Le Drian salue la volonté d’Alger d’être plus «actif» pour la paix au Mali

Lors de ses vœux à la presse, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’est félicité ce lundi que les nouvelles autorités algériennes aient la volonté d’être « plus actives » dans la mise en œuvre de l’accord de paix d’Alger au Mali.

 

Pour Jean-Yves Le Drian, « il y a un renouveau diplomatique de la part des autorités algériennes ». Le ministre français des Affaires étrangères en veut pour preuve la récente réunion à Alger des pays voisins de la Libye, organisée après la conférence de Berlin pour trouver une issue à la crise.

« J’ai pu constater lors de mes entretiens (le 21 janvier à Alger) et avec mon homologue Sabri Boukadoum et avec le président Abdelmadjid Tebboune la volonté d’être beaucoup plus actifs dans le règlement de la crise malienne et de la crise du Sahel », a poursuivi le chef de la diplomatie française lors de ses vœux à la presse. « Le ministre Boukadoum s’est rendu lui-même à Bamako pour présider le Comité de suivi des accords d’Alger. »

« Pendant très longtemps, l’Algérie n’était pas vraiment présente dans ces discussions » autour du suivi de l’accord de paix, a relevé Jean-Yves Le Drian. « J’ai le sentiment d’une volonté de coopérer de manière beaucoup plus forte avec l’ensemble des acteurs qu’auparavant et c’est un signe très positif », a-t-il ajouté. « On a même envisagé que nous puissions aller ensemble M. Boukadoum et moi-même à un prochain Comité de suivi de l’accord pour manifester notre volonté de faire en sorte que les accords de Pau puissent être mis en œuvre », a-t-il précisé.

L’accord d’Alger conclu en 2015, qui prévoit le désarmement de groupes rebelles et leur intégration dans les forces de défense maliennes, tarde à se concrétiser. Les ex-rebelles touareg avaient suspendu en septembre 2019 leur participation au CSA. Ce comité s’est finalement tenu le 19 janvier et a abordé la question du retour de soldats maliens à Kidal, ville du nord du Mali aux mains d’ex-rebelles. L’armée malienne n’a pas repris pied dans Kidal depuis des combats en mai 2014 qui s’étaient soldés par sa lourde défaite face aux rebelles.

Le Mali fait face depuis huit ans à une crise profonde. D’abord confronté à une rébellion indépendantiste en 2012, Bamako lutte depuis contre les attaques jihadistes qui ne cessent de s’étendre, malgré la présence de forces françaises, africaines et onusiennes.
Source: RFI
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