Lutte contre le terrorisme et la radicalisation : Communiquer, sensibiliser, former

Depuis janvier 2015 suite aux attentats survenus en plein cœur de Paris, des mesures exceptionnelles ont été prises en France pour renforcer la lutte contre l’extrémisme religieux

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Les autorités françaises se préoccupent sérieusement du départ de jeunes Français vers les théâtres d’opération en Irak et en Syrie. Plus de 1 000 Français ou résidents en France sont connus pour être allés en Syrie ou en Irak. Si 149 d’entre eux y sont morts, 592 y sont toujours et 250 sont revenus en France après un séjour sur zone. Ces départs constituent une menace inédite pour la sécurité de l’Hexagone. Pour y faire face, le gouvernement français a mis en place un dispositif global de lutte contre les filières terroristes et la radicalisation violente. D’où une action renforcée en matière de prévention de la radicalisation a été lancée par le service de communication des services du Premier ministre.

Il s’agit d’un site web nommé http://www.stop-djihadisme.gouv.fr/
Ce site piloté par le préfet Christian Gravel vient en appui, en plus des actions militaires menées par la France et ses alliées dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, Irak et ailleurs dans le monde.

Des experts français que nous avons rencontrés à Paris dans le cadre du programme d’une visite sur le thème de travail : « lutte contre le terrorisme et les politiques menées contre l’extrémisme » estiment que la radicalisation des jeunes Français se passe en général sur les réseaux sociaux. Une voix discordante juge qu’au contraire, ce sont les chaînes de télévision d’information en continue qui sont à la base de la radicalisation de ces jeunes. Un responsable religieux estime de son côté que les réseaux sociaux sont bien un vecteur important dans la radicalisation. D’ailleurs, ce dernier est présent sur les réseaux sociaux pour donner la bonne information aux jeunes qui sont tentés par l’aventure criminelle proposée par les groupes armés. Un conseiller aux affaires religieux a indiqué qu’il fait très attention à ne pas être un donneur de leçon. Cependant il estime que « les religions ne sont pas capables des crimes commis en leurs noms », avant d’ajouter que la laïcité n’est pas contraire à l’islam. Pour sa part, un autre religieux que nous avons pu rencontrer a expliqué que l’islam est un vecteur et non la cause de la radicalisation.

Au cours de nos entretiens, nous avons appris que l’action de l’État français en matière de lutte contre le terrorisme se décline à plusieurs niveaux : un dispositif de lutte anti-terroriste et contre la radicalisation violente, une action répressive, une action dissuasive, une action internationale et une action préventive.

Il nous a été expliqué que depuis janvier 2015 suite aux attentats survenus en plein cœur de Paris, des mesures exceptionnelles ont été prises pour renforcer la lutte contre le terrorisme. Il s’agit d’un renforcement des moyens humains et matériels. A cet effet plus de 11 180 emplois supplémentaires (2 680 annoncés en janvier et 8 500 en novembre) ont été créés ; un cadre juridique pour l’action des services de renseignement mis en place ; une détection renforcée du phénomène de radicalisation et une lutte accrue contre la radicalisation affichée. Sans oublier une prise en charge et un suivi accrus des individus radicalisés.

Il y aussi l’engagement des forces militaires aériennes françaises en Syrie depuis le 8 septembre. Grâce à ces mesures, des attentats ont été déjoués, plusieurs centaines de personnes ont été interpellées, des individus liés à la mouvance terroriste et islamiste radicale ont été expulsés du territoire français et des personnes ont été empêchées de rejoindre des zones de combat ou d’en revenir.

Le gouvernement a, dès avril 2014, mis en place un plan global de lutte contre les filières terroristes et la radicalisation violente. Ce plan comprend cinq axes complémentaires : prévenir et empêcher les départs de majeurs et de mineurs ; démanteler les filières de recrutement agissant en France : soutenir et orienter les familles (voir se mobiliser ensemble).

Communiquer, sensibiliser, former, tel est le crédo du gouvernement français face à la menace terroriste tout en renforçant la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme. Chacun de ces axes fait l’objet de mesures particulières : le travail avec des partenaires européens et internationaux se poursuit et se renforce. Des travaux spécifiques sont conduits pour lutter contre la radicalisation violente en milieu carcéral. Parallèlement, un important dispositif de prévention et d’accompagnement s’est mis en place à destination du grand public selon le communiquant de l’hôtel Matignon.

