Macroéconomie : la bonne santé du couple MALI-FMI réaffirmée

Le Conseil d’administration a conclu les consultations avec notre pays dans le cadre de la 4è revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit. La session a approuvé un décaissement de 5,5 millions de dollars

Christine Lagarde Directrice General FMI Igor Diarra ministre Malien Finances

Les experts économiques ont annoncé que l’année 2015 serait une année prospère pour notre pays. Cette information enclenche véritablement les divers chantiers maliens de relance, de reconstruction et de réconciliation après la signature de l’accord de paix et de réconciliation en juin dernier à Bamako. Et le retour annoncé des grands investisseurs privés. La visite d’Etat, à Paris, du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, a été marquée par la conférence des «amis du Mali» de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE). C’est la réponse à l’offensive diplomatique enclenchée à travers les conférences et rencontres internationales. Il a été constatée une forte mobilisation des partenaires techniques et financiers pour la relance économique de notre pays. La cause malienne n’a jamais bénéficié d’autant de soutiens politique et économique de la communauté internationale et des partenaires au développement.

Le gouvernement ne pouvait souhaiter, en cette fin d’année, mieux que la conclusion des consultations au titre de l’article IV avec le Mali pour 2015, qui achève la quatrième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit, et approuve un décaissement de 4 millions de DTS environ 5,5 millions de dollars, soit plus de 3,1 milliards de Fcfa. Ce montant porte le total des décaissements au titre de l’accord FEC à 22 millions de DTS (environ 30 millions de dollars soit 16,6 milliards de Fcfa) ouvrant la voie au décaissement en faveur de notre pays.

Cette opération marque le soutien affirmé des Institutions de Breton-Woods et particulièrement du Fond monétaire internationale à la relance du dévéloppement du Mali. Le Fonds monétaire international (FMI) engage une nouvelle forme de coopération plus dynamique avec le Mali. Ce nouveau partenariat est plus harmonisé et plus efficace. Il est basé sur la consolidation des réformes nécessaires au maintien d’un cadre macroéconomique stable et sain, au renforcement de la gouvernance, et au financement de programmes structurants et régionaux de nature intégratrice et de portée significative sur les objectifs de croissance et de développement du Mali.

Redressement de la croissance des recettes fiscales. Dans un environnement sécuritaire encore fragile, la reprise économique gagne en vigueur, constate le FMI. En achevant la revue, le conseil d’administration a approuvé la demande des autorités du Mali de modifier le critère de réalisation relatif à l’emprunt extérieur non – concessionnel, étant donné la nouvelle politique du FMI quant aux plafonds d’endettement entrés en vigueur à partir de juin 2015. Le Conseil d’administration avait approuvé l’accord au titre de la FEC en faveur du Mali, le 18 décembre 2013, pour un montant de 30 millions de DTS (environ 42 millions de dollars soit 23,3 milliards de Fcfa).

« Les résultats du programme sont bons comme en attestent le respect de tous les critères de réalisation et de la plupart des repères structurels en fin juin 2015. Le programme pour 2016 comprend un déficit budgétaire légèrement en hausse, par rapport à 2015, pour permettre une augmentation de l’investissement public et des dépenses de reconstruction. La composante structurelle du programme inclut des mesures visant à soutenir la croissance continue des recettes, à renforcer la gestion des finances publiques, et à promouvoir la bonne gouvernance », indique le communiqué. Il rappelle que la reprise économique de notre pays est entrée dans sa troisième année.

Après une forte croissance de 7 % en 2014, entraînée par le retour à un niveau plus normal de production agricole et une forte reprise du secteur manufacturier, la croissance est ralentie en 2015. Mais elle devrait demeurée robuste à court terme (au dessus de 5 %). «Le solde courant de la balance des paiements devrait s’améliorer à court terme, mais se détériorer à plus long terme, en raison principalement d’une détérioration des termes de l’échange. D’importantes entrées de capitaux publics et d’investissements directs étrangers devraient permettre au Mali de financer ces déficits et même de renforcer légèrement sa position imputée de réserves internationales. Le déficit budgétaire global devrait être maîtrisé à court terme et diminuer à moyen terme, de telle sorte que le rapport de la dette nominale au PIB resterait en dessous de 40 %. Il est prévu que l’augmentation des impôts perçus se poursuive, et que l’augmentation des recettes permette davantage d’investissements publics et de dépenses sociales », analyse les experts du FMI.

