Gestion de la crise et efforts sécuritaires au Mali : Bakoun Kanté rappelle les grands axes !

Les acteurs maliens de la société civile sont de plus en plus sollicités pour jouer sérieusement leur partition dans la résolution des conflits. C’est en marge de la conférence du Ministère des réformes institutionnelles pour la 2ème session consultative avec la société civile. Quatre ministres devaient recueillir et réagir face aux préoccupations actuelles.

Seuls Amadou Thiam et Yaya Sangaré ont pu être en face des représentants de la société civile. Mais le ministre de la sécurité, submergé par ses nombreux impératifs, n’a pas laissé son fauteuil vide. La communication, au nom de son département, a été portée par son conseiller technique, Bakoun Kanté. Devant les forces de la société civile, le commissaire divisionnaire a axé son intervention sur trois points : les défis sécuritaires, les enjeux de la stabilisation et enfin, les mesures prises et envisagées par le gouvernement dans le secteur de la sécurité.

Dans ses propos introductifs, Bakoun Kanté a posé les jalons du phénomène du terrorisme dont les premiers signes remontent dans les années 1990. C’est après les élections de 1992 que des individus, hostiles à la paix, ont commencé à occuper le nord du Mali, ajoute-t-il. Ce terrorisme a été imposé au Mali et les groupes et mouvements recensés, à ce jour, sont entre autres : Ancardine, le Front de libération du Macina, la katiba Islam, la katiba du gourma, Jamat Nostra Al islam et l’Etat Islamique.

Aussi, l’insécurité et l’instabilité sont alimentées par des implications intra et intercommunautaires. Pour le département de la sécurité et de la protection civile, il n’est nullement question de parler de conflits ethniques. C’est plutôt des violences intercommunautaires ou intracommunautaires. Elles opposent souvent des éleveurs à des cultivateurs. C’est un coup dur pour la coexistence pacifique et sociale, regrette M. Kanté qui a mis aussi l’accent sur d’autres commerces tels que le trafic de drogue, le trafic d’armes, de cigarettes et autres.

M Kanté a souligné qu’il y a plus d’actes de banditisme résiduel que de terrorisme et que les maliens ne devraient pas céder à la confusion « l’autre jour j’étais à Dakar. Je l’ai dit, on nous a cité un acte de braquage d’une institution financière. J’ai pris la parole, expliquant que si c’était au Mali, les gens parleraient d’attentat terroriste. » Le conseiller Bacoun Kanté estime que cela est dû au fait que le phénomène est beaucoup plus répandu au Mali.

A la suite des autres ministres, le représentant du Général de Division Salif Traoré n’a pas aussi manqué de souligner que le Mali est victime d’un lynchage médiatique. « Il n’y a pas un pays qui échappe au terrorisme quels que soient ses moyens humains et matériels » insiste le jeune conseiller.

L’autre facteur qui constitue une préoccupation, c’est le front social en ébullition, avec des revendications corporatistes qui affaiblissent et qui peuvent déstabiliser l’Etat dans ses efforts. Bakoun Kanté n’a pas manqué de déplorer le grand désordre et l’excès de liberté sur les réseaux où tout est enflammé sans discernement.

Pour arriver à stabiliser le pays, il y a des leviers et des principes qu’il faut préserver et consolider. La préservation de l’autorité de l’Etat, l’unité nationale, la coexistence pacifique, le libre exercice des activités économiques, le droit à l’éducation des enfants sont des axes sur lesquels le gouvernement travaille.

Le ministère de la sécurité et de la protection civile s’est beaucoup investi dans la dotation et l’équipement des forces de sécurité. Conformément à la LPSI, (2017-2021) qui implique la formation et l’équipement des forces dans un contexte de guerre asymétrique Il y a l’amélioration de leurs conditions de vie, la construction d’infrastructures adéquates et la formation des éléments.

Le département de la sécurité œuvre aussi à l’intensification des patrouilles, au niveau urbain et rural, en coordination souvent avec les éléments qui relèvent du département de la Défense (militaires, gendarmes et gardes). Avec les pays de la sous-région, Bakoun Kanté estime qu’il faut aussi améliorer le cadre de la lutte contre le terrorisme. Sur le territoire, on peut citer le GMS (Groupement Mobile de Sécurité) de Tombouctou, celui de Mopti et de Gao. Ils ont été créés depuis 2011 selon Bacoun Kanté, mais n’ont pu être opérationnels que récemment à la faveur de la situation.

Des opérations de sécurisation sont menées par des unités de la FORSAT actuellement à Yorosso, Tominian, Kolokani et Diéma afin de rassurer les populations. Ce n’est pas leur mission première, mais le Général Salif Traoré a jugé utile de les déployer pour plus d’efficacité. D’autres réalisations consacrent la création de plusieurs commissariats à Bankass, Youwarou, Koro, Douentza, Kolondiéba, Kignan. Certains sont opérationnels, les autres le seront d’ici 2020, assure le conseiller du ministre de la sécurité.

Le conseiller du ministre a lancé un appel aux populations afin qu’elles coopèrent avec les agents en terme d’information et de renseignements. La police de proximité est capitale dans l’atteinte et l’efficacité des résultats des forces de sécurité.

 

Figaro du Mali

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