Emmanuel Macron rend hommage à “13 enfants de France”

Le Président de la République a rendu hommage, hier, aux 13 soldats décédés dans un accident d’hélicoptère au Mali lundi 25 novembre. Il a aussi annoncé vouloir réexaminer la stratégie des forces antijihadistes françaises au Sahel.

C’est dans une atmosphère lourde, que le chef de l’Etat a salué, hier, “treize destins français”, “treize enfants de la France”, parmi les “plus valeureux soldats”, ajoutant : “La liberté a souvent le goût du sang versé, […] le drame qui s’est noué lundi l’a tragiquement rappelé”… Emmanuel Macron s’exprimait aux Invalides devant quelque 2 500 personnes, dont les familles des victimes.

Militaires, anciens combattants, anonymes… Des milliers de personnes s’étaient d’abord réunies sous un soleil radieux et dans un froid cinglant pour voir passer le cortège sur le Pont Alexandre III, avant qu’il ne pénètre dans l’enceinte qui accueille depuis le XVIIe siècle vétérans et blessés de guerre.

“Je m’incline devant leur sacrifice”

Les cercueils drapés des couleurs nationales ont ensuite été portés par les camarades des soldats tués, au son des tambours, au cœur de la cour pavée, avant d’être disposés devant le président.

Emmanuel Macron a égrainé un à un leurs noms et leurs parcours, le ton grave, saluant le “courage” et les “qualités humaines” de ces hommes qui ont trouvé la mort dans la collision de deux hélicoptères lors d’une opération de combat, dans le nord-est du Mali.

“Je m’incline devant leur sacrifice, ils sont morts pour nous tous”, a déclaré Emmanuel Macron. “Ils sont morts en opération, pour la France, pour la protection des peuples du Sahel, pour la sécurité de leurs compatriotes et pour la liberté du monde, pour nous tous qui sommes là”.

Tous ont été faits Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keita assistait à la cérémonie, de même que les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, le Premier ministre Edouard Philippe, et les responsables des principaux partis politiques.

“Les larmes coulent sur toutes les terres de France, mais ces larmes de tristesse sont mêlées d’espoir et de détermination. L’espoir en notre jeunesse, notre armée. La détermination à faire triompher les valeurs de notre République […] Nous ferons bloc pour cette vie de peuples libres conquise grâce à nos armées”, a ajouté le chef de l’Etat.

Margot Louvet, 23 ans, venue de Gap, arborait sur son tee-shirt la photo officielle, sur fond bleu blanc rouge, de son meilleur ami décédé, Antoine Serre, 22 ans, du régiment de chasseurs de la ville.

“C’était une perle, le plus gentil, le plus généreux”, assurait-elle avant la cérémonie, en réprimant des sanglots. “Être ici, c’est une façon de faire le deuil, de réaliser qu’il ne rentrera pas”.

Le lourd bilan humain de ce drame, qui laisse treize orphelins de père, a fait l’effet d’un électrochoc en France, relançant les questions autour de l’engagement français au Sahel, où la situation sécuritaire ne cesse de s’aggraver.

Vers un changement de stratégie

Emmanuel Macron a annoncé, hier, vouloir réexaminer la stratégie des forces antijihadistes françaises au Sahel, dans un contexte sécuritaire explosif. Il a appelé les Européens à s’engager plus à leur côté. « Le contexte que nous sommes en train de vivre au Sahel nous conduit aujourd’hui à regarder toutes les options stratégiques », a lancé le chef de l’Etat. De son côté, le président malien a appelé samedi ses compatriotes à ne pas « mordre la main » de ceux qui leur viennent en aide, dont la France, face aux expressions d’hostilité à la présence de forces étrangères dans le pays.

C.B

Source: ladepeche

 

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