2e édition de la rentrée économique du CNPM : dialogue de haut niveau entre décideurs public et privés pour le maintien de la dynamique du secteur privé au Mali

Présidée par le président IBK lui-même, la seconde édition de la rentrée économique du CNPM, n’a pas manqué de saluer les efforts menés d’un secteur privé au Mali qui, malgré le contexte de conflit, demeure un gros contributeur à la croissance nationale et surtout un réel pourvoyeur d’emplois des jeunes. Un rôle ou plutôt une mission qui lui avait été demandé dans le cadre de la concrétisation du programme présidentiel de création de 200.000 emplois lors de la 1ere édition en mai 2017.

1ere édition de la rentrée économique du CNPM : un coup d’essai, un coup de maitre

Ainsi, en vue de jouer sa partition dans le respect de cet engagement du président IBK et surtout de conforter la promotion et le développement du secteur privé au Mali, les patrons du Mali, avec le président Mamadou Sinsy Coulibaly en tête, avaient alors insisté lors de la première édition de la rentrée économique au Mali sur un certain nombre de mesures et de réformes à mettre en œuvre par le pouvoir exécutif.

Une  des mesures  concernait l’amélioration de la gouvernance des structures dédiées à la promotion de l’emploi et à la formation professionnelle. A ce niveau, le CNPM suggérait au décideurs publics de renforcer les pouvoirs du Conseil d’administration en lui octroyant le pouvoir de nommer et de révoquer le Directeur général et son adjoint et le pouvoir de valider en dernière instances, des décisions relatives au budget, aux rapports d’activités entre autres. Et cela afin de mieux garantir le respect strict des prérogatives de chaque instance au sein des structures concernées.

L’allègement du poids de la pression fiscale avait aussi été évoqué. En effet, la pression fiscale pèse sur les entreprises maliennes en matière d’emplois plus que les entreprises des autres membres de l’espace Uémoa. A titre d’exemples, les entreprises maliennes payent deux taxes supplémentaires par rapport aux entreprises d’autres pays de l’Uémoa,  la taxe emploi jeunes et la taxe logement ; ce qui  fait qu’au Mali,  le taux des impôts partagés par l’ensemble des pays est plus élevé, un facteur  d’accroissement des  charges des entreprises par rapport à la masse salariale.

La seconde conséquence est un manque de compétitivité pour les entreprises maliennes dans un marché de plus en plus ouvert. Les entreprises, du fait de l’enclavement et du coût élevé des facteurs de production, sont déjà très handicapées sur le marché communautaire. Si à cela s’ajoute une pression fiscale plus importante, il leur sera quasiment impossible de rivaliser avec celles des pays voisins, avait fait valoir le CNPM.

Ce qui expliquait sa suggestion de suppression de la contribution forfaitaire pour faire une refonte des différentes taxes (TFP, TEJ, TL) en une seule taxe, «taxe emploi» avec un taux de 5 %.  L’économie ainsi réalisée  pourra favoriser  les différentes agences qui bénéficient de ces fonds.

Une des mesures du CNPM portait aussi sur la modification de l’Impôt sur les traitements de salaire (ITS) en ramenant le taux d’imposition à 25 % pour faire baisser la pression fiscale sur les entreprises afin de les inciter à recruter davantage et à être plus compétitives face à leurs homologues de l’Uémoa.

On cite enfin que lors de cette première édition, Klédu Coulou et ses hommes
réclamaient la réduction de sa contribution dans les charges sociales afin de se rapprocher des taux en vigueur dans les autres pays de l’Uémoa. La pertinence des propositions du CNPM avait fait réagir le président IBK qui demanda une réponse urgente et concrète de son gouvernement.

2ème  édition de la rentrée économique du CNPM : à point nommé

La 2ème édition se tient à point nommé car, le secteur privé au Mali est dans une dynamique positive , mais, surtout il est à cœur de cette initiative gouvernementale de création de zones spécifiques de développement dont la première a concernée Sikasso pour les trois pays que sont le Mali, le Burkina et la Côte d’Ivoire.

