Menaces d’attentats: faut-il avoir peur ?

À quelques jours de la fête du ramadan, les rumeurs d’attentats de jihadistes sont de plus en plus persistantes. Les représentations diplomatiques ont relevé la cote d’alerte, les autorités nationales ont blindé le dispositif sécuritaire et procédé à de nombreuses arrestations de personnes suspectes. Pour autant, céder à la panique, reviendrait à perdre la partie d’avance. Au contraire, devons-nous avoir le bon réflexe, en tant que citoyen, en dénonçant tout individu au comportement bizarre ou suspect.

djihadiste islamiste terroriste alqaïda boko haram mujao Ançar Dine taliban combattant rebelle touareg mnla cma

L’actualité du week-end dernier a été incontestablement marquée par des menaces d’attentats jihadistes dans la capitale au point de créer une certaine psychose chez la population. Des SMS ont circulé dans ce sens demandant aux personnes d’éviter tous les attroupements. Certaines mosquées sont même allées dans ce sens de crainte de voir les lieux de culte devenir des scènes de crime. Des imams ont interdit l’accès de la mosquée à toute personne transportant un sac.

L’on apprend par ailleurs que les représentations diplomatiques, dans notre pays, ont demandé à aux ressortissants de leur pays de faire preuve de la plus grande vigilance et de contrôler tous leurs mouvements. Cela, en raison des menaces d’avenants dans la capitale. En considérant qu’elles sont généralement bien informées sur ce qui se passe dans le pays, l’on est fondé à croire que le péril sécuritaire est réel.

Il faut ajouter à cela, l’arrestation par les forces de sécurité d’un proche de Iyad, qui au cours de son interrogatoire aurait reconnu qu’il venait dans la capitale pour alimenter des cellules islamistes en argent.

Dans la capitale, les plus folles rumeurs continuent de circuler quant à l’éventualité d’attentats. Plusieurs personnes ont reçu des SMS leur déconseillant de se rendre dans les lieux de rassemblement. Plusieurs représentations diplomatiques ont également demandé aux ressortissants de leur pays de faire preuve de prudence dans leurs faits et gestes à cause de la menace d’attentats. Selon des sources qui ont requis l’anonymat, les services de sécurité ont procédé à l’arrestation d’une centaine de personnes, depuis les événements de Fakola. Les autorités qui ont pris la pleine mesure de la situation ont renforcé le dispositif sécuritaire. Ainsi, en plus des patrouilles de police de jour comme de nuit des éléments de la Garde nationale, à bord de 4×4 surmontés de mitrailleuses, sont déployés tous les soirs dans les endroits stratégiques de la capitale. Il s’agit d’une mesure préventive qui atteste néanmoins de la gravité de la menace jihadiste qui plane sur nos têtes.

La population a d’autant plus de raison de s’inquiéter que dans les pays voisins également, la situation sécuritaire n’est pas non plus des plus certaines. Il n’est un secret pour personne que l’ensemble des pays du Sahel sont confrontés à la même réalité. L’on se rappelle des attentats survenus à N’Djaména, au Tchad, qui ont fait des dizaines de morts et de blessés ou les attaques répétées de Boko haram au Nigéria et au Niger. Toutes choses qui attestent que les jihadistes sont là et bien là parmi nous. Il s’agit souvent de personnes que nous connaissons, que nous pratiquons au quotidien, qui se radicalisent et qui versent dans la violence. Ceux-là sont difficiles à détecter, mais possibles grâce à une vigilance accrue de tous les citoyens. Il y a aussi ceux qui viennent d’ailleurs avec un objectif clairement affiché : celui de commettre des attentats terroristes. Ces derniers sont plus faciles à combattre quand bien même il faudrait compter avec leurs impressionnants arsenaux.

Dans un tel environnement où la menace est omniprésente, les inquiétudes de la population sont tout à fait légitimes. Pour autant, faut-il céder à la fatalité, à la panique ? Non ! Cela reviendrait à accorder la victoire à l’ennemi avant de l’avoir combattu. Ce, d’autant plus que l’un des effets recherchés par ces jihadistes est de se semer la psychose au sein de la population. Dès lors, en plus de garder le calme, chaque citoyen devrait désormais avoir le bon réflexe.

Il s’agit de dénoncer tout individu jugé suspect auprès des forces de sécurité, de collaborer avec elles dans l’intérêt supérieur de la cité. Il ne s’agit pas là de faire de la délation, de livrer un coreligionnaire à la Police ou à la Gendarmerie pour le plaisir de le faire ; mais d’un acte hautement patriotique et citoyen qui pourrait sauver de nombreuses vies humaines. C’est aussi cela le devoir du croyant. Et pour cause, enseignent toutes les religions révélées, seul Dieu donne la vie, et par conséquent, seul lui peut la reprendre.

Par Bertin DAKOUO

Source: Info-Matin

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.