‘’Sans détour’’ (Mali) : Tristes conséquences de la démonstration de force !

Le 22 septembre 2018, plus de milles engins de défense et de sécurité ont été exhibés au cours d’un défilé militaire et paramilitaire avec une forte participation des ex-rebelles à travers le Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC). Au total, plus de six milles éléments ont surchauffé l’Avenir du Mali, lui donnant ainsi l’image d’un véritable théâtre d’opérations militaires au cœur de la capitale, Bamako. Les conséquences de cette démonstration de force n’ont pas tardé. Elles sont malheureusement tristes, sinon très tristes.

Le 25 septembre 2018, soit trois jours seulement après le défilé, vingt-sept  personnes ont été tuées dans des affrontements entre touareg dans la région de Ménaka, près de la frontière avec le Burkina Faso. L’on ignore actuellement les raisons de ces affrontements. Mais une chose est sûre, des éléments de cette ethnie, faisant partie de la CMA ont défilé au compte du MOC le 22 septembre 2018. Le choix de ces éléments aurait-il créé des frustrations aux seins de ces différents groupes ?  Serait-ce une bataille autour des rations reçues par chaque élément après le défilé ? Ou c’est réellement une attaque menée par des groupes djihadistes. Pour l’heure, difficile de soutenir l’une de ces hypothèses avec certitude.

Le 26 septembre 2018, sept soldats maliens et un chauffeur civil sont tués après le passage de deux véhicules d’une mission d’escorte sur des engins explosifs improvisés entre Bambara-Maoudé et Douentza. Dans un communiqué officiel publié le 27 septembre 2018, le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants parle plutôt d’une attaque terroriste. « Lors de cette attaque terroriste lâche, sept FAMa et un chauffeur civil ont trouvé la mort », peut-on lire dans ledit communiqué.

Ces faits témoignent à suffisance que cette démonstration a été une erreur pour les autorités. Ce fut une communication dont les conséquences pourraient nous être très fatales. En cette période de crise, les autorités doivent savoir faire la différence entre la communication politique et la communication institutionnelle. La règle d’or veut que les démonstrations de forces se fassent après la victoire afin de prévenir l’ennemi, ou alors quand on est en position de force pour, à ce moment, dissuader ou menacer l’adversaire ou l’ennemi. Or, actuellement, il se trouve que plus du tiers du territoire national échappe au contrôle des autorités. Aussi, l’ennemi ou les ennemis sont-ils loin d’être identifiés, donc, très difficile à appréhender.

Quant à l’Union Européenne, elle a commencé à faire pression sur les signataires de l’Accord de paix. Certainement une autre conséquence de ce défilé hors-pair. Lors de la réunion de haut niveau tenue sur le Mali et Sahel la semaine dernière à New York, la Chef de la Diplomatie de l’Union Européenne, Frederica Mogherini a déclaré : «Sur le processus de paix, nous ne pouvons pas nous contenter de répéter les mêmes messages, année après année. Les acteurs maliens, signataires ou pas de l’Accord, doivent se positionner clairement soit en faveur de l’Accord soit en dehors et en assumer les conséquences avec cohérence.»

Cette déclaration dénote clairement une impatience de la communauté internationale face au retard quant à la mise en œuvre effective de l’Accord de paix et de réconciliation. Un retard dont les populations civiles subissent les lourdes conséquences.

 

 

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