Franc CFA : la France met les pays africains au pied du mur

Au cours de la conférence de presse qui a réuni, le 2  octobre à Paris, certains ministres des Finances de la Zone Franc et les gouverneurs des banques centrales, Michel Sapin a marqué la « position d’ouverture, et de respect des partenaires » africains sur le franc CFA.

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Il a fait savoir que la France était disposée à s’exprimer sur la question avec les pays membres de la zone Franc. « La France est entièrement ouverte à toutes les discussions. Tous les pays-membres de cette zone monétaire sont libres et indépendants, ils peuvent donc demander à rediscuter les accords monétaires qui les lient à la France », a déclaré Michel Sapin. Pour lui, « rien n’est figé ni tabou ».

Il a interpellé la responsabilité de chaque pays-membre de la zone « de rediscuter les accords qui le lient à la France au plan monétaire, financier et économique ». Plusieurs voix se sont élevées ces derniers mois sur le continent pour remettre en cause le Franc CFA, une monnaie qui plombe les économies des pays qui l’utilisent, selon certains économistes. La balle est désormais dans le camp des Africains.

S’exprimant au sujet du franc CFA, lors du 55e anniversaire de l’indépendance de son pays, le président tchadien, Idris Deby Itno appelait les pays africains à se débarrasser du franc CFA pour créer leur propre monnaie, soutenant que « les clauses économiques entre la France et l’Afrique sont dépassées », et qu’il fallait les revoir dans l’intérêt de l’Afrique et de la France. Car « ces clauses tirent l’économie de l’Afrique vers le bas, ces clauses ne permettront pas de se développer avec cette monnaie-là », avait-il soutenu.  Ajoutant : « Le moment est venu de couper le cordon qui empêche l’Afrique de décoller ».

Rester ou se séparer du Franc CFA, il revient désormais aux pays  de choisir, individuellement ou collectivement. Ainsi la France met fin à sa diabolisation sur l’absence d’un  réel décollage économique  dans les pays de la Zone franc liés à la monnaie héritée du colonialisme.

Créée en 1939, la Zone franc est composée des plus anciennes unions monétaires au monde, celles d’Afrique de l’Ouest (Union économique et monétaire ouest-africaine [UEMOA]) et d’Afrique centrale (Union monétaire de l’Afrique centrale [UMAC], auxquelles s’est ajoutée l’Union des Comores en 1979.

En 1994, les unions monétaires ont été complétées par la création d’unions économiques (UEMOA, et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale [CEMAC].En 2015, la Zone franc est composée de 15 pays africains, dont 8 pays de l’UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, et Togo) ; et 6 pays de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) ; ainsi que l’Union des Comores.

La première réunion  semestrielle des ministres des Finances de la Zone Franc s’est tenue à Paris en mars 1965. Ces réunions précèdent de quelques jours les assemblées du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). La prochaine réunion d’automne BM/FMI se tiendra du 9 au 11 octobre à Lima au Pérou.

La prochaine réunion de la Zone franc se tiendra à Yaoundé au Cameroun.

Noël Ndong

Source: Adiac Congo

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