Au Mali, la crise sociopolitique impacte l’économie

Les conséquences de la crise sociopolitique commencent à se faire sentir notamment dans le secteur informel. Les activités tournent au ralenti depuis quelques jours.

 

Commerces fermés, stations-service saccagées, pneus brulés, déchets et bloc de béton jonchant les routes, Bamako a changé de visage depuis le vendredi 10 juillet. Le secteur du transport est affecté de plein fouet par cette crise avec le blocage des principaux axes reliant Bamako et les capitales régionales voire les pays voisins comme la Guinée, la Côte d’Ivoire ou encore le Sénégal.

La Cédéao est sur le terrain pour tenter de résoudre la crise.

L’argent ne circule pas”, expliqueMohamed dit Bah Keita, opérateur économique. “Maintenant même si tu as une somme au niveau de la banque, elle refuse de vous donner l’argent. Une fois que l’argent ne circule plus, le pays est arrêté”, ajoute-il.

“Même au niveau des camions, il y a des transporteurs qui refusent de venir, ils disent que le pays n’est pas stable. Lorsqu’il y a le bruit dans le pays, les sociétés bien organisées n’aiment pas cela. Cela nous fatigue énormément, car quand les marchandises ne rentrent plus, nous ne pouvons plus travailler” se désole l’opérateur économique.

Dans l’atelier de Moussa Diawara, tailleur à Bamako Coura bolibana, un quartier populaire de Bamako, la bonne humeur de ses quatre employés cache mal son malaise face à la crise que traverse le Mali actuellement.

“Actuellement mes clients ont peur de se déplacer en ville en raison des violences à Bamako. Personnellement, j’évite également les déplacements maintenant de peur de ne pas être une victime collatérale de crise. Á cette veille de la fête de Tabaski, cela complique davantage notre situation”, regrette Moussa Diawara.

Pour l’analyste économique Sékou Diakité, les Maliens évoluant pour la plupart dans le secteur informel ne pourront pas supporter longtemps cette crise sociopolitique doublée désormais d’une crise économique.

“Il y a les marchés qui sont bloqués. Les banques qui devaient travailler le lundi ont donné des consignes de ne pas travailler. Donc l’argent ne circulait pas. Si les banques sont bloquées il n y a ni de dépôt ni de retrait. Or les Maliens ont tendance à vivre au jour le jour. Personne n’a suffisamment de liquidité pour se dire : je vais prévoir mes économies de deux ou de trois jours. Donc cette situation paralyse complètement la vie économique”, explique l’analyste économique.

Á deux semaines de la fête de Tabaski, rien ne semble indiquer pour l’instant que les activités économiques reprendront de plus belle au bénéfice de toute la population.

Deutsche Welle

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