Huitième round des pourparlers inter malien d’Alger : Négociations, discussions ou clarifications ?

On a beau se livrer au jeu des mots, on ne peut nier l’évidence des nécessaires négociations entre le gouvernement et les rebelles de la CMA, car il faut bien que celle-ci signe, si c’est par le dialogue qu’il faut gagner la paix. La plateforme s’est fait éliminer du jeu en signant le document le 15 avant la CMA. Le piège qu’avait craint un responsable de cette plateforme est bien arrivé : la poursuite des négociations entre deux parties, le gouvernement malien et la CMA. Sans la plateforme. L’idée serait d’amener toutes les parties à Alger à partir du 25 mai pour signer l’accord de cessez-le-feu, ensuite ouvrir immédiatement les consultations entre le gouvernement malien et la CMA.

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L’accord pour la paix et la Réconciliation du Mali a été signé le 15 mai, alors que le gouvernement malien et la CMA, donc les parties au conflit avaient des réserves et réclamations non prises en compte. L’accord a été signé au moment où un déluge de feu tombait sur la ville malienne de Ménaka du fait des rebelles de la CMA, qui n’a paraphé le document que la veille de la signature. La pomme de discorde réside dans le déplacement des positions des groupes au moment de la signature du cessez le feu du 23 mai. La communauté internationale compte sur le respect du cessez le feu, donc le retrait du Gatia de Menaka, disposition sans laquelle, la signature de la CMA ne se dessine pas pour le moment. Or l’application de l’accord passe par la signature de la CMA. D’où la convocation par la médiation d’un huitième round des pourparlers inter maliens à Alger pour sortir de l’impasse de la violation du cessez le feu. En vérité, la signature de l’accord le 15 mai, a plongé le pays dans bien des situations embarrassantes, comme la crise avec les Nations-Unies, et la situation à Menaka, utilisée par la CMA pour continuer à jouer le dilatoire. Pendant ce temps, sur le terrain, la situation est toujours confuse avec des combats meurtriers entre les forces pro-gouvernementales et des groupes rebelles, principalement dans la ville de Ménaka, dans la région de Gao, mais aussi à Tessit. Que visent les nouvelles négociations ? L’accord notamment prévoit la mise en place d’assemblées régionales dotées d’importants pouvoirs. Mais la CMA continue d’exiger une reconnaissance officielle de l’Azawad « comme entité géographique, politique et juridique ». Certains des points ont été abordés lors d’une rencontre entre Mongi Hamdi, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) et le président Ibrahim Boubacar Keita, deux jours après la signature de cet accord, le 17 mai. Au centre de leurs discussions, les prochaines étapes du processus de paix au Nord du Mali. Pour Mongi Hamdi, de nombreux efforts restent à fournir pour que la CMA confirme son paraphe à l’accord du 15 mai par une véritable signature. « Dans l’intérêt de tous, nous devons amener la CMA à signer cet accord. Le président Keita m’a confirmé qu’il était prêt à recevoir les groupes rebelles. Mais le préalable est de ne pas toucher à l’accord. Certes, il reste encore des points à clarifier. D’où l’intérêt de poursuivre le dialogue entre les deux parties. Et la Coordination des mouvements de l’Azawad est également favorable à cette approche », selon Mongi Hamdi. Pour lui, le problème de Menaka (attaqué par les groupes de la plateforme le 27 avril) a surgi « alors que nous avions déjà un engagement de principe de la CMA pour poursuivre les discussions. Je regrette cette attaque tout comme les autorités maliennes qui m’ont assuré qu’elles la condamnaient vigoureusement. En effet, il s’agit d’une violation du cessez-le-feu qui avait été conclu. Ils doivent donc se retirer de Ménaka, en attendant que les discussions aboutissent ». Une rencontre du comité technique mixte de sécurité, qui regroupe des représentants militaires de toutes les parties, est prévue à Gao. L’idée est de parvenir à un accord pour un arrêt immédiat des hostilités. Les forces loyalistes de la plate-forme devront se retirer de la ville de Ménaka et être remplacées par les éléments de la Minusma. Ce cessez-le-feu sera valable pendant la mise en œuvre de l’accord de paix du 15 mai. Mais il sera aussi un accord politique qui permettra à la Minusma d’assurer la sécurité à Ménaka. « L’idée est d’amener toutes les parties à Alger à partir du 25 mai pour signer l’accord de cessez-le-feu, ensuite ouvrir immédiatement les consultations entre le gouvernement malien et la CMA ». B. Daou

Source: Lerepublicainmali

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