La malédiction des banquiers comme premiers ministres africains.

La malédiction des banquiers comme premiers ministres africains.

 

oumar tatam ly premier ministre chef gouvernement interview

Younoussi Touré premier ministre du premier gouvernement d’Alpha Oumar Konaré (ancien directeur national de la BCEAO pour le Mali: démission après un an de pouvoir).

 

Abdoul M’baye ancien premier ministre du gouvernement sénégalais de Macky Sall (banquier: limogé après 1 an et demi au pouvoir).

 

Charles Konan Banny premier ministre ivoirien sous Laurent Gbagbo (ancien gouverneur de la BCEAO: démission après un an et trois mois de pouvoir).

 

Oumar Tatam Ly, premier premier ministre du régime IBK (ancien directeur national de la BCEAO pour le Mali: démission après 6 mois au pouvoir).

 

Même si les contextes et les causes des départs sont très différents entre la Côte d’ivoire, le Sénégal et le Mali, Il y aurait-il une malédiction sur nos banquiers dans les postes politiques en Afrique occidentale?

 

En tout cas la série de mésaventures des banquiers qui continue avec le départ précipité d’Oumar Tatam Ly pose le problème de l’adéquation d’un métier structuré comme celui d’un banquier avec la pratique du pouvoir en Afrique.

 

Nos États sont très souvent laxistes et empreints à des concessions suicidaires qui riment très peu avec la rigueur du milieu bancaire et financier.

 

D’ailleurs la successeur de Abdoul M’baye, Aminata Touré est obligée de faire profil bas face à Macky Sall, pourtant elle était réputée être une dame de fer.

 

Cela pourrait être à l’origine de problèmes de méthodes et même d’humeur qui pollueraient la collaboration d’un banquier (très peu habitué à la realpolitik) avec les politiques africains au sommet de nos États.

 

Souvent nos hommes politiques n’hésitent pas à considérer la rigueur comme un facteur dévalorisant dans nos sociétés.

 

Le fameux “il ne faut pas humilier les chefs famille” d’ATT en dit long sur les visions politiques des chefs d’État africains alors que la rigueur cultivée dans le milieu bancaire vise justement à mettre fin à certaines pratiques comme celles des  “chefs de famille” dans nos administrations et entreprises publiques.

 

Pour tout observateur averti de la politique, le népotisme voilé en élection du fils et de son beau père maison dans l’effacement total du parti présidentiel, le RPM, méprisé par IBK jusque dans le choix de ses premiers ministres, prouve à suffisance ce laxisme immobilisant au Mali.

 

Il s’en suit une gestion des affaires publiques de complaisance qui est en réalité la base de la discorde vue en filigrane dans la lettre de démission d’Oumar Tatam Ly du 4 avril 2014.

 

Dans les 20 dernières années, à ma connaissance, seuls Alassane Dramane Ouattara et Feu Mandé Sidibé ont réussi cet examen de passage politique.

 

Mais c’était sous Houphouët et sous Alpha Oumar Konaré à mi dernier mandat autant dire que ces deux cas étaient atypiques.

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