Pourparlers intermaliens : LE SOUTIEN CONSTANT DES AUTORITÉS ALGÉRIENNES

Avant de participer au 5è round des pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés qui commence aujourd’hui, le Premier ministre a été reçu hier par le président algérien Abdelaziz Bouteflika

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Fort de sa double casquette de chef du gouvernement et de haut représentant du président de la République, Modibo Keita a les coudées franches pour faire aboutir le dossier « complexe » des pourparlers d’Alger. Cette reprise des négociations intervient dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire sur le terrain. Les affrontements à Tabankort sont venus brutalement rappeler à l’opinion nationale et internationale l’urgence de la signature d’un accord. Mais pas n’importe lequel puisque la solution recherchée sous les auspices algériens et onusiens doit être, pour une fois, définitive.
Le Premier ministre Keita n’est pas dépaysé à Alger où il était arrivé hier en fin de matinée. Dans sa délégation figurent le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, le ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et du Développement des régions du Nord,^ Hamadoun Konaté, leur collègue de la Réconciliation nationale Zahabi Ould Sidi Mohamed ainsi que des experts de son cabinet.
Aussitôt arrivé à Alger, le chef du gouvernement a rencontré son homologue algérien Abdel Malek Sellal pour « une séance de travail » au cours de laquelle les deux personnalités ont fait le tour d’horizon de la situation sécuritaire sur le terrain avant de passer en revue le programme de cette phase cruciale des pourparlers dont l’ouverture officielle est prévue ce matin. Comme l’on devait s’y attendre, rien n’a davantage filtré de cet entretien jusqu’à la publication d’un communiqué de presse par les services du Premier ministre algérien.
Selon ce texte, les deux Premiers ministres ont procédé à « l’évaluation des relations bilatérales et à l’étude des voies et moyens pour les consolider davantage en explorant toutes les opportunités offertes en matière de coopération dans tous les domaines ». « Abordant l’évolution de la situation politique et sécuritaire prévalant dans la sous-région et notamment chez le pays frère, les deux responsables se sont accordés sur la nécessité de préserver l’esprit constructif dans lequel se poursuivent les négociations intermaliennes », souligne le communiqué.
Lors du point de presse qu’il a animé à l’aéroport d’Alger, Modibo Keita avait indiqué à son homologue algérien qu’il était un agréable devoir pour lui de revenir en Algérie. « J’ai effectué plusieurs séjours ici et je m’en souviens comme si c’était hier », a confié le chef du gouvernement qui a vivement remercié les autorités algériennes au nom du président Keita et au sien propre. « L’Algérie joue un rôle majeur » dans  la gestion de la crise, a témoigné Modibo Keita qui a salué le rôle « remarquable » de ce pays frère dans le dialogue intermalien. Il a exprimé ensuite son « grand » espoir de voir la cinquième phase de ce dialogue aboutir à un accord permettant le retour de la paix et de la stabilité dans notre pays. « Nous mesurons l’engagement de tous les pays amis de la communauté internationale et nous n’avons pas d’autre choix, nous les Maliens, que de nous inscrire dans la dynamique de paix dans les plus brefs délais », a-t-il assuré.
Le chef du gouvernement est aussi, et surtout, porteur de message du président de la République Ibrahim Boubacar Keita à son aîné Abdelaziz Bouteflika, président de la République algérienne démocratique et populaire. Ce dernier reste un grand ami de notre pays. Fait foi le rôle majeur que ce puissant voisin du Nord dans les différents cycles précédents de la rébellion. Et aussi toute l’aide logistique qu’il ne cesse d’apporter à notre armée.
Dans sa résidence d’Etat de Zéralda, le président Bouteflika a reçu pendant longtemps le Premier ministre Keita qui était venu lui dire combien notre peuple aspire à une paix durable. La crise dans notre Septentrion est trop complexe pour laisser la gestion aux seuls militaires. C’est justement pourquoi il n’y a aucune alternative au dialogue.
A sa sortie d’audience, Modibo Keita n’a pas caché sa satisfaction. « Je sors réconforté de cet entretien », s’est réjoui le Premier ministre qui a trouvé une « oreille attentive » chez le chef de l’Etat algérien. Le visiteur a certifié avoir remis à son hôte un message écrit de son homologue Keita. Message ayant non seulement trait à la coopération entre les deux pays mais aussi au dialogue intermalien en cours. « Les choses sont en bonne voie », a-t-il estimé ajoutant que « le temps » est plus précieux que jamais.

Envoyé spécial
A. M.CISSE

source : L Essor

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