Gestion des fonds des postes de péages au Mali : le Mirau a enquêté

Le Mouvement international pour la renaissance d’une Afrique unie (Mirau/Mali) vient de réaliser une étude sur la gestion des fonds des postes de péages au Mali. L’étude réalisée par le consultant, Assane Koné, a permis de mettre le doigt sur les insuffisances dans la gestion de ces fonds.

harouna kone secretaire general Mirau mali conference

Les résultats de l’étude ont été présentés ce jeudi 28 mai 2015 à travers un débat public au siège du Groupe de suivi budgétaire (GSB) à l’Hippodrome. On notait la présence du secrétaire général du Mirau/Mali, Harouna Koné ; le représentant de l’Autorité routière et celui du GSB.

L’objectif principal de cette étude qui a été menée à Bamako et Kati, est d’informer les citoyens afin qu’ils puissent s’approprier de la gestion des fonds des péages et de l’entretien des routes au Mali. Dans son exposé, le consultant Assane Koné, a fait savoir que selon l’Autorité routière, structure qui gère lesdits fonds, les ressources mobilisées par le péage sont estimées à 2,5 milliards de FCFA par an. Ces fonds constituent une goutte d’eau dans l’entretien routier au Mali.

Selon toujours l’Autorité routière, le Mali a aujourd’hui un besoin de 50 milliards de F CFA par an pour faire l’entretien des routes. Mais, le budget disponible aujourd’hui à l’autorité routière est d’environ 22 milliards de FCFA. Par rapport à l’utilisation des fonds du péage, le site Internet  de l’Autorité routière explique que les fonds collectés servent exclusivement au financement de l’entretien routier et à l’amélioration de la sécurité routière.

Les recettes collectées au niveau d’un poste se répartissent comme suit : 90 % destinés à l’entretien routier, 7 % constituant une provision pour assurer la maintenance et le renouvellement des équipements du poste, 3 % pour appuyer les efforts de développement de la collectivité locale qui abrite le poste.

Le consultant a évoqué des difficultés liées au fonctionnement des péages. En effet, si les ambulances, les corbillards (Cortèges funèbres), les véhicules des forces de sécurité, les véhicules militaires, sont exempts du payement, malgré que les textes soient précis en la matière, il y a une catégorie d’usagers de la route qui refuse de payer la redevance. Ce sont : les agents des forces de défense et de sécurité, les hauts cadres en mission, les juges et les préfets dans leur juridiction, certains élus de la nation et certains élus communaux…

A cela s’ajoutent les cas de faux tickets, la vente des souches des tickets par certains agents, le fait de laisser passer des connaissances sans qu’ils ne s’acquittent de la redevance, le personnel de l’autorité routière qui se donne une exemption, le fait de payer peu que ce qui devait l’être normalement, avec ou sans ticket (1000 ou 1500 FCFA au lieu de 3000 FCFA), les agents ne se donnent pas le temps de vérifier les tickets.

C’est pourquoi en guise de recommandations, le consultant demande pour éviter les fraudes au niveau des péages, d’équiper les postes de péage d’un dispositif qui minimise l’intervention de l’homme ; sensibiliser les agents sur leur conscience professionnelle ; faire une campagne de sensibilisation sur la catégorie des véhicules qui bénéficie d’exemption ; faire une campagne de sensibilisation afin que les porteurs d’uniforme et certains hauts cadres acceptent de s’acquitter de la redevance aux postes péages ; instituer un système de surveillance de payement des redevances au titre du péage par les usagers, par une autre autorité (police et gendarmerie) ; mener une étude liée au temps de la validité du ticket etc.

 

Source: autre presse

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