‘’Sans Détour’’/Mali : quand le démon nous tient !

Alors que l’ensemble du pays se trouve plongé dans une crise sécuritaire infernale, les conclusions des trois jours de concertations nationales (10, 11 et 12 septembre 2020) se trouvent contestées par une partie de Mouvement du 5 Juin Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP). Dans une déclaration publiée le 12 septembre 2020, le président du Comité stratégique dudit mouvement, Choguel Kokala Maiga, déclare : « Le M5-RFP dénonce les intimidations, les pratiques antidémocratiques et déloyales dignes d’une autre époque contre lesquelles la lutte pour le changement et la refondation a été enclenchée. La volonté d’accaparement et de confiscation du pouvoir au profit du CNSP ne saurait justifier les méthodes employées, qui affaiblissent le processus de transition. En conclusion, le M5-RFP se démarque du document produit qui ne reflète pas les points de vue et les décisions du Peuple malien. »

Cette réaction témoigne non seulement du niveau de légitimité des résultats de ces assises, mais aussi et surtout de la suite que ces contestateurs comptent réserver aux autorités de la transition. Mais ce qui sûr, c’est que Choguel  et ses camarades doivent comprendre que le peuple malien ne se limite pas seulement à eux. D’autant plus quele Conseil National de la Société Civile a, contrairement, félicité la réussite des travaux et s’engage à accompagner la mise en œuvre des conclusions issues des différentes rencontres.

De même, la Coalition Espoir Mali Koura (EMK), de Cheick Oumar Sissoko, membre du M5, estime que les insuffisances observées dans le document final des concertations nationales sont susceptibles de correction et cela ne devrait pas justifier une mise en cause intégrale des conclusions.

Pour l’heure, à part cette déclaration de Choguel, aucune autre organisation n’a contesté les conclusions de ces travaux et les points de discorde ne sont autres que, selon lui, la non reconnaissance du rôle du M5-RFP et des martyrs dans la lutte du peuple malien pour le changement ; la non prise en compte du choix majoritaire d’une transition dirigée par une personnalité civile, ainsi qu’un Premier ministre civil. La partie du mouvements’oppose aussi aux prérogatives du Vice-président de la transition ; à la composition et aumode de désignation des membres du collège de désignation du président de la Transition; à l’acte fixant la clé de répartition entre les composantes du Conseil National de Transition.

Trois jours après ses assises, l’on attend toujours. Aucune réaction du côté du CNSP. Au même moment, les assaillants continuent de s’implanter mieux avec l’extension de leurs réseaux sur la majeure partie du territoire national. Aujourd’hui, nul n’ignore la situation dans laquelle le Mali se trouve. Rupture de confiance entre gouvernés et gouvernants. Tous les secteurs économiques souffrent. Pire, la classe politique et la société civile, considérées comme les forces vives de la nation, n’agissent plus avec la raison, mais plutôt avec le cœur et chacun semble vouloir préserver ses propres intérêts au détriment de celui supérieur de la nation. Toute chose qui rend le dialogue constructif quasiment impossible. Plus question de faire des concessions au nom de la paix, de la stabilité et du vivre ensemble. C’est la simple raison qui fait que le bras-de-fer dure toujours et toujours entre les différentes forces vives de la nation.

Sinon, s’il est vrai que toutes ces actions ici et là étaient destinées à sauver le pays, ces rencontres devraient nous permettre déjà de trouver la solution durable dans le consensus et dans le compromis. Pour cela, aucun sacrifice ne devrait être de trop. Parce qu’il s’agit là de notre bien commun : le MALI.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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