Plus de 800 déplacés après l’attaque des villages Sobanou-Dah et Djoumba-Peulh

Violences dans le cercle de Bandiagara, région de Mopti (Sobanou-Dah et Djoumba-Peulh), 14 juin 2019

Faits saillants

  • Dans la nuit du 9 au 10 juin, des individus armés non-identifiés ont attaqué le village de Sobanou-Dah, situé à 43km au nord-est de la ville de Bandiagara.
  • Lors de cette attaque, 35 personnes, dont 24 enfants, ont été tuées tandis que 60 autres sont portées disparues selon un communiqué du Gouvernement du 12 juin. Au total, 9 blessés dont 4 enfants ont été enregistrés selon la même source. En outre, une vingtaine de cases et une trentaine de greniers ont été incendiées.
  • Le village de Sobanou-Dah comptait environ 429 personnes avant l’attaque. Plus de 330 personnes parmi les rescapés se sont déplacées vers le cercle de Koro.
  • Une autre attaque s’est produite dans le village de Djoumbo-Peulh, dans le cercle de Bandiagara, le 10 juin. Cette attaque a entrainé le déplacement d’environ 500 personnes dont 310 enfants vers Sévaré.
  • Depuis le 10 juin, plusieurs missions des autorités maliennes ont rendu visite aux personnes affectées pour s’enquérir de la situation et évaluer leurs besoins. Le 12 juin, les organisations humanitaires intervenant dans la région de Mopti ont aussi effectué une mission d’évaluation rapide des besoins à Sobanou-Dah pour mieux adapter leurs actions à la réponse fournie par le Gouvernement.

Messages clés

  • Bien que la violence de l’attaque du village de Sobanou-Dah soit singulière, cette dernière est malheureusement un exemple parmi une multitude d’autres de la détérioration de la situation dans le centre. Depuis plusieurs mois, les incidents sécuritaires dans la région de Mopti sont récurrents et continuent d’affecter de plus en plus de civils. Les populations sont parfois réticentes à l’idée de se déplacer à cause de l’insécurité, limitant fortement l’accès aux soins de santé de base et impactant durement sur les conditions de vies. La crise humanitaire provoquée par les conflits a atteint aujourd’hui un seuil alarmant et sans précédent.
  • Les conséquences des conflits combinées aux besoins humanitaires inhérents à la période de soudure agricole actuelle créent une augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’assistance d’urgence dans le centre du pays. Selon les analyses du Cadre harmonisé de mars 2018, plus de 312 000 personnes sont en situation de crise ou d’urgence alimentaire à Mopti (256 000) et Ségou (56 000 personnes), soit 56 pour cent de la population touchée dans le pays. En outre, plus d’un million de personnes dans le centre sont à risque d’insécurité alimentaire et pourraient basculer dans la phase de crise ou d’urgence au moindre choc.
  • Les ressources financières disponibles restent très limitées face aux besoins humanitaires croissants. Seulement 22 pour cent des 296 millions de dollars recherchés à travers l’appel de fonds humanitaire pour 2019 sont mobilisés à ce jour.

Besoins humanitaires

  • La plupart des personnes qui ont survécu à cette attaque restent traumatisées et réclament une meilleure protection. La plupart d’entre elles ont besoin d’un suivi psycho-social pour se remettre des actes de violence vécus.
  • Des soins de santé, des vivres, des biens non alimentaires (habits, ustensiles de cuisine, kits de dignité, couchettes…), de l’eau potable et des produits d’hygiène et d’assainissement ainsi que des abris ont été identifiés comme les besoins prioritaires des rescapés et des personnes déplacées à la suite des évaluations rapides conduites par les autorités maliennes et les partenaires humanitaires.

Assistance fournie

  • Les personnes blessées sont prises en charge sur les plans médical et alimentaire dans les structures sanitaires par l’Etat avec l’appui des partenaires humanitaires tels que l’OMS, l’UNICEF, COOPI et le PAM.
  • Le Gouvernement a mobilisé cinq tonnes de vivres pour les rescapés et les personnes déplacées internes de Sobanou-Peulh.
  • L’Association Dogon Initiative a distribué des vivres à 108 personnes déplacées internes dans le cercle de Koro.
  • L’UNICEF, l’OIM et le HCR se sont positionnés pour apporter une assistance en tentes.
    L’UNICEF prévoit également de fournir des kits d’hygiène et des kits scolaires aux personnes affectées.
  • Le 13 juin, le PAM a assisté 501 personnes déplacés qui sont dans la ville de Sevaré regroupé dans 89 ménages. Une ration alimentaire de 10 jours de vivres (légumineuses, huile, sel et biscuits énergétiques) a été distribuée à ces personnes déplacées à la suite de l’attaque du village de Djoumbo-Peulh.

SourceOCHA Mali

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