Filière banane : un gros potentiel bride par des difficultés

Malgré ces problèmes, la filière apporte annuellement près de 18 milliards de Fcfa à l’économie nationale.

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« Un Malien, une banane chaque jour » : c’est le défi que se sont lancés les producteurs de banane réunis lundi à Sélingué à l’occasion de la célébration de la Journée de la banane. Organisée par la Fédération des organisations des producteurs de banane (FOPB), la journée s’est déroulée en présence d’une importante délégation conduite par Siaka Fofana, conseiller technique au ministère du Développement rural. On notait également la présence du président de l’APCAM, Bakary Togola, et de Lassine Keita, le président de la FOPB. Les producteurs, venus des zones de production des régions de Koulikoro, Sikasso, Kayes, Ségou et du district de Bamako, se sont donné rendez vous à Sélingué  pour discuter du développement de leur activité. La  journée de la banane a ainsi analysé les nombreuses difficultés qui pèsent sur la filière.

La culture de la banane a progressé timidement au Mali durant les deux décennies passées. Aujourd’hui, elle ne cesse de se propager à travers tous le pays à la faveur de la politique agricole nationale.

A Sélingué, les échanges entre producteurs, autorités et membres de la FOPB ont permis d’identifier les problèmes du secteur de la banane. Les principales difficultés identifiées ont trait au faible coût de vente de la banane, au manque de subvention aux intrants et surtout à la faible organisation des producteurs. Autre difficulté inquiétante soulignée par les  producteurs : la baisse des rendements due à une maladie qui ronge les fruits.

Selon Sada Sanogo, le directeur commercial d’Eléphant Vert, un centre de recherche pour l’amélioration des produits agricoles, cette maladie est liée à la nature des sols qui s’appauvrissent sous le coup de pratiques inadaptées. Les sols, explique-t-il, ont besoin de restructuration, ce qui requiert l’utilisation simultanée d’engrais organiques et biologiques.

Malgré ces difficultés, la banane apporte annuellement près de 18 milliards Fcfa à l’économie nationale. Chiffrée à 60 000 tonnes, la production annuelle ne représente que 30% de la demande nationale estimée à 200 000 tonnes. Au terme des échanges, un plan stratégique intégrant l’approche prônée par la fédération pour le développement du secteur, a été présenté et expliqué aux producteurs.

Les participants se sont rendus sur un périmètre de culture bananière situé à une dizaine de kilomètres de Sélingué pour constater de visu l’état de santé des cultures. C’est la plantation Satigui Sidibé, chef des producteurs de banane de Sélingué, qui a été choisie pour cette visite de terrain. Cette plantation s’étend sur 0,40 ha et compte 6012 bananiers. Les difficultés évoquées lors des échanges relatives aux maladies frappant les fruits sont perceptibles par endroits sur le site, mais dans l’ensemble, Satigui Sidibé a de quoi être fier.

Le président de l’APCAM l’est aussi de la qualité de la banane. Bakary Togola a incité les producteurs à s’approprier les avancées technologiques dans la pratique de la culture et le conditionnement. Il les a encouragés à mettre l’accent sur la transformation et la commercialisation intensive de la banane. L’APCAM sera aux cotés des producteurs pour tous les besoins, a-t-il assuré.

Les difficultés recensées ont incité le secrétaire permanent de la FOPB à tirer sur la sonnette d’alarme et à interpeller les pouvoirs publics sur la nécessité d’agir et de soutenir la filière. Mamadou Lamine Coulibaly a salué les producteurs qui s’acquittent effectivement de leurs cotisations, permettant ainsi de poursuivre la structuration du secteur. « Notre finalité est d’arriver à un niveau d’organisation qui nous permet d’avoir de l’assistance technique et financier pour le développement de la filière », a précisé Mamadou Lamine Coulibaly.

Pour Siaka Fofana, cette journée montre l’importance que les acteurs accordent au secteur. Les producteurs et autres acteurs doivent aller vers une interprofession de la filière banane pour prendre en charge l’ensemble des difficultés. La journée a été salutaire, a jugé Siaka Fofana, car le plan d’action dont il a été question sera défendu dans le plan de campagne agricole national du département. La subvention réclamée sera évaluée et les décideurs devront se prononcer sur sa pertinence.

La banane, un fruit aux vertus gustatives, alimentaires et médicinales multiples, en plus de contribuer à l’économie nationale, participe à la diversification alimentaire et à la création d’emplois.

Lougaye ALMOULOUD 

Source: L’Essor

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