Le directeur général adjoint de l’institution, David Lipton a reconnu que les autorités maliennes ont continué de prendre les mesures nécessaires pour que les objectifs établis à travers divers programmes appuyés par le FMI soient atteints. « Les résultats du programme jusqu’à fin juin ont été solides, ce qui a permis aux autorités de renforcer leur programme budgétaire pour 2015. Le programme pour 2016 prévoit un déficit budgétaire légèrement plus élevé, mais encore modéré, afin de financer une augmentation des dépenses d’équipement et de satisfaire les besoins de reconstruction. Cela devrait s’accompagner d’une croissance encore vigoureuse du PIB, bien que les problèmes de sécurité représentent un risque pour les perspectives économiques.

Le redressement de la croissance des recettes fiscales observé en 2015 est particulièrement encourageant. Il fait suite à diverses mesures prises par le ministère de l’Economie et des Finances plus tôt dans l’année », a t-il insisté. Il a rappelé qu’il est essentiel d’accroître les recettes fiscales, et d’améliorer la qualité et l’efficience des dépenses, pour créer un espace supplémentaire, qui permettra d’investir dans les infrastructures et d’engager des dépenses sociales à l’appui de la croissance et de la réduction de la pauvreté.

Cependant, souligne le spécialiste, il sera important à l’avenir que de nouvelles augmentations des recettes proviennent d’un élargissement de l’assiette de l’impôt, grâce à la réduction des exonérations considérables. « Les efforts que les autorités continuent de déployer pour améliorer la gestion des finances publiques sont encourageants. Il est important de continuer d’apporter des améliorations dans ce domaine pour contribuer à la discipline budgétaire globale et à l’usage adéquat des ressources publiques.

Un cadre macroéconomique solide. La décentralisation budgétaire devrait améliorer la responsabilisation en matière de dépenses publiques et accroître l’aide accordée aux régions moins favorisées du pays. Il est important que ce processus soit progressif et que des mécanismes adéquats en matière de transparence et de responsabilisation soient mis en place pour que les ressources transférées aux collectivités locales soient bien utilisées », a insisté l’expert.

Pour l’institution financière, il est essentiel pour notre pays d’engager des réformes visant à améliorer le climat des affaires pour rehausser les perspectives économiques du Mali. Le plan d’action des autorités dans le cadre du programme appuyé par le FMI porte sur des domaines où des lacunes ont été observées. Il est crucial d’accomplir des progrès dans ces domaines, notamment dans l’amélioration de la gouvernance et l’allégement de la charge administrative des contribuables, pour accélérer la croissance et créer des emplois, et, en fin de compte, faire reculer la pauvreté. Les résultats macroéconomiques solides ont été enregistrés récemment, tels qu’une croissance économique robuste, une inflation faible et une position budgétaire viable.

Si les perspectives économiques sont favorables, les administrateurs attirent l’attention sur les risques de dégradation importants, en particulier du fait de la fragilité persistante de la situation sécuritaire au Mali. Les administrateurs saluent l’accord de paix conclu entre le gouvernement et les groupes rebelles. Mais les experts notent que les récents événements tragiques à Bamako soulignent la nécessité de continuer à renforcer la sécurité avec l’appui de la communauté internationale. Les administrateurs saluent la volonté des autorités de mettre en œuvre une politique économique visant à préserver la stabilité macroéconomique et à promouvoir une croissance solidaire.

Ils souscrivent aux efforts déployés pour accroître les recettes fiscales et améliorer la qualité et l’efficience des dépenses pour créer un espace permettant d’investir dans les infrastructures de base et d’engager des dépenses sociales. Ils reconnaissent qu’il convient d’élargir l’assiette de l’impôt et de réduire les exonérations pour accroître les recettes.

Les administrateurs encouragent les autorités à redoubler d’efforts pour améliorer la gestion des finances publiques afin de faciliter l’usage adéquat des ressources publiques tout en préservant la bonne santé des finances publiques. L’approche prudente en ce qui concerne de nouveaux financements non concessionnels préservera la viabilité de la dette.

D. DJIRE

 

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Voie ferrée Dakar-Bamako : LA CHINE VA REHABILITER LA LIGNE POUR 1,5 MILLIARD DE DOLLARS

 

La boucle est bouclée. Les deux tronçons de la voie de chemin de fer entre Dakar et Bamako, le premier au Sénégal et le second au Mali, seront tous deux réhabilités par la Chine. Les deux accords ont été conclus à quelques jours d’intervalle. Après l’annonce, le mardi 22 décembre dernier, de l’accord entre le ministère sénégalais des Infrastructures et China Railway Construction Corporation, une entreprise publique, c’est au tour du Mali de faire état d’un accord similaire.

