Transition alambiquée : À quand la fin de l’apprentissage et le calvaire des citoyens

La refondation du Mali, seul mot sur les lèvres des forces vives de la nation après la chute de l’ancien Président, Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK). Cinq (5) mois après, cette fondation ne semble pas à l’ordre du jour. Le retour de vieilles habitudes semble hanter le pays.

Le mali est-il vraiment en pleine transition ? C’est le moins que le citoyen lambda puisse se poser après cinq mois de changement de régime par un coup de force. Le Pays qui est dirigé par une horde de colonels peine à retrouver sa marche. Les partisans du changement quant à eux vivent un cauchemar depuis la chute du Président IBK. Mis de côté, ils n’ont qu’à grincer les dents sans pour autant avoir force de décision dans ce que l’on appelle aujourd’hui la transition.

Cependant, il convient pour tous malien de se demander si la transition en cours est-elle l’aspiration profonde qui a emmené une frange de la population à provoquer la chute d’IBK ? Car au regard de la gestion du pays en cinq (5) mois, plusieurs observations peuvent être faites. Mais surtout, le Mali ne semble même pas poser un pas vers la refondation, mieux, la situation est devenue encore pire.

Certes, le monde traverse une conjecture due au Coronavirus, mais, la réalité est qu’au plan national, aucune mesure n’est prise ni en voie d’être prise pour une véritable relance du pays. À la mise à l’écart des contestataires de l’ancien régime divise aujourd’hui, le peuple sur la manière dont est menée la transition. D’une part, une partie du peuple soutient la transition et une autre conteste la démarche des nouvelles autorités de la transition et même leur choix.

De plus, en cinq mois, le pays ne semble pas être celui des urgences, dont les nouvelles autorités se doivent de proposer une thérapie afin que les nouvelles bases du Mali Nouveau qui nous ont été annoncées puis connaître l’adhésion des forces vives de la Nation. Malheureusement, les actions et les initiatives des autorités actuelles prouvent à suffisance que loin des attentes et la précarité dans laquelle végètent le peuple, cette transition est d’abord une période d’apprentissage pour ceux qui sont supposés apporter une réponse à la crise que traverse le Maliba.

Certains observateurs se demandent vers où se dirige finalement cette transition quand on sait que sa force réside dans la nomination des copains et coquins à chaque conseil des ministres. Alors que la mise en œuvre de la feuille de route de la transition n’a véritablement démarré, les divisions et les contestations plombent le pays. Une situation qui prouve que la fin du calvaire des populations n’est pas pour aujourd’hui.

L’autre inquiétude à noter est relative au manque de consensus dans cette période transitionnelle. Ces divisions actuelles qui ont par le passé mis à genou ce pays ne risqueront pas une fois encore de plonger le pays après les 18 mois de transition ?

Face à une telle situation, certains se demandent à quand prendront fin les divisions, le calvaire et l’apprentissage pour faire place à la refondation du pays comme annoncé.

Bourama Kéïta

Source: Le Combat
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