Economie : les pistes de la relance

La 11ème édition de la FEBAK a été marquée par un symposium, tenu samedi, au Parc des expositions de Bamako. La rencontre était présidée par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoul Karim Konaté, qui avait à ces cotés d’autres membres du gouvernement. La session a été animée par Mme Fatoumata Siragata Traoré, conseillère au ministère de la Promotion des Investissements et du Secteur privé, Mme Keita Zeinabou Sacko, chef de la Cellule technique des reformes du cadre des affaires, Mathias Konaté de la direction des impôts et Moussa Alassane Diallo, PDG de la BNDA.

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Les quatre conférenciers ont non seulement parlé des opportunités d’affaires dans le cadre de la stratégie de promotion des investissements, de l’environnement des affaires mais aussi de ce dont dispose le système bancaire pour les investissements. La modération était assurée par Mamadou Tiéni Konaté, le premier responsable de la Chambre de commerce et d’industrie.
Rappelant que cette année a été placée sous le signe de la relance économique, Mme Fatoumata Traoré a souligné la nécessité d’investissements massifs dans des secteurs porteurs de l’économie nationale, notamment dans les secteurs prioritaires. L’Etat et le secteur privé ont, à ce propos, un rôle essentiel à jouer afin de placer le pays sur la voie de l’émergence économique, estimera-t-elle.
C’est dans cette dynamique que l’Etat a engagé des actions pour mobiliser des flux d’investissements substantiels dans les secteurs prioritaires pour financer des projets structurants dans le cadre du partenariat public-privé. Pour améliorer l’environnement des affaires et rendre le secteur des investissements beaucoup plus attractif, Mme Fatoumata Traoré a précisé que des mesures réglementaires et juridiques ont été prises, notamment la loi portant code des investissements permettant aux investisseurs de bénéficier d’exonérations fiscale et douanière. L’Etat a accordé 94 milliards de Fcfa au secteur privé dans le cadre de la relance économique et la loi d’orientation du secteur privé trace les indications stratégiques.
Pour Mme Keita Zeinabou Sacko, la relance économique est une mesure conjoncturelle prise pour mettre en avant des mesures propres à dynamiser le secteur économique et accompagner le secteur privé. C’est dans ce cadre que des reformes ont été initiées. « Nous avons tout d’abord élaboré le plan d’action qui a pour ambition de brasser tous les pans de l’économie puisqu’il englobe notamment tous les indicateurs de l’instrument de mesure des différentes économies qu’est le « doing business», a-t-elle indiqué.
Le plan d’action a été éclaté en trois axes, a-t-elle précisé. Le premier porte sur l’attractivité du Mali et englobe tous les indicateurs portant sur la création d’entreprise, le paiement d’impôt, l’obtention du permis de construire, le transfert de propriété, etc. Ce sont des indicateurs qui sont consultés par les investisseurs nationaux ou étrangers pour mesurer la facilité à s’installer dans un pays. Le deuxième axe porte sur la pratique réelle appelée investissement ou réinvestissement. Et le troisième axe est le changement de mentalité. Ce dernier axe est, de l’avis de Mme Keita Zeinabou Sacko, le ciment des réformes car c’est lui qui servira de levier aux précédents axes.
Le représentant de la direction des impôts a rappelé que pour l’amélioration du climat des affaires, le gouvernement a pris depuis 2010 des mesures pour accompagner les investisseurs. Parmi celles-ci, il a cité l’exonération de l’impôt synthétique et celle de la patente pour la première année. L’instauration d’un taux réduit de 5% de la TVA sur le matériel informatique pour contribuer à la modernisation du travail, l’élaboration d’un formulaire unique de déclaration pour tous les impôts et timbres à périodicité mensuelle, le renforcement du droit de contrôle et de la communication, figurent aussi parmi ces mesures.
Pour renforcer durablement et de façon inclusive l’économie malienne, le PDG de la BNDA propose de suivre deux axes majeurs. Le premier est la politique budgétaire. Sur ce point, il a cité cinq secteurs d’activités que sont la justice, l’éducation, l’agriculture, l’élevage, les BTP et les infrastructures. Pour que notre pays soit émergent en 5 ans, il a souhaité que le gouvernement investisse 1500 milliards de Fcfa dans chaque secteur. Le deuxième axe concerne l’appui aux entreprises, en tout premier lieu les PME. Car, dit-il, pour permettre des mutations structurelles, il est indispensable d’appuyer les petites et moyennes entreprises. « Si les banques s’engagent sur les 5 ans d’affecter 1000 milliards de Fcfa à ces secteurs, cela aura un effet multiplicateur », estime-t-il.
Interrogé sur une éventuelle prolongation de la FEBAK, Mamadou Tiéni Konaté l’a jugée impossible. La foire a donc pris fin le 25 janvier comme prévu. Il a assuré que plus de 87% des exposants retournent très satisfaits de l’organisation.
F. NAPHO

 

Source: Essor

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