Situation sécuritaire au nord et au centre: l’hécatombe se poursuit

Pendant qu’on parle du G5 et de l’opération Takuba dans la zone des trois frontières, la présence de Barkhane dans le Gourma, la situation sécuritaire de la zone ne fait que s’empirer, de Labbezanga jusqu’à Mondoro, en passant par Tin Akoff, Ndaki et Boulikissi, a constaté un habitant sur place. Les populations ne cessent de déserter la zone pour se mettre à l’abri vers des zones plus clémentes. Cette insécurité entraine une situation humanitaire préoccupante débordant sur les communes de Gossi, Hombori, Ansongo, Anchawadj, Haoussa Foulane, Adiora, Intillit….) alerte le dernier compte rendu de la session de la Commission technique de sécurité (CTS) du 25 février 2020.

 

La quarante-septième session ordinaire de la CTS s’est tenue ce 25 février 2020, à Bamako.

Le grand bluff ?

Le rapport fait état d’un contraste quant aux drames observés sur le terrain et les mesures prises par l’État du Mali et les forces étrangères. En effet, au moment où la force Barkhane augmente son effectif au Sahel et qu’elle annonce, à grand renfort de publicité, l’élimination de dizaines de terroristes, le démantèlement de bases et la saisie d’équipements de GAT, la pression de ces derniers sur les populations est loin de faiblir. Dans un communiqué, l’état-major de Barkhane déclare avoir neutralisé une cinquantaine de terroristes lors d’une série d’opérations menées entre le 9 et le 17 février au centre du pays, principalement autour de la ville de Mopti. Lors de la première opération, qui s’est déroulée entre le 9 et le 10 février, au nord-ouest de Mopti, des frappes aériennes de drone et de Mirage 2000, couplées à l’engagement d’hélicoptères de combat, ont permis de neutraliser une vingtaine de combattants armés. Barkhane précise que parmi ces derniers se trouvait un cadre de l’EIGS.

La deuxième action a été menée entre le 16 et le 17 février, au sud de Mopti, dans une région où sévissent la Katiba Macina, la Katiba Al Mansour et une multitude de groupes armés. Suite à des frappes aériennes et des tirs d’hélicoptères de combat accompagnés d’un assaut héliporté, une trentaine de combattants djihadistes ont été mis hors de combat. S’agit-il de vraies actions ou une opération de com ? En tout cas, c’est l’interrogation du commun des Maliens face à la poursuite ou l’intensification des attaques sur le terrain. Car, au même moment, les actes terroristes n’ont jamais été aussi intenses sur les populations. Ainsi, la quarante-septième session du CTS fait état de ‘’l’accroissement de l’influence des GATs sur les populations aux environs de GAO : 01 villageois a IMBALITA (cercle de GAO) le 17/02/2020 ; assassinats de M. Sidy Oumar Ould Daha dit Yoro et son garde de corps à ALAHAM le 09/02/2020, de deux autres personnes, dont le directeur de cabinet du maire à OUATTAGOUNA le 06/02/2020 ; le vol de huit motos de la gendarmerie à MENAKAle18/02/2020…’’

Extorsions de fonds

La situation sécuritaire reste toujours préoccupante, notamment dans le Centre et le LIPTAKO GOURMA, selon la CTS. Elle a été marquée par des attaques, les embuscades contre les patrouilles et les camps des FAMas ; des poses de mines contre les convois de la MINUSMA et autres usagers ; des braquages, vols de véhicules civils et des ONG avec son corolaire de déplacements massifs des populations vers les pays frontaliers (NIGER, BURKINA FASO).

Dans la zone, le FAMa ont été la cible d’attaques. Le 14 février 2020, vers 12 heures 30 minutes, au niveau du pont de BENTIA, situé à 51 km au Sud-est d’ANSONGO, sur l’axe LABEZANGA-ANSONGO, les FAMa ont été́ victimes d’une embuscade qui a fait huit morts, sept blessés, huit portés disparus et des véhicules incendiés. Le même jour, vers 03 heures, le poste FAMa de Mondoro a été́ attaqué par des individus armés. Le 23 février 2020, vers 06 heures, des terroristes ont attaqué́ le poste FAMa de Bambara-Maoudé faisant quatre morts, six blessés et des véhicules emportes.

S’agissant des attaques EEI, il a été́ constaté une reprise de ses actions surtout entre Douentza et Boni, où les GAT bénéficient d’une grande complicité́ des populations.

À IMBALITA le 08/02/2020, demandes de paiement de “zakat” dans plusieurs villages dans les zones d’ANSONGO, MENAKA et LABEZANGA ; embuscade contre les FAMas à BENTIA aux environs de FAFA le 14/02/2020.

Le secteur nord

La situation s’est caractérisée également par des enlèvements de personnes et de biens. Selon la source, les personnes enlevées sont soit exécutées, soit libérées contre de fortes rançons. Le dernier, dit-on, a eu lieu à la date du 24 février 2020, à MADJAKOYE.

Le 13 février dernier, le village de FAFA GOURMA a été́ attaqué par des dizaines de motos terroristes avec vols de bétails. Une poursuite a été́ engagée par les éléments de la CMFPR1 et 2 qui sont tombés dans une embuscade entrainant la perte d’une dizaine d’hommes; dans la foulée, 02 jeunes civils de la faction IMILIGAZANE de OUATTAGOUNA ont été tués par les mêmes terroristes le 14 février et leur campement contraint de se déplacer vers ANSONGO ou ailleurs comme tous les autres villages du GOURMA du cercle d’ANSONGO, sans compter les écoles incendiées envoyant notre avenir en fumée.

Au centre du pays, les violences et affrontements intercommunautaires ont continué à faire des victimes de part et d’autre. Les narcoterroristes ont procédé à des poses d’IED, des embuscades à des assassinats. Des attaques ont été commises sur les villages de TERELI, OGOUSSAGOU, KOMI, SANKORO, BIDI, avec assassinat de civils, des habitats et des grainiers incendiés. Des vols, pillages du cheptel ont été enregistrés, selon la CTS.

Par Sidi DAO

Info-Matin

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