Fermeture programmée de la mine d’or de Morila : Place à l’agrobusiness !

En phase de fermeture prévue courant 2017, après plus de 15 ans d’activités extractives, la mine d’or de Morila, exploité par Randgold ressources-Anglogold Ashanti et l’Etat malien, compte céder la place à l’agrobusiness au bénéfice de la population environnante.

L’annonce a été faite par le directeur exécutif de Randgold ressources M. Mark Bristow, en compagnie du directeur général, Adama Koné et de l’équipe de Management de la mine.

Opérationnel pour des activités extractives d’or depuis 2000 dans notre pays, la mine de Morila dans la région de Sikasso,  cercle de Koumantou, s’apprête a fermé définitivement ses portes. L’effectif étant revu  en baisse, les autres procédures avancent pour la finalisation des opérations d’extraction de l’or. Mais contrairement à la règle des précédentes mines qui cèdent la place à des espaces vides à décontaminer, celle de Morila entend déployer un plan B à durée indéterminé. Il s’’agit là de la mise en place, en lieu et place de la mine, de l’agrobusiness avec une main d’œuvre qualifiée avec l’usage des dernières innovations en la matière. Au-delà des études faisabilités, en ce moment même, on  peut dire sans risque de se tromper que l’agrobusiness en question a pris son chemin. Ce changement impressionnant des activités, ayant fait l’objet d’une visite de terrain,  s’est avéré impeccable et fructueux. En effet,  la mine n’a pas fermée complètement mais d’ores et déjà les jalons marquant le début de l’agro business ont été posés de façon merveilleuse.  Au nombre desquels, on peut citer les infrastructures servant à l’aviculture où près de 110 alvéoles d’œufs sont vendues/jour  avec des poulets de chair dont le restaurant de la Mine en profite au premier plan. Le lieu de dépôt d’explosifs  sert maintenant à la fabrication des aliments volailles et poisson dont les matières premières émanent de la communauté locale à part le soja. De ce fait, la production du soja à Morila est programmée  afin de rendre plus rentable l’aviculture. Pratiquée  en deux temps,  la pisciculture marche à  merveille à Morila. En 12 cages sur un lac artificiel d’une dimension de 1.500000 m3 sur 6m de profondeur, alimenté en eau depuis le fleuve Bagoé avec 12.000 alevins, la pisciculture en premier temps concerne le poisson tilapia.  Quant à l’autre ferme piscicole, renfermant des dizaines d’Etangs  avec 5000 poissons/ étang et pour la bonne réussite de l’opération, il est pratiqué ce que l’on appelle injecter de l’oxygène dans l’eau. 8ha 60 est la superficie du verger de Morila. On y trouve, des milliers de pieds de mangue de genre (Kente) et même des  ananas. Il est  alimenté en eau par un système d’irrigation dans un foret inédit. Une centrale électrique avec une capacité de production de  23 à 30 Mega Watt alimente la mine de Morila en  attendant un preneur potentiel pour l’exploiter dans la zone. Avec plus de 200 tonnes d’or produit, la mine de Morila constitue une zone d’agrobusiness assez profitable. Après ce grand pas, la direction de la mine de Morila compte  attirer les investisseurs des coins du pays et ailleurs a venir prendre le relais en synergie avec la communauté locale. Au cours des 15 dernières années, Morila avait contribué à hauteur de près de 2 milliards de
dollars à l’économie malienne sous la forme de dépenses direct dans le pays,  y compris plus d’un milliard de dollars payés au gouvernement à travers des dividendes, droits de douanes et autres impôts, confirme M. Mark Bristow, directeur exécutif de Randgold ressources. A l’heure actuelle, le site continue de générer de la valeur ajoutée  grâce au
retraitement de la portion économique des résidus miniers qui se poursuivra jusqu’en 2017. Dans le cadre du programme de fermeture, les résidus  redéposés dans la fosse, contribueront à préparer la surface en vue de sa réhabilitation. La possibilité d’extraction minière du dépôt satellite de Domba, qui pourrait permettre de dégager 30 000 à 40 000 onces d’or supplémentaire,  est en cours d’études, souligne Bristow. A la lumière de la fermeture, le développement de l’initiative  a abouti à l’agrobusiness comme une source durable d’activité  économique pour la communauté locale,  a conclu Bristow.

Traoré Mah Bellem

source :  La Nouvelle Patrie

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