Sans Tabou: terroriste, dangereuse baisse de garde

Les attaques djihadistes contre 3 hôtels de la station balnéaire de Grand-Bassam à la lisière d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, voisine qui fait 22 morts dimanche dernier, viennent rafraichir les mémoires que la menace djihadiste reste plus que jamais à nos portes. Il s’agit également d’une interpellation forte à l’endroit des populations et des autorités que l’état d’urgence, toujours en vigueur dans notre pays, ne doit pas rester une simple décision sur le papier et dans les bureaux.

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Il est certes évident que la crainte d’un attentat terroriste ne doit pas nous obliger à vivre sous nos lits, mais le bon sens nous commande de ne pas prêter le flanc, à ces montres, à travers nos comportements à haut risque de tous les jours.
En la matière, il y a lieu d’indexer les manifestations grandioses, normalement interdites en temps d’état d’urgence qui ont fait leur grand retour, ces derniers temps. Des festivals, des cérémonies de jouissance populaires (mariages, baptêmes) se tiennent comme si de rien n’était, comme si chacun de nous avait reçu l’assurance que les terroristes se sont convertis, en abandonnant leur projet initial, celui de transformer le monde entier à un État islamiste. La notion de vigilance est en train de disparaitre dans nos mœurs pour laisser un terreau fertile à l’ennemi commun, le djihadisme. Aujourd’hui, à Bamako et même dans nombre de grandes villes du pays, l’on a tendance à oublier que nous vivons encore sous état d’urgence.
De leurs côtés, les pouvoirs publics qui doivent toujours rappeler le peuple à la vigilance semblent se laisser entrainer par la vague. Ainsi, tout se passe sous leur regard laxiste et complice.
Ce qui s’est passé à Grand-Bassam est interpellateur que ces ennemis de la paix ne sont pas prêts à renoncer facilement à leur projet de déstabilisation du monde, sans distinction de couleur ni de race. Il faut que chacun se convainque que le calme ambiant est trompeur et ne doit en aucun cas inciter à baisser la garde. Les terroristes se planquent, s’infiltrent, se fondent dans la masse : ils n’attendent que le moment pour massacrer. « Croire qu’ils frappent et disparaissent, c’est se tromper sur leur mode opératoire. Les récents attentats de Paris doivent servir, à cet égard, de grille de lecture. C’est pourquoi chacun doit redoubler de vigilance et participer à une sorte de veille citoyenne contre le fléau du terrorisme.
Par ailleurs, quelle que soit l’efficacité des services de sécurité, des renseignements et des forces spéciales, ils ont besoin du soutien, de la collaboration de populations conscientes de leur rôle. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il faut être vigilant et coopératif avec les services de sécurité, en tout moment pour barrer la route à ces tueurs de sang-froid, sans pour autant céder à la panique…
Il faut noter qu’au soir de l’attaque contre le Radisson Blu, le 20 novembre dernier, l’état d’urgence avait été proclamé pour 10 jours à cause des «menaces graves sur la sécurité des personnes et de leurs biens’’. Après un renouvellement de 10 jours, le gouvernement et l’Assemblée nationale avaient autorisé la prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 31 mars prochain.

Par Abdoulaye OUATTARA

 

Source: info-matin

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