Entre nous : Lutte contre le terrorisme : N’épousons pas la stratégie occidentale !

Embuscade tendue aux convois des Fama ! Attaques contre des convois humanitaires ! Destruction de véhicules par des engins explosifs !  Les événements tragiques causant la mort des civils et militaires au nord et au centre du Mali continuent de se multiplier. L’une des dernières de cette série noire est l’assassinat de l’infirmière Hadiatou Diallo dans l’attaque d’une ambulance. Les Fama enregistrent de façon permanente des morts. Les auteurs de ces drames sont encore invisibles même s’ils sont qualifiés de terroristes ou jihadistes. Le Niger et le Burkina Faso sont régulièrement attaqués par des groupes venus du Mali.

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Que faut-il faire ? Allons-nous continuer à regarder impuissamment ces drames se multiplier ? Les forces armées de défense et de sécurité du Mali peuvent-elles engager une lutte sans merci contre ces forces obscurantistes qui endeuillent nos familles ? Peut-on envisager de dialoguer avec ces terroristes vomis et rejetés par la communauté internationale ? L’élimination du fondateur de Boko Haram a-t-elle mis fin aux agissements de ce groupe qui trouble le sommeil du Nigéria, la première puissance militaire de l’Afrique de l’Ouest ? Non ! Au contraire, la secte s’est radicalisée dans son mode opératoire. Tuez Amadou Kouffa. Tuez Iyad Ag Agaly. Il y en aura d’autres qui seront plus radicaux, plus cruels.

Le meilleur moyen pour notre pays le Mali, c’est de se doter de sa propre stratégie de lutte contre le terrorisme. N’épousons donc pas la stratégie des occidentaux.

De nombreux gouvernements européens traitent avec les groupes terroristes par le biais d’intermédiaires pour la libération de leurs ressortissants pris en otage. En 2010, Madrid a dépensé un total de 8 millions d’Euros pour la libération de trois Espagnols. L’Italie aurait versé 3,6 millions pour la libération de deux otages aux mains d’Aqmi en mai 2010. L’Autriche aurait versé 2,5 millions pour la libération de deux otages en avril 2009. Pour la libération des otages d’Areva, enlevés au Niger, la France aurait versé un montant variant entre 20 et 25 millions d’Euros. La Mauritanie a engagé un dialogue franc et direct à travers les oulémas avec les terroristes emprisonnés. L’Algérie a récupéré de nombreux chefs islamistes qui avaient les mains tachées de sang. Les autorités du Nigéria avaient envisagé un moment, de discuter avec Boko-Haram. Le Tchad d’Idriss Déby, qui joue le rôle de gendarme, avait même offert ses services d’intermédiation.

Le Mali peut s’inspirer des expériences mauritanienne et algérienne. Pour le moment, le Président du Parti pour la renaissance nationale (PARENA), Tiébilé Dramé, est le seul homme politique à assumer sa préférence pour un dialogue avec les jihadistes. Et pourtant, ceux qui ont la charge de la conduite des affaires publiques au Mali, doivent avoir le courage d’envisager une stratégie propre de lutte contre le terrorisme. Pour cela, ils doivent être en mesure de porter à la connaissance de leurs partenaires occidentaux de l’existence d’un mécanisme local pouvant permettre de récupérer ces jeunes gens. Il ne faut pas se tromper de combat. Ces gens ne se battent pas pour une cause ou une idéologie religieuse, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Ils se battent contre la pauvreté, l’absence de perspectives, l’injustice, l’arbitraire, la mauvaise gouvernance. Des dérives qui ont caractérisé la gestion des affaires publiques ces dernières années.

A l’interne, le Mali doit être capable de laver son linge sale avec ses fils égarés. Ensuite, comme l’a récemment suggéré le Président de la Fondation Balazan pour la gouvernance et la stabilité, Moussa Makan Camara, il faut nécessairement se concerter avec des pays comme l’Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso.

Chiaka Doumbia

Source : Le Challenger
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