a insisté le ministre, favorisera l’approvisionnement correct du pays à travers l’ouverture et la revitalisation un nouveau corridor maritime et contribuera à l’amélioration de la fluidité du trafic et la réduction de temps et coût d’accès de nos importateurs au port de San Pedro. Il contribuera également à l’amélioration du niveau de service de la chaine logistique de transport ainsi que les conditions de vies de nos compatriotes le long du corridor.
Dr. Boubou Cissé précisera que le projet a déjà bénéficié de l’accompagnement de la Commission de l’UEMOA dont la contribution s’élève à 1,03 milliard de Fcfa. Il conclura en réaffirmant l’engagement du gouvernement à travailler au rétablissement de la paix et de la stabilisation, condition nécessaire à une reprise rapide de l’économie et à la relance du développement.
Le ministre de l’Equipement, du Transport et du Désenclavement soulignera lui aussi le caractère spécial d’un projet qui englobe plusieurs réalisations économiques. « Les principaux bénéficiaires du Projet, a détaillé Mamadou Hachim Koumaré, sont les agriculteurs, en particulier les femmes qui éprouvent d’énormes difficultés d’écoulement des productions agricoles ». Mais sont également concernés les importateurs qui auront une nouvelle infrastructure routière adaptée et proche de Bamako, ainsi que les industriels, les transporteurs, les chargeurs dont les couts d’exploitations et de logistiques seront substantiellement réduits. Le ministre attirera l’attention sur le fait que le projet boostera le développement économique d’une zone particulièrement excédentaire en productions agricoles. Il faut noter à cet égard que l’un des avantages du port de San Pedro est sa proximité. Il se situe en effet à 890 kilomètres de Bamako alors que celui d’Abidjan est distant de 1100 kilomètres. « Et cette distance pourrait être réduite de moitié lorsque le corridor sera fonctionnel », a révélé Mamadou Hachim Koumaré.
Il faut rappeler que le portefeuille actif de la Banque africaine de développement dans notre pays au 1er Janvier 2016 compte 14 opérations pour un montant total approuvé de près de 285 milliards de Fcfa. Avec ce projet, le transport prendra la deuxième place dans ce portefeuille avec un plus de 20% des fonds alloués au Mali.
D. DJIRÉ

Source : Essor

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