Liberation des combattants du MNLA : IBK roulé dans la farine par ses conseillers

Très tôt, du temps du président ATT, le président du Rassemblement Pour le Mali s’était insurgé contre les accords signés avec les mouvements et groupes touaregs rebelles du Nord, dont les termes laissaient la porte ouverte à de multiples concessions dont la moindre, n’était pas la tendance voilée à une mise entre parenthèses de la souveraineté du Mali.

 IBK

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta (c) Afp

En effet, il faut reconnaître que les différents accords, depuis Alpha Oumar KONARE, le premier président de la troisième république élu en 1992, ont presque abdiqué la République au profit de ces enfants gâtés que sont et demeurent les irrédentistes touaregs. Les récents accords de Ouaga en sont un exemple patent. Un accord à prendre avec des pincettes par IBK, tant il recèle de pièges. Le Kankélétigui, mal conseillé, vient de l’apprendre à ses dépens avec « l’Affaire de la libération des combattants du MNLA »et la levée des mandats d’arrêt internationaux lancés contre leurs dirigeants.

 

C’est le laxisme, l’irresponsabilité sinon cette inconscience au plus haut niveau des tenants du pouvoir étatique à abdiquer sans concession devant l’intransigeance d’interlocuteurs peu fiables, par peur d’assumer les responsabilités pour lesquels ils ont été choisis, à commencer par les chefs de l’Etat, qui ont encouragé à leur époque la fuite en avant des autres Zéïdane Sidalamine, Ould Zahabi, Bahanga, Fagaga, et plus près de nous des Ama Abdel Kérim, Mohamed assaleh, Iyad Ag Ali, Ag Bibi, Mohamed Ag Intallah, etc.

 

 

Le vent de contestation populaire soulevé par la libération d’une quarantaine de rebelles du MNLA et du HCUA, des terroristes faits prisonniers par l’armée malienne est indicatif à plus d’un titre dans le contexte actuel. Outre le peuple qui a plébiscité IBK, il a atteint le Temple de Thémis, dont le fameux Procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, Daniel Téssougué, qui à l’exemple d’une multitude de Maliens, n’a pas décoloré devant l’abdication de l’Exécutif face aux bandits armés« sous le prétexte fallacieux des accords de Ouaga ».

 

Qui l’eût cru ? IBK est tombé pieds joints dans le piège où ses prédécesseurs Amadou Toumani Touré et ALPHA Oumar Konaré se sont vautrés volontiers.  

 

De prime abord, IBK avait suffisamment d’expérience de la gestion des affaires d’Etat pour prendre les bonnes décisions, en homme d’Etat avisé. Devant la complexité du problème, il ne pouvait prendre cette décision en solitaire, avant de s’entourer de toutes les précautions d’usage : consulter ses conseillers spéciaux, le ministre de la justice Garde des Sceaux, supposé un orfèvre en la matière, des Experts et des hommes ressources de la Société Civile, leaders d’opinion. Mais le président Ibrahim Boubacar Keita s’est contenté de l’avis minimum de ses proches. Ses conseillers et le ministre, suffisants du haut de leurs fausses certitudes inadaptées aux enjeux et au contexte, ont fait une lecture partielle et partiale, au pied de la lettre de cette partie de l’Accord de Ouaga ayant trait à la libération par le Mali des prisonniers de guerre du MNLA en sa possession. Plus grave, comment ont-ils pu lui faire avaler que cette libération était la condition nécessaire pour faciliter les négociations? La recrudescence des violences à Kidal, Tombouctou, Gao les jours suivants a vite démenti cette analyse sommaire.

Il était pourtant bien écrit dans l’article 18 des accords d Ouaga, à l’alinéa 1 : « Les parties conviennent de la mise en place, dans les meilleurs délais, d’une Commission d’Enquête Internationale sur les crimes de guerre, les crimes contre l’Humanité, les crimes de génocide, les crimes de violence sexuelle, le trafic de drogue et les autres violations graves du droit international et des droits de l’homme sur le territoire malien ».

 

Les conseillers d’IBK l’ont roulé dans la farine, on n’ose pas croire consciemment, en ne lui indiquant pas le bon angle de la gestion du dossier de la libération des combattants du MNLA et d’autres groupes armés du Nord faits prisonniers de guerre. Ils étaient tellement assis sur leurs certitudes et sereins quant à la bonne décision indiquée au patron de Koulouba, qu’ils n’ont pas mis en œuvre la pédagogie nécessaire, la communication adéquate après une analyse de fond nécessaire du dossier, afin d’en informer avec justesse, le peuple, les électeurs d’IBK, pour avoir leur pleine et entière adhésion.

Certains analystes ont émis l’hypothèse surréaliste d’une connivence politique, d’un deal et au pire d’une connexion  entre le Rpm et les députés chefs rebelles issus de ce parti présidentiel, avec l’adoubement d’IBK. Car avec cette levée des poursuites judiciaires contre eux, rien ne les empêche de briguer les suffrages des électeurs. Cela expliquerait à fortori l’oubli de la Commission Internationale d’Enquête sur les crimes de guerre, les crimes contre l’Humanité, les crimes de génocide, les crimes de violence sexuelle, le trafic de drogue et d’autres violations graves du droit international et des droits de l’homme commis au Nord Mali.

 

 

En fait, dès la prise de fonction d’IBK, cette commission devait être créée sans délai et activée, pour mettre la pression sur le MNLA. Hélas ! Le nouveau pouvoir vient de faire une troisième passe à l’ennemi, avec dans la foulée de la libération de leurs combattants, la levée des mandats d’arrêt internationaux lancés contre des dirigeants du MNLA, des députés en majorité, commanditaires et responsables des violences, tortures, crimes de guerre et contre l’humanité commis par leurs hommes.

 

Il reste à constater les dégâts. La popularité d’Ibrahim Boubacar Keita est en chute libre, ses électeurs sont désabusés sinon désenchantés. Et ils se demandent avec inquiétude de quoi demain sera fait.

Oumar Coulibaly

SOURCE: Le Guido
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