La Directrice des opérations de la Banque mondiale lors de la visite de certains projets du Procej ” Je retiens de cette visite qu’il y a plusieurs étapes dans la création d’une entreprise et qu’il faut continuer de les accompagner “

La Directrice des opérations de la Banque mondiale, Soukeyna Kane, en compagnie du Coordinateur du Projet de développement des compétences et emploi des jeunes (Procej), Drissa Ballo et certains de leurs collaborateurs, a visité, le jeudi 25 juillet dernier, certains projets du Procej financés par la Banque mondiale à hauteur de 63 millions de dollars, pour le bénéfice des jeunes de 15 à 35 ans et exécutable sur une période de 5 ans. Les entreprises visitées sont notamment l’entreprise Abdoulaye Hamadoun, l’usine Mam Cocktail et le salon de coiffure  » Maria Coiffure « .

 

Ouverte depuis juillet 2017, grâce à un financement reçu du Procej, l’entreprise Abdoulaye Hamadoun est spécialisée dans la transformation de la farine de maïs en différents produits tels que le Cerelac, le lait, le sirop et les chips. Cette entité, dirigée par Niamoye Traoré, qui en est la promotrice, fait aussi du Fakouhoye.

En effet, la juriste de formation détient 10 hectares de champs de maïs et 10 hectares de feuilles de Fakouhoye.

La jeune entrepreneure, qui emploie à son compte plusieurs personnes, dont 5 permanents et 20 saisonniers, est aujourd’hui confrontée à une production insuffisante, inférieure à la demande du marché.

Son souhait, est d’avoir du financement en vue d’acquérir des machines supplémentaires, qui lui permettront  de pouvoir répondre aux attentes de la clientèle, au sein de laquelle figurent les pharmacies et les CSCOM, grands demandeurs de Cerelac chez elle. La jeune Dame déclare aussi avoir été rapprochée par l’ONG  »Save The Children » qui souhaite aussi être  approvisionnée en céréales alimentaires.

Pour ce qui est de la promotrice de  »Mam Cocktail », cette dernière va pouvoir désormais améliorer sa productivité grâce à des nouvelles machines qu’elle a pu acquérir à travers le financement du Procej, qui vient de lui octroyer 500 millions de F CFA.

Cette unité industrielle, qui a officiellement ouvert ses portes en 2001, produit 26 qualités d’emballages de jus, de dèguè, de yaourt et de lait frais. Parmi ces variétés de jus, pointent l’hibiscus ou  »dabléni », qui est servi à bord d’Air France en Business Class, le gimgimbre, le tamarin, le zaban, le jus du pain de singe (fruit du Baobab), tous en emballage plastique.

Les nouvelles machines, ainsi acquises, vont permettre à l’usine de Mme Diallo Oumou Sissoko de confectionner des jus en canettes au goût de mangue, d’ananas, de fraise et de vanille et aussi de créer de nouveaux emplois. L’entreprise emploie à ce jour 52 personnes dont 40% de femmes.

Installée sur fonds propres grâce à un financement qu’elle a obtenu auprès d’une caisse locale, la promotrice de  »Maria Coiffure’‘, Ruth Coulibaly, quant à elle, doit au Procej la formation en coiffure et au maquillage qu’elle a reçue au Centre Kadiatou Thiam. Une formation qui a permis à la jeune diplômée en chômage d’ouvrir son salon.

L’objectif de cette visite, selon la Directrice des Opérations de la Banque mondiale, était de bien comprendre l’impact du PROCEJ au travers de certains bénéficiaires, de discuter avec ceux-ci, les écouter pour savoir ce que le projet a pu leur apporter et quelles sont les améliorations qu’ils pourraient apporter à leurs engagements et à leur financement pour leur permettre de prospérer dans la mise en œuvre de leurs projets de PME ou PMI.

Au terme de la visite, Mme Soukeyna Kane n’a pu cacher son sentiment de satisfaction du fait que les trois bénéficiaires sélectionnées soient toutes des femmes maliennes et d’avoir pu voir plusieurs segments du marché. « Je suis absolument impressionnée par le niveau d’engagement et de résilience de  ces femmes qui, malgré toutes les difficultés, ont réussi aujourd’hui à se lancer dans la production de céréales. Ce que je retiens également de cette visite, c’est qu’il y a plusieurs étapes dans la création d’une entreprise et qu’il faut continuer de les accompagner. En effet, le gain qu’elles ont pu avoir à la sueur de leur front et grâce à l’aide aussi de plusieurs entreprises, du gouvernement et du Procej, a besoin d’être conforté par notre accompagnement dans la transition pour aller à une plus grande maitrise de certaines procédures, notamment l’hygiène, l’emballage de sécurité. Sinon, l’entreprise pourrait se conclure par une perte« , a indiqué la Directrice des Opérations de la Banque mondiale.

Elle s’est également réjouie de voir que le Procej a pu aider des personnes qui étaient au chômage, des diplômées qui n’ont pas pu trouver de travail sur le marché de l’emploi mais qui ont décidé de se jeter à l’eau, qui se sont battues et qui sont des modèles aujourd’hui pour beaucoup de femmes maliennes.

Toujours selon Mme Kane, sur les bénéficiaires du Procej, il n’y a que 30% de femmes. L’objectif, poursuivra-t-elle, c’est d’avoir un appui beaucoup plus prononcé à l’endroit des femmes et des jeunes.

« Nous n’avons rien contre les hommes, mais quand on arrive à autonomiser une femme, l’impact qu’on obtient est généralement supérieur à celui obtenu de l’accompagnement  d’un homme. Je pense que les femmes maliennes constituent aussi un élément-clé si on veut accompagner le Mali dans la transformation de son économie et dans la création d’emplois« , a-t-elle conclu.

Ramata S.Kéita

Source: l’Indépendant

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