Renouvellement du mandat de la MINUSMA : des observateurs demandent un « inventaire réel » de la mission

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé de renouveler d’un an le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali « Minusma ». Cette prorogation jusqu’au 30 juin 2021 se justifie selon le Conseil de sécurité, par les progrès réalisés dans le rétablissement de la souveraineté de l’État, exigé dans l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Pas d’augmentation des effectifs pour ce nouveau mandat, mais un budget légèrement revu à la hausse plafonné à 1,2 milliard de dollars. La MINUSMA reste donc la troisième opération de paix la plus coûteuse au Monde. La résolution qui est en cours devrait redéfinir de nouveaux indicateurs de progrès sur l’accord pour la paix et la réconciliation.
Le Conseil de Sécurité de l’ONU fixera également pour la première fois des référentiels sur le Centre du Mali où la situation sécuritaire devient de plus en plus inquiétante. Selon le rapport du Haut commissaire des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Barchelet, publié la semaine dernière, 580 civils ont été tués dans cette partie du Mali au cours du premier semestre de l’année 2020.
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies statuera aussi sur le soutien que la Minusma peut apporter à la force conjointe du G5 Sahel pour plus d’efficacité lors de ces missions sur le terrain.
La résolution en cours d’établissement intervient dans un contexte où l’armée malienne est accusée d’exécutions extrajudiciaires au centre du pays. C’est donc pour rétablir, un climat de confiance entre les gouvernants et les gouvernés que le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé à l’unanimité, de proroger pour un an le mandat de la mission.
Pour certains observateurs, ce renouvellement du mandat de la MINUSMA est nécessaire. Toutefois, ils souhaitent que les Maliens fassent un inventaire réel de ce qui a été réalisé et de ce qu’ils attendent de la MINUSMA. Mais selon ces observateurs, le danger, aujourd’hui, est que la Mission joue le rôle de l’État dans certaines parties du Mali.
Boubacar Bocoum, politologue

STUDIO TAMANI

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