Sans Tabou: lutte contre le terrorisme et DIH, la fausse note !

Encore et comme chaque année, les forces armées de défense et de sécurité du Mali sont mises en cause dans le dernier rapport du Conseil de sécurité des Nations unies. Les FAMa sont indexées d’avoir violé le Droit international humanitaire (DIH) dans la lutte contre le terrorisme. Ces accusations ne portent-elles pas un coup au combat contre ces groupes puisque la guerre qu’ils imposent à nos pays n’est pas conventionnelle.

 

e Conseil de sécurité des Nations unies s’est indigné dans son rapport sur la situation sécuritaire au Mali, sur des cas violations des droits de l’homme commis par les FAMa, dans la lutte contre le terrorisme, au Centre et dans le Nord. Ainsi, rapporte le rapport, la MINUSMA a été informée, le 30 septembre, de violations qui auraient été commises par les forces armées nationales, avec l’appui des forces burkinabé, dans le cadre d’opérations antiterroristes dans la région de Mopti. L’enquête qu’elle devait mener dans le secteur est entravée pour cause d’insécurité, précise le document.

Auparavant, le 15 novembre, des éléments des forces armées nationales sont accusés d’autres violations. Les FAMa auraient exécuté « sommairement neuf civils soupçonnés d’être impliqués dans des actes de terrorisme à Mondoro (région de Mopti) », ajoute le texte.

Si le Mali est en guerre, il faut reconnaitre qu’il ne s’agit pas d’une guerre conventionnelle qui impose aux belligérants le respect du Droit international humanitaire (DIH). La règle de base de ce droit est basée sur la sacralité de la personne humaine. Or, les groupes terroristes, contre lesquels le pays est engagé, ont fait le serment de propager la haine au sein de nos communautés, imposer la force à ceux qui s’opposent à leur loi moyenâgeuse. Tuer sans vergogne pour choquer et traumatiser est l’un des modes d’opération de ces ennemis sans visage.

C’est dans ces conditions que dans nos villes et campagnes, les populations vivent dans la psychose de l’horreur en rappel de Boulkessy, Mondoro, Dioura, Indélimane… où de plus de 100 soldats ont été tués par ces obscurantistes. Pourtant, face à ces massacres massifs de nos soldats, personne n’a levé le petit doigt pour parler de DIH. Dans ce cas, les règles humanitaires internationales sont jetées aux chiens parce que les auteurs de ces attaques s’en moquent. Et de l’autre côté, nos militaires sont soumis à cette loi, comme s’ils étaient des ‘’sauvages’’ qui ignoraient tout de l’humanisme. Et pourtant, la justice est une balance pour maintenir un équilibre.  Oui au respect du DIH, mais la communauté internationale, les puissances, dont l’ONU, doivent aussi accorder le minimum de crédit aux formations que nos militaires reçoivent avant d’aller sur le terrain. Sinon, au rythme actuel où vont les choses, les accusations gratuites risquent d’avoir raison sur le moral de nos troupes engagées sur les différents théâtres d’opérations.

À l’analyse des différentes accusations portées, nos militaires n’ont aucune notion du respect des droits de l’homme. Pourtant, aucun pays n’a réussi son combat contre le terrorisme en appliquant strictement les principes du DIH. Donc, tirer trop sur les ficelles de l’observation stricte des principes du DIH par nos FAMa est synonyme de rallonger la crise dans un pays où le peuple a véritablement soif de la paix. Loin pour nous d’encourager la tyrannie, à travers ces lignes, il s’agit d’appeler à une certaine indulgence vis-à-vis de nos FAMa qui ont la mission de libérer la nation d’ennemis sans foi ni loi.

Tout porte à croire que l’armée malienne, qui est soupçonnée d’avoir agi en violation du DIH, aura agi en posture de légitime défense.  Dans la plupart des cas, depuis 2012, elle est attaquée par surprise par des terroristes.

   

Par Sikou BAH

Source : Info-Matin

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