Sans Tabou: Sahel, une tragédie sans fin ?

Les pays du Sahel et particulièrement le Mali font face à une tragédie dans fin depuis quelques années. Malgré la multiplication des acteurs de la lutte contre le phénomène, l’entreprise terroriste ne semble pas prête à désarmer au Sahel. Tué en juin dernier par les forces armées françaises, le jihadiste Abdelmalek Droukdel a été remplacé par un autre Algérien, Abou Oubaïda Youssef al-Annabi, à la tête de l’organisation terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique. Malgré le court espoir suscité par cette nouvelle et d’autres avant, les terroristes maintiennent toujours la pression dans la région annihilant toutes les initiatives de développement basées sur la paix et la concorde.

 

Le vaste espace inoccupé du Sahel procure aux narcojihadistes un véritable eldorado pour le développement de leur entreprise : trafic d’armes et de la drogue, un business qui prospère au prix des centaines de vies humaines de Sahéliens au cœur des convoitises. L’Occident, en particulier la France, cible de ces narcoterroristes, cible, de son côté, les immenses ressources inexploitées de cette zone (pétrole, or, diamant, fer, etc.) et fait tourner ses entreprises de fabriques d’armes. Fournisseur d’emplois et de devises pour le développement de nos partenaires occidentaux, ces entreprises s’arrêteraient immédiatement si les Africains et particulièrement les Sahéliens s’arrêtaient de s’entretuer.
Pour la seule année 2020, plusieurs centaines de personnes ont péri dans les attaques terroristes dans les pays du Sahel où le Niger, le Burkina Faso et le Mali payent le plus lourd tribut. Dans le centre du Mali (les régions de Mopti et de Ségou) où les terroristes ont implanté leur quartier, au vu et au su de tous les observateurs sincères, plusieurs villages ont été déjà rayés de la carte. Farabougou et d’autres villages du cercle de Niono assiégés par des terroristes, depuis plus de deux mois en sont les illustrations parfaites de ce marché de dupes entre la France et les pays du Sahel. Malgré la présence de plus de 12 000 combattants sous la casquette de l’ONU, d’environ 5000 éléments de Barkhane et leurs équipements de dernière génération, aux côtés des FAMa, les habitants d’un petit village de 3 000 âmes sont interdits de tout mouvement à l’intérieur de leur territoire par quelques terroristes. Inimaginable dans un monde moderne où les nouvelles technologies n’arrêtent pas de s’illustrer par leurs miracles !
Pour faire endormir les populations, tous les arguments fallacieux leur sont servis (négociations, nécessité d’épargner des vies des innocentes, respect des droits humains…).
Que dire de la présence de la France, depuis 2013, aux côtés des États du Sahel en général et du Mali en particulier dans cette lutte contre le terrorisme ? On nous fait miroiter par leurs médias l’élimination périodique de chefs jihadistes comme une manière de perturber les entreprises terroristes installées dans la région. Et pourtant, depuis plus de sept ans que dure cette comédie, le phénomène du jihad ne fait que prendre de l’envol. De trois régions du nord (Kidal, Gao et Tombouctou), en 2012, la quasi-totalité du Mali vire dans la zone rouge, selon les dernières cartographies fournies par les chancelleries occidentales, déconseillant ces zones à leurs ressortissants.
Selon l’ancien diplomate français, Laurent Bigot, aujourd’hui consultant indépendant ; ces éliminations «ne change pas la donne» : « On a connu déjà des éliminations de chefs de groupes terroristes, que ce soit dans le Sahel ou ailleurs dans le monde. On pense à l’Afghanistan, à la Syrie ou à l’Irak. Et ça ne change pas fondamentalement la donne. En fait, il y a un nouveau chef qui accède au commandement. Et puis, la lutte se poursuit. Il y a une période de désorganisation des groupes terroristes quand leur chef est abattu. Mais généralement, ce sont des groupes qui sont assez bien organisés et qui prévoient des seconds en chef et qui montent ensuite en puissance. Donc, il n’y a pas de raison de penser que c’est comme le disent les militaires, que ça constitue une surprise stratégique ».
Autant dire que la fin du terrorisme au Sahel n’est pas pour demain, tant que les populations et les dirigeants ne prennent pas conscience du mal.

Par Sidi DAO

Source : INFO-MATIN

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