Signature de l’accord d’Alger le 15 mai 2015 : Pourra-t-on éviter le Fiasco ?

La médiation internationale en visite mercredi dernier chez le président IBK a réitéré sa détermination à procéder à la signature de l’accord à Bamako, le 15 mai 2015, malgré les incertitudes qui planent sur cet évènement, liés à la recrudescence de la violence entre les parties à l’accord, la situation sécuritaire à travers les violations du cessez-le-feu. Pour cela, la médiation internationale prévoit un septième round des pourparlers à Alger, mais à condition qu’un engagement ferme soit obtenu de la CMA à parapher l’accord. Ce qui n’était pas gagné au moment où nous mettons sous presse. Et pire, d’autres signataires risquent de s’abonner abstentionnistes, comme la Plateforme et les Nations-Unies.

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Ce septième round des pourparlers d’Alger qui s’est annoncé, le mercredi, depuis cette rencontre avec le Président, s’organise mais le voyage à Alger semble avoir du plomb dans l’aile. Nombre des participants, dont des membres de la médiation et certains des groupes armés, ont leurs valises faites depuis le vendredi matin, mais aucune certitude sur la date (samedi ou dimanche ?) et l’heure du vol pour Alger. Contactés, les uns et les autres se disent dans l’attente, mais ne pas savoir jusqu’à quand. Qu’est-ce qui a pu bloquer un si important voyage ? « Je ne sais pas… », C’est la seule réponse que nous avons eu de la plupart de nos interlocuteurs. Toutefois, la réalité est que la médiation internationale poursuit le travail au corps des responsables de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) pour pouvoir arracher un engagement à parapher l’accord au cours de ce septième round à Alger. « Pas d’engagement de la CMA, pas d’Alger », selon nos sources proches de la médiation.

En outre, le paraphe par la CMA qui est le sujet mis en avant par la médiation, figure à l’ordre du jour d’autres préoccupations non moins importantes : amener la Plateforme à se retirer de Ménaka ; obtenir que le MNLA ne réoccupe cette ville du nord ; faire assurer par la Minusma la sécurité à Ménaka ; obtenir une nouvelle déclaration de cessez-le-feu; régler les détails de la cérémonie de signature du 15 mai à Bamako. La médiation est cependant loin d’obtenir l’adhésion de la CMA à ce septième round. Car les rebelles ont posé comme préalable à Alger le retrait de GATIA de Ménaka, un groupe qu’ils accusent d’avoir rompu le cessez-le-feu. Même si ce groupe a été accueilli dans une liesse populaire à Ménaka. Le vendredi 8 mai, le CM-FPR III de Mahamane Alassane Maïga en conférence de presse, qui avait à ses côtés le secrétaire général de GATIA, Fahad Ag Almahmoud  soutenait que la Plateforme ne se retirera pas de Ménaka.

En outre, d’autres préoccupations pour le moins inattendues surgissent dans le processus : les réserves à peine audibles venant de la Plateforme des mouvements pro-gouvernementaux, dont le GATIA est membre avec la CM-FPR de Me Harouna Toureh. Cette Plateforme a de bonne raison d’être préoccupée par une signature de l’accord avec le gouvernement sans la CMA, car celui-là sera obliger à négocier avec celle-ci pour obtenir plus tard son adhésion à l’accord. On se rappelle que le Président de la République, IBK, à la suite de la médiation, a déclaré  en présence de ses homologues du CILSS, qu’avec ou sans la CMA l’accord sera signé le 15 mai.  En effet, ceux qui ne signeront pas à cette date le feront un peu plus tard. La Plateforme rechigne à s’engouffrer dans cette brèche, et trouve même que cette perspective n’est pas rassurante et donc préfèrerait un report de la signature qu’à voir plus tard en spectateur, le gouvernement entrer seul en nouvelles négociations avec la CMA. Par ailleurs, selon des sources diplomatiques, les Nations Unies n’apposeront pas leur signature au document de l’Accord, si toutes les parties sans exception ne s’engagent pas à signer. A moins que toutes fassent un engagement écrit pour garantir qu’elles ne violeront pas le cessez-le-feu. En l’absence de cette garantie, la partie onusienne ne signera pas l’accord, selon nos sources. Car l’ONU ne pourra pas se permettre de s’engager dans un accord où les parties en conflit ne sont pas d’accord. De son côté, la médiation est ferme sur la date du 15 mai.  « On ne peut pas se permettre de prendre en otage le processus de signature de l’accord », apprend-on de sources proches de la médiation.

Youssouf Z. Kéita

B. Daou

 

source : Le Républicain

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