La mise en œuvre de ce plan s’achève cette année, avec le développement d’une véritable stratégie de contre-discours sur Internet et l’ouverture de centres de réinsertion et de citoyenneté pour les jeunes radicalisés.

En plus du site Stop-Djihadisme, une plate-forme téléphonique est mise en place par le gouvernement depuis avril 2014. Ainsi un numéro vert permet à ceux qui s’interrogent ou s’inquiètent d’un possible embrigadement de l’un de leurs proches d’avoir un entretien détaillé, indispensable pour établir un diagnostic. Au terme de cet entretien, ils sont conseillés sur la démarche à suivre et orientés vers les services compétents placés sous l’autorité des préfets, dans chaque département. En cas de doute ou de questionnement, les parents et les proches peuvent appeler ce numéro vert (0 800 005 696) dont l’appel est gratuit du lundi au vendredi de 9 heures à 18 heures.

Toujours en matière de communication, les services du Premier ministre français viennent de lancer récemment une application mobile d’alerte nommée Système d’Alerte et d’Information des Populations « SAIP » en étroite collaboration avec le Service d’information du Gouvernement (SIG).

Pourquoi une telle application ? À la suite des attentats survenus en France en janvier et novembre 2015, et à la demande du Premier ministre, le ministère de l’Intérieur et le Service d’information du gouvernement lancent une application mobile d’alerte sur Smartphone : « SAIP », a expliqué Christian Gravel. Cet outil est opérationnel pour l’Euro 2016 de football en France. Il s’inscrit dans une démarche de développement d’une culture de vigilance et de sécurité de ses concitoyens, initiée avec la campagne de sensibilisation « Réagir en cas d’attaque terroriste » qui donne des instructions pratiques autour du triptyque : « s’échapper, se cacher, alerter ».

A quoi sert-elle ? Dans sa phase initiale, cette application, gratuite pour l’usager, permet d’être avisé, via une notification sur son Smartphone, d’une alerte en cours suite à une suspicion d’attentat ou d’événements exceptionnels de sécurité civile (alerte nucléaire, produits dangereux, rupture d’ouvrage hydraulique) susceptibles de résulter d’un attentat.

Une seconde phase, prévue dans les prochains mois (par la mise à jour de l’application), prendra en compte tous les risques majeurs et les messages de vigilance. En plus des messages d’alerte géo-localisés, l’application délivre également les conseils comportementaux et des consignes à respecter en fonction de la nature de l’alerte et de la zone où l’on se trouve.

Comment fonctionne-t-elle ? Pour recevoir des alertes dans une zone où un risque vient d’être détecté par les autorités, il est demandé à l’utilisateur d’accepter d’être « géo-localisé ». Néanmoins, contrairement aux applications classiques utilisant la fonction de géolocalisation, aucune remontée d’information n’est opérée à partir du téléphone : l’anonymat du citoyen est assuré grâce à une technologie innovante, brevetée et française. Les terminaux mobiles ne font remonter aucune position géographique ou identité vers les serveurs informatiques.

L’application permet également à l’utilisateur, même non géo-localisé, de recevoir des notifications d’alertes de zones prédéterminées différentes. Il est ainsi possible d’enregistrer jusqu’à huit zones géographiques (codes postaux, communes) pour permettre à chacun d’être informé en cas d’alerte chez un proche, par exemple.

Comment réagir en cas d’alerte ? Pour une alerte « autour de vous » : « Vous recevez une notification. Selon le type de l’alerte, celle-ci peut être accompagnée d’un son de sirène afin d’attirer instantanément votre attention. En cliquant sur la notification ou en ouvrant l’application SAIP, vous pourrez prendre connaissance du message d’alerte délivré et des consignes de sécurité. Prenez-en connaissance avec sang-froid et réagissez en conséquence. Notre pays qui connaît aussi un phénomène djihadiste peut s’inspirer de cet exemple français.

Envoyé spécial

A.DIARRA

Source : L’ Essor

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