Signature de l’accord par les rebelles : Pourquoi ils ont choisi le 20 juin

Les rebelles de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad (CMA) après avoir été largement satisfaits par les offres et garanties à eux faites par la médiation internationale, laquelle a délibérément piétiné la souveraineté de la République du Mali, ont décidé de parapher l’accord.

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Rien de mal en cela, si et seulement si le choix du 20 juin n’était aussi controversé aux yeux des Maliens que leurs revendications. En effet, la symbolique échappe à beaucoup de gens, mais il suffit juste de se remémorer un tout petit peu pour comprendre que les rebelles ont savamment choisi cette date afin de marquer toujours leur appétit pour le séparatisme. Pour ceux qui ne le savent pas ou qui l’ont peut-être oublié, c’est un certain 20 juin 1960 que l’indépendance de la Fédération du Mali a été proclamée par les pères de l’indépendance que sont Modibo Kéita et Léopold Sédar Senghor. Cette fédération regroupait le Soudan français et le Sénégal.

Les rebelles de l’Azawad ont aussi choisi cette date symbolique, 55 ans après, pour venir signer un accord à Bamako qui consacre dans les faits le fédéralisme au Mali. Le célèbre écrivain, Seydou Badian Kouyaté, disait que « si Modibo Kéita était là, la Minusma ne serait pas là », nous, nous disons que Modibo Kéita risque de se retourner dans sa tombe quand la horde des criminels à col blanc va déferler sur la capitale Bamako le 20 juin prochain pour la signature de l’acte de la désintégration d’un Mali qu’il avait pourtant légué sain et sauf.

Mais l’analyse n’est pas qu’à ce niveau. En effet, cette Fédération du Mali qui a été proclamée le 20 juin 1960, a fait long feu. Ladite fédération a volé en éclats quelques mois plus tard et chaque entité constituante a pris son indépendance. Le Soudan Français est devenu République du Mali un certain 22 septembre 1060 et la République du Sénégal naquit à la même période. Ces rebelles hypocrites qui viendront signer ‘’l’accord du désaccord avec les Maliens’’, se disent qu’à l’image de la Fédération du Mali, la future République fédérale du Mali pourrait aussi voler en éclats et chaque entité prendra son indépendance : la République du Mali dans ses nouvelles frontières et la République de l’Azawad.

Il faut le dire, les assaillants viendront signer cet accord parce que leurs désidérata ont été pris en compte. Eux qui ont bousculé et fait trimbaler le Mali et la communauté internationale au gré de leurs caprices. Mais choisir la date du 20 juin relève d’une provocation à l’endroit des Maliens.

Qu’ils aient obtenu leur fédéralisme, masqué dans un jeu de mots, par le fait de la faiblesse d’un Etat, Oui, mais choisir le 20 juin pour faire la guerre aux nerfs des Maliens est inadmissible et intolérable. Certains diront qu’on est en train de pousser les Maliens à la révolte. Non, il s’agit là d’une prise de conscience. C’est d’ailleurs cette prise de conscience qui avait prévalue lorsque les autorités maliennes avaient voulu signer un accord de défense avec la France un certain 20 janvier, la date anniversaire du départ du dernier soldat français du sol malien au soleil de l’indépendance.

Les Maliens ne pouvaient cautionner que cette date soit choisie pour sceller le retour de cette même France, 54 ans après. C’est dire qu’il y a des dates symboliques avec lesquelles les Maliens ne badinent pas avec l’esprit. Et le 20 juin en fait partie.

Yattara Ibrahim

 

source : L’Informateur

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