Encadré: La faute de la mauvaise gouvernance

Les éléments de la police et de la Gendarmerie en poste à Misseni ont été littéralement surpris et durent s’enfuir, laissant la ville aux mains des assaillants. Comme dans tous les postes de contrôle, ces agents ne sont préparés, ni psychologiquement ni sur le plan de la logistique pour faire face à pareille situation quand bien même, au regard de la crise sécuritaire mondiale, il importe de considérer tous les risques et éventualités.

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A Misséni comme au niveau de tous les postes de ce type, les agents sont beaucoup plus méticuleux et assidus dans le contrôle des pièces d’identités des voyageurs (pour des raisons évidentes) que dans la collecte et le traitement du renseignement. En clair, les agents en service aux postes indiqués, étaient censés avoir des informateurs ou éclaireurs susceptibles de les avertir de l’arrivée des assaillants. Ce d’autant qu’un groupe de 20 personnes en voiture, à motos et puissamment armées, ne passent pas inaperçue dans les bourgades.

Outre, la lassitude et peut-être le découragement, il y a la mauvaise gouvernance. Tenez par exemple : le seul véhicule au niveau de ce poste et incendié par les assaillants, manquait le plus souvent de carburant. A se demander d’ailleurs s’il en contenait avant d’être incendié. Quant aux éléments eux-mêmes, la plupart sont gagnés par le découragement à cause de la mauvaise gouvernance : les plus méritants sont laissés pour compte pendant que les médiocres sont propulsés de l’avant ; les responsables sont régulièrement cités dans des scandales de détournement ; l’impunité a repris ses droits… Conséquence : nombreux sont désormais ceux-là qui pensent que le combat ne vaut pas la peine d’être mené.

Vu sous ce prisme, l’on se demande à raison si le changement promis est véritablement intervenu au Mali.

 

B.S. Diarra

Source: La Sentinelle

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