Insécurité au Mali : Le crépitement des armes viole les droits des enfants

Le 13 août dernier, dans un communiqué rendu public sur son site internet, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a tiré la sonnette d’alarme sur les violations graves qu’ont subi les enfants au Mali durant le premier semestre de 2019. Les chiffres sont fort alarmants.

 

De plus en plus d’enfants sont exposés à des violations graves de leurs droits au Mali à cause de l’insécurité qui ne connait aucun répit. C’est ce qui ressort d’un constat du fonds des Nations Unies pour l’enfance, l’UNICEF, diffusé la semaine dernière.

Les  violations « graves commises contre les enfants au Mali » va crescendo, déplore l’UNICEF ainsi que ses partenaires de la protection de l’enfance. Ces violations font état  notamment des enfants tués et blessés lors de conflits au centre ou au nord du Mali. Selon l’UNICEF, les données préliminaires dont disposent les Nations Unies font état de plus de 150 enfants tués au cours du premier semestre de 2019. À côté de cela,  on énumère 75 qui ont été blessés suite à des attaques, précise la même source. S’agissant du recrutement et de l’utilisation des enfants dans les groupes armés, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance explique que ce nombre a également  doublé par rapport à la même période en 2018. Quant à la situation des écoles, il est déplorable que plus de 900 écoles soient restées fermées à cause de l’insécurité.

Selon la directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore, « Au fur et à mesure que la violence se propage au Mali, les enfants courent un risque croissant d’être tués, blessés et recrutés dans des groupes armés ». Il est hors de question de maintenir ce statu quo, rassure-t-elle, avant d’inviter au respect du droit international humanitaire ainsi qu’au droit international des droits de l’homme afin d’empêcher que les enfants souffrent : « Nous ne devons pas accepter la souffrance des enfants comme la nouvelle normalité. Toutes les parties doivent mettre fin aux attaques contre les enfants et prendre toutes les mesures nécessaires pour les protéger de tout danger, conformément au droit international humanitaire et au droit international des droits de l’homme. Les enfants devraient aller à l’école et jouer avec leurs amis, sans devoir se soucier d’attaques ni être forcés de se battre. »

Ce n’est pas tout, dans ce communiqué de l’UNICEF, nous pouvons comprendre que les régions dans lesquelles les enfants subissent le plus de violences constituent celles du Nord et du centre. La plus indexée constitue celle de Mopti. Cela est dû à la montée d’un cran de la violence intercommunautaire et de la présence de groupes armée. Une situation qui a favorisé des attaques répétitives occasionnant comme conséquence des violations graves des droits des enfants par leur mise à mort, leur déplacement voire leur séparation d’avec leur famille ou encore leur exposition à des violences sexuelles.  Au total, estime l’UNICEF, 377 000 enfants sont dans un besoin d’assistance en termes de protection.

« L’UNICEF collabore avec les autorités locales et ses partenaires pour fournir des soins médicaux et psychosociaux aux enfants touchés par le conflit, soutenir la libération et la réintégration des enfants associés à des groupes armés, réunir les enfants séparés avec leur famille et assurer la prise en charge des victimes de violences, y compris la violence sexuelle », lit-on dans ledit communiqué qui ajoute qu’en 2019, l’UNICEF a pour ambition de porter assistance à plus de 92 000 filles et garçons touchés par le conflit.

F.TOGOLA

Source : Le Pays

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