Nomination d’al-Annabi : le JNIM, éternel pion d’AQMI ?

Depuis la mort de Droukdel, tué par une frappe de la force Barkhane, cinq mois se sont écoulés avant la nomination de son successeur à la tête de l’organisation terroriste AQMI : Abou Obeida Youssouf al-Annabi, Yazid Mebrak de son vrai nom.

 

Nombreux sont les spécialistes qui se sont arrêtés sur le CV de l’ancien chef de la choura désormais à la tête d’une organisation terroriste en perte de vitesse sur les plans militaires et stratégiques. Si l’on s’en tient aux informations sécuritaires officielles, AQMI, dont le terrain principal reste le Maghreb, dispose à ce jour d’effectifs très limités ne lui permettant pas de mener à bien ses opérations.

C’est ce qu’affirme Caleb Weiss, spécialiste du djihadisme et de la violence politique en Afrique et au Moyen-Orient : « L’AQMI est extrêmement faible en Algérie tandis que sa branche sahélienne du JNIM poursuit ses combats avec celle locale de l’État Islamique […] ». En effet, si dans le passé AQMI a été le groupe armé terroriste le plus important de la région, force est de constater qu’il n’existe plus que par son nom et vit désormais dans l’ombre de sa filiale sahélienne, le JNIM.

De ce fait, à l’annonce de la mort de Droukdel beaucoup avaient pressenti Iyad Ag Ghali pour prendre sa succession. Cela n’a pourtant pas été le cas ! Ainsi la mouvance terroriste au Sahel devra se contenter de se soumettre. Se laissera-t-elle diriger par une entité en perte de vitesse ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que selon Caleb Weiss, le chef du JNIM n’a jusqu’ici pas reconnu le nouveau dirigeant « choisi » d’AQMI. Serait-il en train de vivre une déception ? D’autant plus qu’al-Annabi « n’est pas un personnage charismatique », selon le politologue, Djalil Lounnas.

La nomination d’Abou Obeida Youssouf al-Annabi fait aussi beaucoup de bruits de par ses origines. Encore un Algérien à la tête de l’organisation terroriste ! De nombreuses sources locales, majoritairement maliennes, relèvent cette discrimination qui règne au sein d’AQMI selon qui « seul les arabes ont les épaules pour diriger ». Iyad Ag-Ghali, le Touareg, n’avait donc aucune chance. À la lumière de ces éléments, il paraît clair que le JNIM aura beau s’agrandir, il restera éternellement le pion d’un chef terroriste « étranger ». Venu d’ailleurs, ce dernier n’a que faire du Mali et des Maliens dans leur ensemble (terroristes ou innocents), tant que les crédits des exactions contre nos concitoyens sur notre territoire lui reviennent.

Il semblerait donc que cette nomination s’ajoute aux nombreux revers subis par Iyad Ag Ghali ces dernières semaines. Non content d’avoir perdu son bras droit en la personne de BaMoussa, tué dans la région de Ménaka le 10 novembre dernier, AQMI a confirmé sa position d’infériorité dans l’organisation, sans doute liée à son appartenance ethnique.

En dépit des fractures internes à AQMI qu’elle dévoile, cette nomination ne devrait toutefois pas avoir de conséquence majeure dans le cadre de la lutte contre les terroristes. En effet, les succès des forces armées contre ces obscurantistes sont de plus en plus récurrents. Ainsi, il est clair que les terroristes, avec ou sans al-Annabi, sont voués à disparaître… et cela ne saurait tarder.

Siaka Sidibé

Source : Malivox

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