Au-delà du bilan de mise en œuvre des mesures et réformes de la première édition, le patron des patrons exposera devant le président IBK, les raisons d’espoir pour un secteur privé au Mali.

Ce dialogue de haut niveau entre décideurs publics et privés pour le maintien de la dynamique du secteur privé au Mali sera certainement une tribune idéale pour le patron des patrons, d’égrener avec plaisir et satisfaction les opportunités réelles pour un secteur privé, les réalisations  de 2017, les initiatives à entreprendre pour 2018. Le président du CNPM plaidera à ne pas en douter la problématique de la promotion du secteur privé par la mise en œuvre de  cette vision stratégique élaborée à cet effet.

Au chapitre des  opportunités réelles de ce secteur, il sera sans doute question des nouveaux besoins  issus du contexte de crise à prendre en charge et les atouts réels de développement des régions Nord Mali dans les domaines de l’eau et  de l’énergie.

Le patron des patrons magnifiera aussi cette volonté politique affichée pour promouvoir le dynamisme des acteurs du secteur privé au Mali. Ainsi, au-delà de l’amélioration des mesures prises pour renforcer le secteur privé, les autorités ont endossé cette robe de promotion de la destination Mali. La tenue du forum investir au Mali et de celle du salon de l’industrie seront évoquées dans ce cadre  en vue de conformer l’idée que  le Mali reste fréquentable et que le business est possible.

Pour le président du CNPM, la règle est bien connue : pour que le pays soit fréquentable et que les affaires se portent mieux, il faut que la compétition soit l’affaire de tous, à commencer par l’administration publique qui doit être réactive et  citoyenne. La diplomatie économique, selon l’avis du patron des patrons, doit être au cœur de l’action du ministère des Affaires étrangères ; l’innovation et la créativité devant être l’apanage de tous les autres ministères publics.  Sans cela, dit-il, le secteur privé ne peut à lui seul rien faire.

Concernant les initiatives de promotion et de développement du secteur privé, entamées par le Conseil national du patronat (CNPM), il sera question de la feuille de route 2018 du CNPM ; des retombées de cette mission de prospection commerciale avec l’appui de la Banque mondiale en Italie, fin d’année 2017 ;  de l’organisation des évènements  pour  la visibilité des professionnels du secteur privé au Mali et mais bien  de ce  souhait exprimé  quant à la mise en place  d’un Club de partenariat public-privé Mali (CPPP), comme il en existe partout en Afrique et dans le monde. Une solution innovante pouvant rentabiliser l’investissement privé au Mali.

Enfin, nul doute que la seconde édition de la rentrée économique du CNPM  aura à cœur  cette problématique  de la promotion du secteur privé et surtout du rôle que celui –ci devra jouer dans la mise en place et l’animation des zones spécifiques de développement entre les trois pays : le Mali, le Burkina et la Côte d’Ivoire.

Autant de raisons pour dire que la 2ème édition de la rentrée économique remplira certainement son agenda et pourra marquer ce nouveau départ de  renfort d’appui public pour une dynamique amorcée du secteur privé au Mali.

Cerise sur le gâteau : l’un des temps forts  de ce rendez-vous économique sera consacré, nous dit-on, à la décoration de  plusieurs capitaines d’entreprises. On apprend ainsi que le patron des patrons du Mali, Mamadou Sinsy Coulibaly sera décoré par le président de la République du Mali. Pour beaucoup d’acteurs économiques du pays, ce ne sera que juste récompense pour le mérite d’un homme engagé pour la cause du secteur privé. Au nom des récipiendaires, rapporte-t-on dans le milieu des affaires, il aura un mot, comme à ses habitudes, pour galvaniser le secteur privé. On dit de lui qu’il aime se projeter dans la perspective, en appelant les acteurs nationaux vers plus d’innovation et d’intelligence économique, pour faire gagner à nos entreprises la bataille du numérique.

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