Boubacar Tandia, PDG du ‘’groupe Tandia’’ à cœur ouvert !!! : “je crois que l’embargo doit nous pousser à accorder plus d’importance à l’industrialisation du Mali”

Parti de rien en tant que vendeur de draps de lit, Boubacar Tandia est aujourd’hui à la tête d’un grand empire dans le monde des affaires malien. Avec des marques propres inscrites à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) et la création de deux unités industrielles (Sosinem et Tréfilerie Tandia), Boubacar Tandia ne se sent toujours pas au bout de ses ambitions. Il rêve d’un Mali où les Maliens ne consommeront que des produits de première nécessité, produits localement et d’un Mali exportateur. Dans l’interview qui suit, le PDG du ‘’Groupe Tandia’’ évoque les leçons à tirer de l’embargo de la Cedeao, parle de ses ambitions pour le monde des affaires malien et des défis à relever pour faire du Mali un pays industrialisé.

 

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Actu-Eco : Présentez-vous à nos lecteurs

Boubacar Tandia : Je suis Boubacar Tandia. Je suis Président-Directeur général du ‘’Groupe Tandia’’. J’ai été vice-président de la Chambre du Commerce et d’Industrie du Mali pendant six ans, de 2006 jusqu’au coup d’Etat de 2012. Je suis aussi le premier vice-président de la Fédération malienne des Sports équestres. Je suis premier vice-président de la ligue de Bamako des Sports et équestres. Je suis rotarien. Je suis commerçant import-export. Je suis industriel.
Peut-on savoir dans quel domaine précisément évolue Boubacar Tandia?
Dans le domaine du commerce, j’évolue dans l’agro-alimentation. Dans ce domaine, Dieu merci, j’ai mes propres marques. C’est les marques Sancho. Je suis aussi le distributeur exclusif d’autres produits tels que France lait et d’autres marques telles que la mayonnaise Amalia, Akouna et bien d’autres produits de première nécessité.
Dans le domaine de l’industrie, je suis le Président-Directeur de la société d’emballage du Mali et des tréfileries Tandia dans lesquelles nous fabriquons des éponges métalliques et plastiques. Je signale au passage que nous avons à ce jour deux unités industrielles.

Faut-il comprendre que le ‘’Groupe Tandia’’ a aussi des ramifications dans la sous-région ?

Nous ne sommes pas installés dans la sous-région. Mais nous sommes présents à travers des partenaires qui nous représentent dans de nombreux pays voisins tels que la Guinée, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire. Mais au Mali, nous sommes dans toutes les régions.

Peut-on savoir le nombre d’employés engagés à ce jour par le ‘’Groupe Tandia’’ ?

Le ‘’Groupe Tandia’’ emploie à ce jour trente-six employés fixes. S’agissant des travailleurs journaliers, nous employons cent deux qui sont payés quotidiennement.

Comment se porte aujourd’hui le ‘’Groupe Tandia’’ ?

Globalement, le ‘’Groupe Tandia’’ se porte à merveille. Nous vivons mais pas comme dans un pays normal. Nous résistons !

En tant qu’industriel, quels sont vos rêves pour le Mali ?

Pour vous parler honnêtement, nos attentes sont énormes. Je rêve de produire localement tous les produits que nous importons. Nous ambitionnons de créer la technologie au Mali dans l’espoir de créer plus de mains d’œuvre. C’est un rêve. Je crois fermement en sa réalisation. Le Mali mérite mieux que tout cela. Nous n’avons attendu aujourd’hui pour commencer à concrétiser ce vœu cher. Pour preuve, je suis promoteur de deux unités industrielles comme annoncé avant. Mais, nous avons besoin d’être renforcés.
Dans le monde des affaires, il y a une vérité connue par tout le monde. C’est toujours celui qui vient acheter qui s’appauvrit et enrichit l’autre, c’est-à-dire le vendeur.
L’année 2020 a été une année particulièrement difficile pour les commerçants et les industriels du fait du Covid 19 et de l’embargo de la Cedeao.

Comment le ‘’Groupe Tandia’’ a ressenti toutes ces crises ?

Effectivement, ces crises ont bouleversé nos plannings. Surtout l’embargo, quand on sait que la grande partie de nos produits de première nécessité transite par les ports étrangers. L’embargo a beaucoup affecté nos activités. Je rappelle encore que les affaires n’aiment pas le bruit. L’embargo est venu se greffer à la crise sécuritaire et sanitaire. Conséquence : nos partenaires sont aujourd’hui frileux et méfiants. Et cela ne nous arrange pas du tout. J’invite les chefs d’Etat de la Cedeao à être un peu indulgents à l’endroit des citoyens maliens qui ont déjà tant souffert de la crise sécuritaire.
Le Mali nouveau et émergent se dessine depuis la tenue des concertations nationales initiées par le Cnsp.

