NEGOCIATIONS ENTRE BAMAKO ET DES GROUPES ARMES : L’aveu d’impuissance du Président Keïta !

Le président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), a confirmé sur les antennes de RFI que des contacts étaient en train d’être noués avec certains leaders terroristes. Pour un rétropédalage, c’en est un, puisqu’on sait que l’idée même de négociations avec les groupes terroristes, était un sujet tabou à Bamako, et le président Ibrahim Boubacar Kéita avait, à plusieurs reprises, martelé qu’il n’en serait jamais question pendant sa mandature.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta, a reconnu le lundi 10 février pour la première fois l’existence d’une démarche d’approche des groupes terroristes, la justifiant par la nécessité d’explorer les voies d’une sortie de crise après huit années de guerre sans issue rapide en vue. Le nombre de morts au Sahel “devient exponentiel et je crois qu’il est temps que certaines voies soient explorées”, a déclaré M. Keïta dans un entretien avec la chaîne France 24 et Radio France Internationale (RFI).
Un tel dialogue, en particulier avec la katiba Macina, affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, s’est longtemps heurté aux résistances d’élites maliennes et de puissances étrangères. Mais fin janvier, le haut représentant du président pour le centre du Mali, Dioncounda Traoré, avait indiqué avoir “personnellement” envoyé des émissaires en direction d’Amadou Koufa et d’Iyad ag Ghali.

Dioncounda Traoré “est en mission pour moi” et “a le devoir d’écouter tout le monde”, a dit le président Keïta. Il s’agit de déterminer si certains dans l’entourage des chefs peuvent être “sensibles à un discours de raison”, a-t-il ajouté.
La situation sahélienne est “très préoccupante”, a répété le président malien. Combattre les groupes terroristes et dialoguer avec eux n’est “pas antinomique”, a-t-il ajouté, en invoquant les cas de figure algérien et afghan. Il a assuré procéder “sans aucune grande naïveté”.

Avec la présence de plus en plus remarquée de l’EIGS dans la zone du Liptako-Gourma, et le rouleau compresseur des armées des pays du G5 Sahel qui est en train de se mettre progressivement en marche, Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa pourraient, pour ainsi dire, revenir à de meilleurs sentiments en acceptant le principe du dialogue pour sortir du cercle vicieux, moyennant des garanties de sécurité, et pourquoi pas de bien-être pour leurs combattants. Ce dialogue est, selon toute vraisemblance, possible d’autant que des contacts directs encadrés par les autorités maliennes, ont déjà été établis entre des émissaires comme le président de l’Association « Faso Dambé Ton », Adama Coulibaly, l’avocat Hassane Barry et le colonel de l’armée, Mamadou Lamine Konaré et le chef de la Katiba Macina, Amadou Koufa. Cette piste de dialogue avec les insurgés islamistes officieusement explorée par le gouvernement malien, peut permettre d’atténuer le niveau de violence et de ramener progressivement la paix dans le pays.

La preuve en a été donnée en février 2019 lorsqu’une quinzaine de djihadistes dont l’ancien commissaire de la police islamique de Gao, Aliou Mahamane Touré, ont été libérés dans le plus grand secret, en échange de plusieurs otages militaires et civils qui étaient alors aux mains de la Katiba Macina, dont le préfet de Tenenkou, Makan Doumbia et le journaliste Issaka Tamboura. Le prédicateur radical aurait dit être disposé à continuer les négociations avec le gouvernement malien à condition que les troupes françaises quittent le pays et que la charia y soit appliquée, si on lui envoyait des érudits musulmans à l’image de l’imam Mahmoud Dicko, Mahi Banikane ou Cheick Oumar Dia comme émissaires.
Si aujourd’hui, bien des Maliens semblent épouser cette démarche, il faudrait néanmoins faire preuve d’un optimisme mesuré quant à l’efficacité de cette option de la carotte car, de part et d’autre, la méfiance existe toujours et on n’a pas totalement renoncé à la victoire par les armes.
A.D

Source: Le Point du Mali
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