Macina-Niono : les attaques jihadistes rendent la cohabitation difficile

Depuis un certain temps, une situation d’insécurité sévit dans les cercles de Macina et Niono, dans la région de Ségou. Rendant ainsi difficile la cohabitation entre les communautés peuhles et bamanan, à travers des actes d’animosité qui conduisent à des pertes en vies humaines.

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La dernière expérience dramatique est ce malheureux affrontement entre Peuhls et Bamanan, le mardi 22 mars, à Balikoro, dans l’ex-arrondissement de Sokolo. Le bilan de cette bataille est d’au moins 30 morts et plusieurs blessés.

Du côté des djihadistes, il faut noter l’attaque d’un véhicule de forains qui quittait la foire hebdomadaire de Macina, le samedi 25 mars. Un élève en 9ème Année à l’école fondamentale de Soumouni a trouvé la mort dans cet acte djihadiste. En plus de ces deux derniers événements, on peut ajouter d’autres faits qui font que la vie devient de jour en jour difficile dans les cercles de Macina et de Niono. Cependant, les questions qui se posent sont de savoir pourquoi tant de scènes de crimes et comment s’y prendre pour freiner ces hostilités.

Les disciples d’Amadou Kouffa du front de libération du Macina se fondent dans les populations dans les villages et hameaux des cercles de Macina et de Niono. Aussi, ont-ils des points focaux de collecte et d’orientation des informations et autres actions du mouvement. Ces djihadistes, à la création de leur mouvement, ne s’attaquaient qu’aux forces armées du Mali et aux représentations de l’Etat. Dans leurs stratégies d’intervention, ils attaquaient les postes de contrôle et de sécurité des forces de sécurité et plaçaient des engins explosifs aux passages des convois et véhicules militaires. Toutes leurs interventions étaient menées sur des engins à deux roues, d’où les motos à gros cylindres.

Malheureusement, pour les populations des cercles de Macina et de Niono, la stratégie d’intervention de ces djihadites a changé ; ce sont des civils qui sont désormais victimes, en plus des forces armées et de sécurité du Mali. Cette nouvelle orientation de leur intervention a commencé depuis le conflit intercommunautaire de Djawarebou, un hameau situé dans la poche de Macina, suivi par celui de Monipébougou, dans les premières semaines du mois de mars.

Les disciples de Kouffa, qui sont dans leur majorité des Peulhs, se confondent avec les communautés peulhs et commettent, dans une confusion totale, leurs actions contre des communautés bamanan. Toutes choses qui amènent les Bamanan, animés par un esprit de vengeance, à s’attaquer aux villages et hameaux peulhs par lesquels les djihadistes transitent.

La dernière stratégie de ces gens est désormais l’attaque des forains de retour des foires hebdomadaires. C’est ce qui a été fait à Monipébougou et c’est encore ce qui vient d’être fait entre Macina et Sinabamana, le samedi 25 mars.

Dans la mesure où il y a une main jihadiste derrière les conflits intercommunautaires, il faut peut-être revoir le contenu des missions de présentation de condoléances et de pourparlers. Sur ce plan, le gouvernement du Mali et certains leaders religieux ont déjà beaucoup fait. Le 12 mars dernier, Mahamoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali, était même passé par Macina où il a tenu une rencontre avec les notabilités et débattu du problème. Maintenant, il faut véritablement investir les cercles de Macina et de Niono. Un dispositif sécuritaire devrait y être installé.

Aussi, faut-il une intense campagne de sensibilisation sur toutes les ondes des radios libres des deux cercles et avec l’accompagnement des médiateurs traditionnels.

Douba DEMBELE

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