Quelles sont les attentes du ‘’Groupe Tandia’’ ?

Je demande aux nouvelles autorités d’accompagner les industriels. Aucun pays n’a réussi à se développer efficacement sans des unités industrielles solides et fortes. Je crois que l’embargo sous lequel nous vivons actuellement doit nous amener à réfléchir et à nous pousser à accorder plus d’importance à l’industrialisation du Mali. Nous sommes un pays doublement fragile. D’abord du fait que le pays est enclavé et qu’il a très peu d’unités industrielles capables d’assurer l’approvisionnement des populations, ne serait-ce qu’en produits de première nécessité. Alors nous demandons aux nouvelles autorités de nous accompagner d’abord pour lutter contre la concurrence déloyale, à promouvoir le consommer malien mais aussi au niveau de l’énergie et de la mise en place des infrastructures routières. Les attentes sont énormes aussi bien que les problèmes. Mais ils sont concrétisables et surmontables.

Monsieur Tandia a-t-il une ambition électorale immédiate dans les organes représentatifs du monde des affaires malien ?

Cela dépendra des opérateurs économiques maliens. Mais, je ne suis pas trop pour des tiraillements autour des postes. Au Mali, on se connait tous et de quoi est capable tout un chacun. Déjà, le pays est en guerre, je me défends d’ouvrir un autre front en son sein. De surcroit, s’il s’agit d’un collègue opérateur économique. Je suis pour des choses consensuelles. Je suis pour la cohésion et l’unité de tous les opérateurs économiques maliens. Et non pour la division et le fractionnement. Nous nous intéresserons à toutes les élections, armés de cet état d’esprit et de cette conviction.
Nous savons que vous étiez dans la course pour la présidence de la Ccim en 2015. Et tous les Maliens ont été témoins des circonstances honteuses dans lesquelles votre liste a été vaincue.

Peut-on parler aujourd’hui de regret et de découragement ?

Aucunement. Je ne ressens aucun regret encore moins de découragement. Le découragement n’est pas commerçant. Il est nécessaire aussi que je rappelle que j’ai accepté d’être candidat suite à l’appel pressent de beaucoup de mes collègues. Vous connaissez la suite. Tout le monde sait ce qui s’est passé lors de ces élections. Acceptez que je ne rentre pas dans les détails. Mais, il est important aujourd’hui au Mali que les élections à quel que niveau que ce soit se tiennent sainement.
En effet, beaucoup de vos collègues et soutiens lors de ces élections se demandent toujours pourquoi vous n’avez pas porter plainte pour l’annulation desdites élections alors que vous aviez des preuves solides pour obtenir gain de cause.

Qu’est ce qui vous a retenu ?

Vous savez, ma famille a suivi de très près toutes ces élections. Et lorsque j’ai voulu attaquer les élections, mon père m’a fait savoir qu’il ne me pardonnera jamais si je porte plainte contre un commerçant. Voilà, la seule et l’unique raison qui m’a retenu.
Vous êtes partis de vendeur de draps de lit pour être aujourd’hui dans le cercle des grands industriels maliens.

Quel conseil avez-vous pour la jeune génération des commerçants du Mali ?

Je conseille aux jeunes de commercer tout bas. Moi personnellement, j’ai débuté avec 580 000 F CFA. Avec cette somme, je suis parvenu à me hisser à la division des grandes entreprises du Mali. Et de commerçant, je suis aujourd’hui industriel. J’ai mes propres marques qui sont enregistrées à l’Organisation africaine pour la propriété intellectuelle (Oapi). Il s’agit de la marque Sancho et mon souhait est que cette marque devienne comme Nestlé dans dix à vingt ans. Pour réaliser un tel succès, il faut du courage, de la persévérance et de la privation souvent. J’exhorte la jeune génération à incarner toutes ces valeurs nécessaires à leur succès.
Mais les jeunes doivent aussi chercher à se former. Le commerce n’est plus une chose d’analphabète. Quand je commençais le commerce, j’avais le niveau bac. Après, j’ai fait beaucoup de formations. Aujourd’hui, je suis gestionnaire.

En commerce, on peut bel et bien partir de moins de 500 000 FCFA pour être milliardaire. Je souhaite plein de succès à la jeune génération.

Réalisée par Youssouf Z KEITA

Source : Actu-Eco

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