Mali : Les échecs français passés sous silence (journal RUSSE)  

Le discours récent sur le Mali du premier ministre français Manuel Valls prononcé devant l’Assemblée nationale fait preuve d’une volonté évidente de présenter la politique africaine de la France sous son meilleur jour.

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Une approche plus que discutable qui d’ailleurs met en cause la transparence politique.

Le premier ministre français Manuel Valls s’est récemment exprimé au sujet de la présence française au Mali.

Son discours à l’Assemblée nationale pourrait sans aucun doute faire débat, non seulement parce que l’implication française au Mali demeure un sujet incertain, mais également à cause de ce que le premier ministre a préféré passer sous silence : la situation en Libye et en Centrafrique.

« Tant que la menace djihadiste continue de peser sur le destin de ce pays et cette région », la France restera engagée dans la situation malienne, a indiqué Manuel Valls dans son discours.

Ainsi, le premier ministre mentionne l’idée qui est déjà devenue partie intégrante de la rhétorique occidentale. Personne ne va mettre en cause une grave menace terroriste.

C’est pourtant les circonstances dangereuses de tels propos qui devront être précisées. Vous parlez de la menace terroriste ?

Mais que diriez-vous de la déstabilisation de la région sahélienne ?

Cette déstabilisation intentionnelle qui est directement liée à la crise libyenne et à l’élimination de Mouammar Kadhafi en 2011.

Par ailleurs, le trafic d’armes depuis la Libye vers les autres pays africains, notamment le Mali, est particulièrement souligné dans les rapports officiels du groupe d’experts créé par l’Organisation des Nations unies (Onu) pour étudier la situation libyenne critique.

Ainsi, les armes en provenance de Libye ont inondé le Mali. « Nous n’avons pas le droit d’abandonner nos frères africains au moment où ils ont le plus besoin de nous pour consolider des équilibres encore fragiles », a déclaré le premier ministre français.

Eh oui, il parle bien du Mali, mais de tels propos peuvent devenir une illustration frappante de ce que représente l’Afrique aux yeux des autorités occidentales : un continent où d’abord on peut faire tout ce qu’on veut et ensuite un endroit de déploiement des forces sécuritaires. Par ailleurs, Manuel Valls ne dit rien sur le scandale autour de la mission française de Sangaris en Centrafrique.

Le premier ministre insiste sur le fait que sans les activités françaises, une partie de l’Afrique aurait complètement basculé.

Mais la déstabilisation qui est devenue une réalité choquante du continent s’est imposée avec la participation extérieure. Cette dernière ne faisait auparavant aucune attention aux équilibres locaux.

source : Sputnik

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