Côté malien, le coût du chantier de rénovation du tronçon reliant la capitale Bamako à la frontière sénégalaise, via Kita et Kayes s’élève à 1,486 milliard de dollars, a annoncé le ministre malien des Transports, Mamadou Hachim Koumaré, rapporte l’agence Reuters. L’accord avec l’entreprise chinoise porte sur la rénovation de 644 kilomètres et de 22 stations ferroviaires. La durée des travaux, une fois le chantier engagé, est estimée à quatre ans. La date du début de la rénovation n’a pas été précisée par les autorités maliennes.

«A la fin des travaux des trains de passagers circulant à 100 km/h et à 80 km/h pour le fret. À l’heure actuelle, la vitesse des trains de passagers n’atteint même pas les 20 km/h», a indiqué Mamadou Hachim Koumaré. Le mode de financement du coût des travaux n’a pas été détaillé. «Nous aiderons désormais nos amis maliens à obtenir le financement», a promis le directeur général délégué de China Railway Construction Corporation, Wei Wanzheng, cité par l’agence de presse Reuters.

De l’autre côté de la frontière, l’accord sino-sénégalais porte sur la « la réhabilitation complète» de la ligne Dakar-Kidira (environ 645 km) pour un coût de 754 milliards de F CFA (plus d’un milliard d’euros), financés par le gouvernement chinois par un prêt sur 30 ans au taux de 2 %, avait déjà annoncé le 22 décembre le ministère sénégalais des Infrastructures.

L’exploitation de la voie ferrée Dakar-Bamako (1 286 km) connaît de graves difficultés depuis de nombreuses années. Les gouvernements sénégalais et malien ont annulé récemment la concession d’exploitation accordée en 2003 à Transrail, filiale du groupe français Advens.

 

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Décentralisation : Implication financière du transfert des ressources aux collectivités

 

La revue budgétaire conjointe 2015, organisée récemment par le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers, a examiné le thème de l’implication financière du processus de transfert des ressources aux collectivités dans le domaine de la décentralisation.

La rencontre a attiré l’attention sur le fait que le volontarisme du gouvernement en matière de décentralisation financière s’est affirmé avec acuité dans les recommandations des états généraux de la décentralisation, dans l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale et dans la Déclaration de politique générale du gouvernement, l’objectif étant de transférer 30% des recettes budgétaires aux collectivités territoriales à l’horizon 2018.

En dépit des bonnes intentions, le transfert des ressources financières aux collectivités se heurte à de nombreuses contraintes. Au nombre des difficultés figure en bonne place l’absence et l’inapplication des plans de transfert de compétences. En effet, seuls 8 départements ministériels ont élaboré des décrets de transfert de compétence sur lesquels seulement deux, sont appliqués au niveau des ministères de l’Education et de la Santé.

En outre, la crainte des risques inhérents à la décentralisation reste gros problème. A cela, il faut ajouter que la dispersion des moyens et des acteurs rend plus difficile la maîtrise et le contrôle de l’action publique. La capacité insuffisante des collectivités à faire face à leurs responsabilités nouvelles, le risque de déstabilisation de l’effort global de développement du fait d’une allocation non optimale des ressources disponibles, inefficace ou non conforme aux objectifs d’intérêt général et de soutien de l’action publique viennent boucler la boucle.

Eu égard à, ce qui précède, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de paix, l’Etat s’est engagé à transférer 30% des recettes budgétaires aux collectivités territoriales d’ici 2018, contre un taux de 16,7% dans le budget 2016. Par rapport aux recettes fiscales, ce taux se chiffre à 17,4%. Et pour minimiser les risques macroéconomiques liés à ce transfert massif de ressources budgétaires aux collectivités territoriales, il importe de développer les compétences des agents des services déconcentrés de l’Etat et des collectivités territoriales au service de la régularité et de l’efficacité de la gestion publique. Il s’agit aussi de donner aux services déconcentrés de l’Etat les moyens d’exercer pleinement leur mission de tutelle financière, de mettre en place les outils permettant de détecter et de maîtriser les risques financiers. En outre, il faut élargir le périmètre et la portée du contrôle a posteriori des comptes et de la gestion publique.

F. MAÏGA

Source: Essor

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