IBK-Sanogo : La fin du deal ?

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Les événements du 30 septembre dernier a mis le Mandé Mansa, El Hadj Ibrahim Boubacar Kéïta, président de la République du Mali, dans un dilemme cornélien. Il s’agit pour le kankélétigui de trancher entre un engagement pris devant témoin avec Amadou Haya Sanogo, actuellement au centre de la controverse et son devoir de Première Institution du pays. Il est question ici d’honorer d’un côté son engagement sacré avec Amadou Haya Sanogo et de l’autre son serment de Président de la République. A savoir : Garantir la Justice et l’Equité à l’égard de tous les citoyens. Il s’agit de rendre justice aux parents des victimes des événements du 30 septembre. Pour ce faire, IBK est dans l’obligation de livrer son ami Amadou Haya Sanogo à la Justice de son pays pour élucider cette affaire afin que les parents des victimes soient mis dans les droits. Les coupables châtiés avec la manière. IBK va-t-il franchi le rubicon ? Attendons voir dans les jours à venir.

Mais sauf cécité politique, sinon ce n’était guère une surprise pour les initiés au Komo de comprendre dès le départ que la complicité IBK et le général de corps d’armée, Amadou Haya Sanogo, n’avait pas long feu. Ce n’était qu’une alliance de contre nature de circonstance, sans avenir lointain. Dans le jeu politique, fait parfois de haut et de bas, les acteurs se doivent d’être patients et réaliste. Cette attitude nécessite un type comportement adapté à la situation du moment. Celle-ci recommande par moment des alliances contre nature avec ses farouches adversaires. C’est une stratégie de combat, dont l’avantage est d’apprendre les failles du système pour en faire une arme de bataille afin de l’assommer. En d’autres termes : c’est usé de la force de son adversaire contre lui-même. Le genre de ruse que Bakaridian a utilisé pour affaiblir totalement Bilissi, avant de l’abattre. Pour rappel, Bakaridian qui a déjà été briffé par les féticheurs sur la puissance de son adversaire l’a d’abord distraire par les amusements en l’offrant du tabac. La gentillesse a surpris Bilissi. Dans une deuxième étape, il a invité Bilissi à un jeu de course de chevaux. Il se trouve le cheval de Bakaridian était entrainé à ces genres d’exercice. C’est au cours de cette aventure que le cheval de Bilissi a échoué devant un large cratère, là où son challenger (le cheval de Bakaridian) a réussi. Bilissi et son cheval se retrouvèrent dans le creux du trou. Bilissi se tire avec son dos cassé. Paralysé et affaiblit, il livre à Bakaridian son secret permettant à son adversaire d’en  finir avec lui. Sinon, les féticheurs avaient dit à Bakaridian, ta seule force ne peut le contenir a fortiori le tuer. C’est ce qu’IBK lui aussi a fait pour en finir avec le mythe Sanogo.

 

A en croire nos sources, IBK et Amadou Haya Sanogo, alors l’homme de kati, ont juré sur le coran devant des témoins, notamment le capitaine Amadou Konaré de jamais se trahir. C’était à  la veille de l’élection présidentielle de juillet et août dernier. Mais, dans le cas espèce livrer Amadou Haya Sanogo et ses proches à la Justice est un devoir absolu du Président de la République. En le faisant, il n’a trahi aucun serment. Puisqu’au moment de la conclusion du pacte, de tels événements n’étaient pas prévus. Si c’est le cas, chacun des deux doit s’assumer et répondre de ses actes. Lors de la cérémonie de présentation des vœux au Président de la République en 2010, le président du Haut conseil islamique, l’imam Mahamoud Dicko, a dit au locataire du Palais de Koulouba d’alors, Amadou Toumani Touré, que le Seigneur ne tolère jamais l’abus. Autrement dit, les larmes des pauvres ne tombent jamais.

 

Avec les mains « entachées » de sang des innocents, Amadou Haya Sanogo n’est plus un homme fréquentable pour le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, fût un devoir de reconnaissance ? D’ores et déjà, des voix et pas les moindre commencent à souffler dans les milieux militaires la fin du deal entre les deux hommes. « IBK doit s’affranchir de l’ombre de ce général devenu désormais encombrant » murmurent certains. Dans ses confidences, un officier de la gendarmerie nous disait, pour y voir claire dans cette série d’assassinat, IBK doit d’abord nettoyer la chaîne de commandement et revenir sur la décision de nomination de tous les obligés d’Amadou Haya Sanogo. Car, de son point de vue, le spectre de complicité est trop large.

 

Mohamed A. Diakité

Source: Tjikan

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