Navigabilité du fleuve Sénégal : Les études de faisabilité et le financement disponibles

Saint-Louis, 10 juin (AMAP)  Toutes les études de faisabilité du projet de restauration de la navigabilité du fleuve Sénégal, de Saint-Louis (Sénégal) à Ambidédi (Mali) sur une distance de 905 km et son financement, estimé à près de 500 millions d’euros, sont disponibles, a appris l’AMAP, vendredi, de source officielle, à Saint-Louis du Sénégal.

Le directeur général de la Société de gestion de la navigation (SOGENAV), Mamadou Faye, a annoncé, au cours d’une conférence de presse sanctionnant une journée d’échanges avec les medias presse sur l’état d’avancement du «Projet navigation de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS)», que la SOGENAV a reçu des offres technique et financière de la Société indienne de travaux, AFCONS, pour la réalisation du projet. Il ne resterait que la concrétisation du contrat commercial dont la signature ne saurait trainer face à la volonté des Etats membres de mieux optimiser le projet.

Cette rencontre a eu lieu sous la présidence du Haut commissaire de l’OMVS, Hamed Diane Séméga, et avec la participation d’une délégation de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) de France, dirigée par sa Présidente directrice générale, Mme Elisabeth Ayrault, en visite de travail auprès de l’OMVS du 05 au 07 juin.

A la fin d’une croisière de trois heures sur le fleuve, qui a permis de découvrir la beauté de l’écosystème de cette zone, les deux délégations ont animé une conférence de presse, pour expliquer le projet aux médias. Il sera réalisé en deux phases pour être un véritable vecteur de développement et de croissance économique pour nos pays.

Introduisant les débats, Haut commissaire de l’OMVS, ancien président du Conseil des ministres de l’organisation sous régionale, a rappelé qu’Ambidédi ouvrira une fenêtre au Mali sur l’Océan atlantique, à partir du chenal navigable qui va être tracé à la faveur du projet. Des dizaines de bateaux, pouvant transporter la charge de 80 camions de 40 tonnes, pourront accoster à Ambidébi, à 45 km de Kayes dans l’Ouest du Mali. Cela grâce à la construction à Saint-Louis d’un port fluviomaritime qui coûtera près de 300 millions de d’euros, transformant radicalement cette ville, selon M. Séméga, ex-ministre malien de l’Energie et de.

A Rosso Mauritanie, il est prévu la création d’un chantier naval où les bateaux seront réparés, dans un premier temps, avant d’y être construits. Sans compter les quais et autres infrastructures à réaliser et l’énorme potentiel touristique qui créera des emplois sûrs et durables.

« En libérant ainsi le potentiel économique du fleuve, on permet à toute cette zone de se développer, en fixant les populations autour des activités générées : agriculture irriguée, commerce fluvial, tourisme, maraîchage », espère Hamed Diane Séméga. Cela, grâce, en partie, à la maîtrise de ce cours d’eau.

A titre d’exemple, le plus gros barrage du système doit être construit sur le Bafing, principal affluent du fleuve, à Koukoutamba. Son but est l’amélioration du débit du fleuve et des capacités de production du barrage de Manantali. Sur la Falémé, il sera réalisé à Gourbassi un projet de régulation de ce cours d’eau. « Toute chose qui permettra une bonne contrôle de la Falémé qui n’est maîtrisé qu’à hauteur de 50 à 55%, selon M. Séméga » avec comme conséquence, selon les statistiques, la perte, chaque année, de milliards de m3d’eau qui vont à la mer.

Complétant le haut commissaire, la Pdg de la CNR a rappelé que sa compagnie est spécialisée dans l’exploitation de fleuve : entretenir un chemin de navigation, implanter des ports, des quais, des zones d’activités économiques. «Nous transportons plus de 5 millions de tonnes de marchandises sur des courtes distances, enregistrons plus de 200.000 passagers touristiques. Nous comptons plus de 15.000 emplois permanents grâce à la navigation et aux zones industrielles qui l’accompagnent, sans compter ceux liés au tourisme et autres emplois temporels», a dit Mme Elisabeth Ayrault.

En réponse aux questions des journalistes, le Directeur général de la SOGENAV trouve que le projet n’a pas pris de retard, au regard de la qualité des études qui ont été réalisées par des bureaux d’études de niveau mondial. Pour Mamadou Faye, il est attendu 6% de taux de rentabilité interne, avec des impacts de 0,5 à 1,5% sur le taux de croissance au niveau de chaque Etat.

La navigation sur le fleuve Sénégal a connu une période florissante dans les années 1960 entre Saint-Louis Kayes, sur une distance de 948 km. La grande sécheresse de 1973-1975, en plus du manque d’entretien des fonds du fleuve par curage et/ou dragage, a freiné cet essor et fait apparaître plusieurs obstacles (seuils) à la navigation.

Aujourd’hui, seul le navire «Bou El Mogdad», du nom d’un résistant sénégalais qui a navigué de Saint-Louis à Kayes de 1950 à 1974, assure aujourd’hui des rotations régulières pour touristes de Saint-Louis à Podor, sur l’île à Morphil, au Sénégal.

CMT/MD (AMAP) 

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