Mot de la semaine : Ultimatum

Le Palais de la Culture Amadou Hampaté Bah était plein à craquer le samedi 29 février 2020, non pas pour assister à un meeting  d’un parti politique, surtout à la veille des législatives, mais pour religieusement écouter l’une des figures emblématiques de la société civile malienne, à savoir l’Imam Mahmoud Dicko. C’est devant une foule patiente et acquise à sa cause que l’Imam Dicko, comme à son ’habitude, s’est livré à un procès sans concession contre le régime en place. Passant au crible tous les maux qui gangrènent notre société, à savoir  la corruption et la délinquance financière, l’insécurité, la crise scolaire, la crise sociale, l’Imam Mahmoud  Dicko a fini par lancer un ultimatum aux autorités pour qu’elles résolvent au plus vite la crise scolaire. Faute de quoi le vaillant peuple malien prendra son destin en main selon l’ancien Président du Haut Conseil Islamique du Mali.  Sans attendre la réponse du Gouvernement, l’Imam  Dicko semble déjà prendre le devant en appelant à une grande mobilisation ce vendredi  au cas où le régime ne donnerait pas une suite favorable à ses requêtes. L’occasion n’est-elle pas toute trouvée pour l’Imam Dicko  de quitter le marigot  politique pour se consacrer à son combat pour plus de justice, d’équité et de bonne gouvernance et cela au sein de la société civile ?

Le  très respecté Imam Mahmoud  Dicko semble retrouver ses réflexes d’antan, ceux qui ont fait de lui le leader de la société civile le plus populaire  et le plus estimé. Ila toujours défendu des valeurs et a fait siens  le combat pour les plus brimés, les plus faibles et les plus démunis de la société. Son meeting du 29 février ressemble à ceux du 10 février 2018 et  du 5 Avril 2019, en termes de contenu, car tous ces meetings avaient les même  objectifs plus  de paix sociale, de justice, de sécurité et  de bonne gouvernance.

Pour rappel, c’est son meeting du 5 Avril  qui a précipité le départ du très controversé  Premier Ministre SoumeylouBoubèyeMaiga.  Mais depuis cette prouesse  inédite, l’Imam Dicko a inscrit d’autres rôles à son agenda, à savoir celui de leader politique, avec la création d’un mouvement « Politico-religieux », la Coordination des Mouvements  et  Associations de soutien à l’Imam Mahmoud Dicko ; CMAS. L’ancien Président du  Haut Conseil Islamique du Mali, qui est sans nul doute l’un des remparts  protecteurs du Peuple, va-t-il rester dans ce rôle sans  mélanger serviette et torchon ? Sa présence sur la scène politique  serait un handicap sérieux  et entacherait son noble combat ; donc il doit s’en éloigner pour ne pas donner de prétexte à ses détracteurs de le vilipender. Par ce énième meeting réussi, l’Imam Dicko a une nouvelle  porte de sortie honorable de la scène politique  pour se consacrer à la société civile.

L’ancien Président du Haut Conseil Islamique  semble véritablement  couper le sommeil aux hauts dirigeants du pays qui, trouvant les propos de l’Imam outrageants, ne sont pas passés par mille chemins  pour le  convoquer au Tribunal de la commune V Brigade au motif qu’il a tenu des propos qui s’apparentent  à un appel au soulèvement contre le régime. Mauvaise appréciation ou mauvais coaching des conseillers du Président de la République ? Aujourd’hui, vouloir importuner Mahmoud Dicko c’est non seulement préparer le lit au soulèvement, mais aussi et surtout,  le rendre encore plus populaire, même étant victime. Donc, il se peut que les responsables d’une cabale judicaire ne soient rien d’autres que  les  bourreaux du régime.

Youssouf Sissoko

Source: Journal le Pays- Mali

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