L’Accord de paix : après signature, quel avenir pour le Mali ?

La médiation a prévu pour les jours à venir à Bamako la signature de l’Accord de paix négocié à Alger. Toutes les parties prenantes sont invitées à signer. Les récalcitrants seront considérés comme des ennemis de la paix et traités en conséquence comme des terroristes. Ce qui a le mérite de la clarté. Pour  la suite, attendons pour voir.

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Depuis un certain temps, le Mnla et ses alliés mettent tout en œuvre pour saboter le processus de paix. Des accrochages sont provoqués causant davantage de morts pour le Mali qui n’en a vraiment pas besoin. Nos rebelles ne veulent ni de Gao ni de Tombouctou encore moins de Mopti ou Ségou. Ils veulent la région de Kidal. Prenons garde. Ils vont du général, c’est-à-dire tout le Nord pour pouvoir avoir le spécial, c’est-à-dire Kidal. Ils font tout pour que les attaques et défenses se fassent partout sauf dans la région de Kidal. Nos rebelles ont inventé le Mujao juste pour faire une force tampon. Nos Fama ont très bien pu cette fois-ci défendre nos positions à Diré, Goundam, Tenenkou etc. Dieu merci. Mais il faudrait, si la négociation échoue, nous préparer pour Kidal et cette fois-ci, s’il le faut, avec 10 000 hommes. Même si la négociation aboutit,  nous devons nous préparer à la guerre. Cela nous évitera de futures guerres. Croire en un simple Accord comme seul vecteur de paix serait la pire idiotie. Aussi, avant, des préalables s’imposent.

 

La nécessité de se dire la vérité

 Signer un accord de paix ne signifie pas gagner la paix. La paix des cœurs et des esprits se travaille et se mérite. L’ancien Premier ministre, sous une partie de transition, Cheick Modibo Diarra (CMD) aime rappeler à chaque fois qu’il a l’occasion que le Mali a besoin de recruter 50 000 soldats. Non, monsieur le Premier ministre, même si nous recrutons 100 000 hommes, le problème de notre septentrion restera entier tant que nous ne combattrons pas nos maux à la racine. Nous avons déjà au moins un effectif militaire cinq fois plus élevé que celui des rebelles. Sans conteste.

Souvenons-nous, parmi les chefs rebelles qui ont trahi le Mali, il y a des porteurs de grades d’officiers supérieurs. Ils ont préféré quitter leurs conforts à Bamako pour le maquis. Depuis plus de trois ans de quoi vivent-ils ? Ne soyons pas dupes. Personne ne vit d’espoir et d’eau fraîche. Ils croient en leur cause. Ils sont déterminés. Ils ne renonceront jamais à leur lutte. Ils en remettront à plus tard. Conjecture oblige. Avoir la naïveté de croire qu’ils renonceront de bon cœur à leur lutte, c’est comme croire à un contrat de livraison de la lune en colis. CMD, vous ne dites pas publiquement une chose que vous savez pertinemment. Nous en avons discuté à Paris.

 

La corruption tue le patriotisme

Tant qu’il n’y aura pas une véritable remise en cause, le Mali n’ira nulle part. Nos ministères, consulats, aéroports, ports et ambassades sont bourrés d’officiers qui ne servent à rien. Ils alourdissent notre budget alors qu’ils ne sont d’aucune utilité. Leur mise à la retraite d’office serait salutaire. Ou au moins leur rappel dans les casernes au Mali. Pour déterminer nos soldats sur le champ de bataille, il faudrait au préalable corriger ces injustices-là.

 

CMD, si vous êtes pour le bien du Mali, dites publiquement à IBK de laisser tranquilles dans leur retraite les Ag Hamani, Baba Hakim Haïdara, Cheick Mouctary Diarra, etc. On dit que vieillesse est sagesse. Cependant, nos illustres aînés sont incapables de dire  »ça suffit’’. Ils n’ont pas la sagesse de céder leurs charges, de comprendre d’avoir fait leur temps. Ils sont abjectement et  »mercantilement »  en quête de l’éternité de jouissance dans ce bas monde. Pour eux, chaque instant est propice pour traire le Mali. La satisfaction morale, ils n’en connaîtront jamais. Dans l’avant chambre de la mort, ils sont encore dans la gourmandise, l’appétit, la cupidité, l’avidité, l’insensibilité des souffrances du peuple. Ils sont prêts à s’accaparer du fonds de caisse du trésor pour leur cause. Légèreté, inconséquence, insouciance, fanfaronnade, fourberie, connexions mafieuses, attitudes dolosives, bourgeoisie indécente et malpropre de notre mandé Massa aidant.

 

L’Occident et notre crise

 Les Occidentaux se fichent éperdument de notre unité nationale et de notre intégrité territoriale. Ils ne veulent pas d’un Sahel bordélique, plaque tournante de la drogue et pourvoyeuse d’immigration. Point barre. Les autorités maliennes doivent en avoir conscience. Les blancs s’adosseront aux irrédentistes touaregs, s’ils pensaient un jour le Mali irrémédiablement  défaillant. L’Algérie aussi.

 

Notre opposition et nos associations doivent comprendre que nous avons perdu la guerre. L’Accord s’impose à nous. Nous ne devons plus perdre notre temps avec des questionnements du genre l’Accord est-il bon ou mauvais ? L’Accord est déjà là. Nous devons faire avec. Nous devons veiller à plus jamais ça. L’honnêteté doit devenir notre clé de voûte.

 

Que faire ?

Tant que nous ne combattrons pas la corruption et ses différentes variantes à savoir : le népotisme, le clientélisme, le favoritisme, la gabegie, l’impunité, etc., nous n’aurons pas d’armée. Et sans armée. Point de sécurité. Guère de développement.

IBK censé redonner espoir à notre peuple est l’ami du mafioso Tomi Michel. Le président de la surfacturation, de la famille d’abord, des inchallah à l’emporte-pièce.

Très honnêtement, notre avenir commun est sujet à cautions. C’est regrettable, mais c’est ainsi. Nous ne nous en réjouissons pas, car notre destin est commun : le Mali. Nous voulons juste un Mali meilleur et dans cette visée, nous serons sans pitié. Ibrahim Boubacar Keita n’est vraiment pas à la hauteur. Hélas !

 

Boubacar SOW

  boubacarsow@hotmail.fr

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