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Éventualité d’une poursuite judiciaire contre l’ancien premier ministre après les évènements du 17 et du 21 mai à Kidal

L’Assemblée nationale renvoie la balle dans le camp du Gouvernement

La maison du peuple a renvoyé le Gouvernement à ses responsabilités concernant l’éventualité d’une poursuite judiciaire contre l’ancien Premier ministre Moussa Mara après les évènements des 17 et 21 mai 2014 à Kidal. Elle n’a pas suivi la Commission ad hoc qu’elle a mise en place pour faire la lumière sur ces évènements. 

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Dans sa résolution, la Commission ad hoc avait demandé des poursuites judiciaires contre Moussa Mara. Mais lors de son vote pendant la plénière, l’Assemblée nationale a amendé cette résolution en renvoyant la         balle dans le camp du Gouvernement. Elle a en effet demandé à l’Exécutif de prendre toutes initiatives en vue de faire la lumière et de situer les responsabilités dans la survenue des évènements du 17 et du 21 mai 2014 à Kidal.

En clair, à la Place de la République, on demande au Gouvernement de donner le bilan exact des pertes en vies humaines et en matériels. Elle exige également de faire une application diligente de la Loi d’orientation et de programmation militaire.

En réalité, l’Assemblée nationale n’a jamais été saisie par le Gouvernement d’une demande d’autorisation de poursuite judiciaire contre l’ancien Premier ministre. C’est elle-même qui a mis en place une commission d’enquête parlementaire pour une meilleure compréhension de ces évènements. Ce qui est différent du cas ATT, où l’Hémicycle a été saisi par le Gouvernement d’une demande de mise en accusation.

Elle n’a pas voulu assumer la responsabilité d’engager des poursuites judiciaires contre Moussa Mara. Il revient désormais au Gouvernement de décider s’il faut poursuivre ou non l’ancien Premier ministre de plus en plus ambitieux. Ce qui parait improbable. A moins que le Président de la République ne décide de lâcher son ancien Premier ministre qu’il avait protégé au moment des faits.

En effet, au retour de M. Mara de Kidal, le Président Ibrahim Boubacar Keïta l’avait ouvertement soutenu en ces termes : «le Premier ministre dont je salue le courage, le sang-froid, l’esprit patriotique et le sens élevé de l’Etat, ne posait aucun acte de provocation à travers cette visite à Kidal. Au contraire, suivant en cela mes instructions, et dans l’exercice de ses prérogatives, il s’y rendait pour écouter notre peuple, en prélude aux pourparlers dont les animateurs et les détails se mettent en place autour de l’ancien Premier ministre, Modibo Kéita, aîné de valeur et de mérite ».

Aussi, Moussa Mara avait-il été accueilli en héro au domicile du Président IBK. En effet, autant l’ancien Premier ministre avait tenté de tirer un gain politique de sa visite dans l’Adrar, autant il avait bénéficié du soutien du Chef de l’Etat pour s’y rendre. Pour preuve, à l’annonce de la récupération du Gouvernorat par les forces armées maliennes (FAMa), l’on avait exulté en plein Conseil des ministres. Ce qu’on peut reprocher à Mara, c’est le fait qu’il n’ait eu aucun remord, de la survenue de ces évènements à maintenant.

Pour rappel, les conclusions de la commission ad hoc ont été très dures avec Moussa Mara. Lesquelles le tiennent coupable de la débâcle de l’armée et du carnage qui a émaillé sa visite dans la 8ème région administrative du Mali.

En effet, à la lecture du rapport d’enquête parlementaire, toutes les personnes auditionnées ont chargé l’ancien Premier ministre. Le rapport nous apprend que toutes les informations avaient été données à Moussa Mara concernant les risques de sa visite à Kidal. Tous les officiers de l’armée malienne sur le terrain, la Minusma, Serval et même l’ancien ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, l’avaient dissuadé de se rendre à Kidal. Ils ont évoqué le risque d’un affrontement entre les FAMa et les 1 500 à 2000 combattants du Mnla qui rodaient dans la ville de Kidal. C’est pourquoi, les députés déplorent son entêtement à s’y rendre.

La commission a estimé qu’en agissant ainsi, Moussa Mara a fait une utilisation abusive de l’administration d’Etat. C’est pourquoi, elle avait demandé qu’une information judiciaire soit ouverte contre lui, le Chef d’Etat-major général des armées, Mahamane Touré, et l’ancien ministre de la Défense et des Anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga. Ce qui n’a pas été l’avis de l’Assemblée nationale dans son ensemble.

Youssouf Diallo

Source : La Lettre du Peuple
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