Journées minières et pétrolières : Ce qu’on n’a pas dit

conference gouvernement ministres CICB

Les journées minière et pétrolière qui se tiennent présentement au Centre international de conférence de Bamako (CICB) ont voulu cacher la réalité dans nos mines où règnent l’injustice, l’exploitation et les licenciements abusifs. A en croire la Fédération nationale des mines et de l’énergie (Fénamé) qui regroupe tous les comités syndicaux des travailleurs des mines et de l’énergie, entre 2011 et 2013, plus de 1 160 travailleurs ont été licenciés sans « motif valable, ni versement de droit ».

Les populations des zones minières ne voient que de la poussière et surtout des maladies. Une situation que le ministre de l’Industrie et des Mines, Dr Boubou Cissé  n’a fait que effleurer  lors de la cérémonie d’ouverture de la 13e journée minière et pétrolière en promettant que l’Etat va prendre des mesures, afin que l’exploitation minière contribue au développement communautaire. Mais il n’a pipé mot sur les nombreux problèmes qui opposent, ces derniers temps, les travailleurs miniers aux sociétés minières.

Quand Human Wright Watch indiquait, en 2011, dans un de ses rapports sur l’utilisation des enfants dans l’orpaillage au Mali que l’ «or du Mali est entaché du sang d’enfants», cela avait heurté la sensibilité  des autorités maliennes.  Mais que font les autorités maliennes pour mettre fin à l’esclavage dans les mines d’or ?

 

Pourtant, il n’est un secret pour personne que les travailleurs  miniers sont victimes de licenciement abusif. Au Mali,  les  sociétés minières ont droit de vie et de mort sur leurs employés. La moindre revendication des travailleurs est considérée comme un crime et  le licenciement est devenu la seule riposte aux revendications.

 

Selon une source de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (Fénamé) qui regroupe tous les  comités syndicaux des travailleurs des mines et de l’énergie, entre 2011 et 2013, plus de 1 160 travailleurs ont été licenciés par leurs employeurs sans motif valable, ni versement de droit. Cette pratique est présente dans presque toutes les sociétés minières. Et il ressort d’un rapport de la Fédération nationale des travailleurs des mines et de l’énergie (Fénamé) qu’entre 2011 et 2012, 436 et 26 délégués du personnel ont été licenciés par la société BCM Loulou et  57 travailleurs dont 27 syndicalistes ont été illégalement licenciés par SEMOS-SA et LTA-Mali-SA Sadiola pour fait de grève.

 

La société ALS- BAMAKO a déjà mis à la porte 135 travailleurs dont des leaders pour avoir réclamé des visites médicales et une prise en charge des travailleurs contaminés par le Plomb. SAER-Takoto et Loulou-SA ont, injustement, chassé sans droit, 72 travailleurs et 11 syndicalistes  et Syama-SA a, abusivement, licencié 325 travailleurs. La liste est longue, même très longue.

 

«Sur les lieux, les violations de tout ordre pullulent, vous pouvez les voir, les sentir, les entendre et même les deviner. C’est dans cette atmosphère qu’évoluent nos frères et sœurs, nos pères et mères quotidiennement » regrette Yacouba Traoré, secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs des mines et de l’énergie. Il indique que la Fénamé est à pied d’œuvre afin que justice soit faite. Mais il se trouve que toutes les affaires sont suspendues au niveau des tribunaux. « Cela se comprend quand on sait que les sociétés minières n’hésitent pas à délier la corde de la bourse chaque fois qu’elles sont devant un juge », explique-t-il.

 

Ne sachant plus où mettre de la tête, les travailleurs licenciés,  à travers la Fénamé, ont soumis  l’affaire  au Médiateur de la République le 7 octobre dernier pour l’Espace d’interpellation démocratique (EID) prévue pour le 10 décembre prochain. Depuis, le 17  septembre dernier, le problème a été soumis au ministre des Mines et de l’Industrie, Dr Boubou Cissé.  Mais celui-ci a décidé, comme ses prédécesseurs, de jouer à la prolongationComme si cela ne suffisait pas, les travailleurs n’ont pas été invités à cette 13e journée minière et pétrolière.

 

« Nous étions invités aux éditions précédentes, mais cette années,  nous sommes ignorés. Parce que les sociétés minières, en complicité avec nos autorités, ne veulent  pas que la vérité éclate au grand jour», conclut le président de la Fénamé.

 

 

Source: L’Indicateur du Renouveau

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