Force conjointe du G5 Sahel : l’ONU dénonce un « manque persistant de matériel et de formation »

Dans un rapport sur la situation au Sahel, le secrétaire général des Nations unies pointe des « chiffres choquants » de victimes et de déplacés, en forte progression depuis 2018.

 

La Force militaire anti-djihadiste du G5 Sahel, conjointe à cinq pays, continue de faire face à un « manque persistant de matériel et de formation » et a besoin « d’un soutien accru », selon un rapport du secrétaire général de l’ONU publié mardi.

La période étudiée dans ce document, entre mai et octobre, « a été marquée par la faible intensité des activités de la Force conjointe, dont les mouvements ont été limités par la saison des pluies et les opérations, mises à mal par le manque persistant de matériel et de formation », explique Antonio Guterres dans son document remis au Conseil de sécurité.

Il évoque ainsi seulement deux opérations fin mai et fin juin, sans exclure d’autres missions restées confidentielles.

Relancée en 2017, la Force conjointe du G5 Sahel compte 5 000 militaires de Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad, chargés de lutter contre les djihadistes. Poussée par la France, elle pourrait remplacer à terme l’armée française, dont 4 500 militaires de l’opération « Barkhane » combattent dans la région depuis 2014.

« Résultats plus tangibles »

Dans le même temps, « les conditions de sécurité ont continué de se détériorer dans toute la région du Sahel, comme en témoignent les attentats perpétrés par des groupes terroristes contre des civils et des membres des forces de sécurité et la persistance des violences intercommunautaires », relève le patron de l’ONU, en pointant une hausse des attentats au Burkina Faso.

« Je reste profondément préoccupé par l’escalade de la violence qui, du Sahel, s’est étendue aux Etats côtiers d’Afrique de l’Ouest bordant le golfe de Guinée. Les groupes terroristes ont consolidé leur ancrage dans la région du Sahel, faisant basculer de vastes pans de territoire dans l’instabilité et attisant les violences ethniques, notamment au Burkina Faso et au Mali », déplore Antonio Guterres.

« Les chiffres sont choquants, insiste-t-il. Rien que depuis janvier, plus de 1 500 civils ont été tués au Mali et au Burkina Faso. En outre, plus d’un million de personnes – deux fois plus que l’an dernier – ont été déplacées à l’intérieur des frontières des cinq pays considérés. »

« Pour jouer pleinement son rôle et obtenir des résultats plus tangibles, la Force conjointe aura besoin d’un soutien accru », réclame le secrétaire général, en rappelant la demande des pays du Sahel d’un mandat plus fort de l’ONU pour mener à bien leur mission. Jusqu’à présent, les Etats-Unis refusent cette perspective qui impliquerait davantage de financement, préférant miser sur leur aide bilatérale aux pays du G5 Sahel.

Le Monde avec AFP
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