Campagne agricole dans la filière CMDT de Kita : CONSTATS RASSURANTS

Une « bonne qualité des intrants agricoles » et un « effet tracteur » évident, telles sont les principales remarques faites par le ministre de l’Agriculture Nango Dembélé au terme d’une série de visites en zones CMDT qui a pris fin par la filiale Ouest de Kita

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Avec une forte délégation constituée du président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Baba Berthé, du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Bakary Togola et de l’administrateur général de la filiale ouest SA, Modibo Tangara, entre autres, le Dr Nango Dembélé s’est rendu dimanche dernier dans la filiale Ouest-SA de la société cotonnière.

Cette exploration qui met un terme à une série de visites ayant commencé un mois plutôt, a permis au ministre de constater l’évolution de la campagne agricole à Kita. Laquelle se caractérise au niveau pluviométrique, par une manifestation palpable des changements climatiques avec des pluies précoces et irrégulières. En effet, dans cette partie du pays, les pluies s’installent habituellement « vers la fin du mois juin », ce qui n’a pas été le cas cette année, fera remarquer Baba Berthé. Lequel a salué d’un côté le développement de la capacité de résilience des producteurs grâce à l’encadrement de sa société. De l’autre, il s’est réjoui de la prise de conscience progressive des producteurs par rapport aux changements climatiques.

Mais la CMDT, ce n’est pas que le coton, c’est aussi les cultures vivrières comme le maïs, le mil, entre autres. A Soribougou en commune rurale de Kassaro, dans les 7 hectares de terres plantées de maïs de Karamoko Kéita, le ministre a fait un constat commun aux zones CMDT. C’est la bonne qualité des engrais et la nécessité de relever le taux d’équipements des producteurs.

Dans l’immense champ de maïs de Karamoko, des bœufs attelés à une charrue retournaient encore une partie du champ. Ces animaux ne sont toujours pas disponibles au moment propice, et ne travaillent pas au même rythme que les engins mécaniques agricoles, d’où la nécessité de la mécanisation de la production. « Les pluies sont arrivées plutôt que prévues, malgré les dispositions prises, j’ai eu des difficultés à avoir ces animaux à temps pour labourer mon champ », a expliqué Karamoko. « Mais nous nous réjouissons de la qualité de l’engrais. Comme vous le constatez Monsieur le ministre, mon champ va très bien », ajoutera-t-il.

Variétés précoces. Pour Nango Dembélé, l’installation précoce des pluies « depuis le mois de mai dans certaines localités a permis à ceux qui ont un tracteur de labourer et de semer rapidement. Par contre, ceux qui dépendent des animaux ont dû attendre qu’ils prennent un peu d’embonpoint pour commencer les travaux de labour. Ces derniers sont donc en retard par rapport aux autres ». Sur le terrain, a souligné le ministre, la différence est nette entre ceux qui ont des tracteurs et les autres. C’est une preuve indéniable, déduira-t-il, de la pertinence du programme présidentiel de tracteurs.  « Le taux d’équipements des producteurs sera progressivement relevé avec 300 tracteurs bientôt distribués », a annoncé Nango Dembélé.

« Je fais aussi un constat de bonne préparation de la campagne ainsi que la disponibilité et l’accès assurés à des intrants de bonne qualité saluée partout par les producteurs eux-mêmes », s’est réjoui le ministre de l’Agriculture. Autre constat : le souci des pièces de rechange des tracteurs dans des zones comme Sikasso.

A Kita, une demande forte de tracteurs a été exprimée par les producteurs, notamment au cours d’une rencontre qui a regroupé producteurs, délégation ministérielle et administrateurs de la CMDT. Face aux inquiétudes liées à la pluviométrie, le ministre Dembélé a rappelé l’instruction des spécialistes invitant les producteurs à continuer à semer jusqu’à la fin du mois, tout en choisissant des variétés précoces de 2 mois et demi ou de 3 mois. « Il faut éviter les variétés de 4 mois », a-t-il conseillé.

Le ministre de l’Agriculture a insisté aussi sur 2 choses au cours de cette de série de visites en zones CMDT. D’abord, la qualité des intrants agricoles. « Car on ne peut pas subventionner les intrants qui n’ont aucun impact sur le rendement, c’est une perte sèche pour l’économie », soulignera-t-il en félicitant la CMDT pour la qualité des intrants mis à la disposition des producteurs.

L’amélioration du rendement est l’autre point sur lequel Nango Dembélé a mis un accent particulier. L’amélioration du rendement à l’hectare avec le même niveau de dépense en intrants, selon le ministre Dembélé, a un impact positif progressif sur « le sort des producteurs en créant de la plus-value ». Pour lui, « augmenter la production par l’augmentation des superficies ne réduira pas la pauvreté rurale, les études l’ont prouvé. La productivité est une option stratégique du département que nous mettrons en œuvre avec la CMDT, les projets et les autres acteurs », a-t-il assuré.

« Nous avons une campagne à géométrie variable, habituellement la saison commence du sud vers le nord. Nous vivons une situation contrastée. A Kadiolo, il n’a pas plu pendant tout le mois de juin. Il est clair que nous vivons là les conséquences des changements climatiques », a expliqué Baba Berthé qui a invité les différents acteurs (producteurs et encadrement) à une synergie d’actions face aux contrastes de la pluviométrie. « Ce qui importe maintenant, c’est la persévérance dans les efforts, car, il est gênant après le record de l’année précédente de retomber à un niveau moindre les années suivantes. Je demande à nouveau aux producteurs une amélioration des performances. Nous sommes 2è derrière le Burkina, il nous faut cette première place avec du coton en quantité et en qualité », a exhorté le président directeur général de la Compagnie malienne de développement des textiles, Baba Berthé.

Khalifa DIAKITÉ

 

Source: essor

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