Réponse des chefs djihadistes au sujet du dialogue: Iyad et Koufa évitent de «s’aliéner une partie de l’opinion », selon Lémine ould Salem

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) a publié dimanche un communiqué dans lequel le groupe terroriste pose la condition du départ des forces armées françaises et de la Minusma. Interrogé à ce sujet, Lémine ould Salem, journaliste spécialiste des mouvements terroristes, a fait savoir que le silence de Iyad et Koufa autour de l’application de la charia est une stratégie pour séduire l’opinion publique malienne.

 

Au sujet de la réponse des chefs djihadistes pour le dialogue tel qu’annoncé par le Président de la République conformément à l’une des recommandations du dialogue national inclusif, il convient de souligner les motivations qui sous-tendent cette réponse.

D’abord, cette démarche est en tout cas inédite. Il faut dire que le GSIM est en perte de vitesse depuis près d’un an. Selon RFI, un raid français en février 2019 avait notamment éliminé trois cadres importants du groupe : Djamel Okacha, membre historique d’Aqmi, Abou Talha al-Libi, chef d’al-Furqan, une katiba du nord de Tombouctou, et Abou Iyad, chef d’al-Qaïda en Tunisie. Ce qui a beaucoup affaibli ce groupe.

Ensuite, pour sa part, Lémine ould Salem, journaliste spécialiste des mouvements terroristes estime que le groupe terroriste tente ainsi de séduire l’opinion publique malienne. « Certains s’étonneraient certainement du fait qu’il n’ait pas posé le préalable de l’application de la Charia », a-t-il indiqué.

Et enfin, pour le journaliste, « le JNIM veut se montrer en phase avec une certaine partie de l’opinion malienne que l’on voit manifester à Bamako régulièrement pour demander le départ des troupes françaises du Mali, et deuxièmement, il se refuse pour l’instant d’évoquer une question aussi sensible que la question de la Charia tout simplement pour ne pas s’aliéner une partie de l’opinion, mais également une partie des élites à Bamako… qui sont depuis toujours favorables à un dialogue avec les islamistes. »

« Une partie des citoyens maliens se disent que si l’application de la Charia, ou d’une partie de la Charia peut nous ramener la paix, pourquoi ne pas essayer », a conclu Lémine ould Salem.

En rappel, les terroristes ont publié le communiqué écrit en arabe à travers le canal officiel de communication du GSIM, Az-Zallaqa. Le texte a été authentifié par plusieurs experts sécuritaires de la région, ainsi qu’une agence d’information mauritanienne, al-Akhbar.

« On a suivi avec fierté les manifestations de nos frères maliens pour le départ des forces françaises et leurs alliés de l’Union européenne et des Nations Unies. Ce courage de notre peuple et des Maliens peut être un réveil de conscience, un réveil qui a pris 7 ans et a emporté des jeunes, des vieux,  des femmes et des enfantsOn a entendu l’appel de notre peuple malien au gouvernement du Mali pour négocier avec les moujahidines afin de sortir le pays d’une crise qui n’a que trop duré. À la demande du peuple malien, le GSIM est prêt pour entamer la négociation avec l’état malien pour trouver une solution durable au sang qui continue de couler, mais à une seule condition : finir avec la colonisation française de notre pays, le Mali. Si l’État malien compte négocier avec le GNIM, il faut qu’il demande le retrait pur et simple de la force Barkhane et de la Minusma du sol malien » est en substance, la version française de ce communiqué.

Komi

LE COMBAT

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