Editorial : IBK sort la main de fer du gant de velours

Jusque-là, la ville-garnison de Kati est restée une République dans une République où, l’on peut arrêter et torturer des citoyens. Sans que les plus hautes autorités de notre pays daignent lever le petit doigt. Jusque-là, la junte militaire et ses valets sont restés intouchables. Même devant la justice.

oumar babi journaliste

Jusque-là, les Groupes armés- avec le MNLA entête- peuvent tourner nos autorités en bourrique, dire une chose aujourd’hui, et son contraire demain. Sans que nos autorités aient à redire. Jusque-là, des Maliens dits « d’en haut » peuvent pomper des milliards de nos francs, dans les caisses de l’Etat. En toute impunité. Avant de se la couler douce au volant de luxueuses bagnoles. Ou à l’ombre de châteaux bâtis sur des terrains arrachés aux pauvres avec la complicité d’un maire.

 

Mais  le lancement, lundi dernier, de l’opération « Saniya » sur le quartier général des ex-putschistes, semble avoir retenti comme un avertissement. Non seulement, pour les irréductibles du camp Soundiata ; mais aussi, pour les narcotrafiquants du MNLA et les « saigneurs de la République ».

 

Le désarmement des hommes du général Sanogo, l’arrestation d’une trentaine de mutins, auxquels s’ajoutent certains chefs putschistes…est un message fort : rien ne sera plus comme avant. Au Nord comme au Sud de notre pays. Désormais, c’est « tolérance zéro » pour la rébellion qui ne finit pas de finir ; pour les fossoyeurs du denier public et les anarchistes de tout poil. Qui n’ont pas encore compris que la récréation est terminée.

 

Reste, désormais, pour le président de la République à étendre « l’opération Saniya » à la ville de Bamako. Censée être la vitrine de notre pays, notre capitale est, à ce jour, la plus sale et la plus insalubre d’Afrique. Avec ses trottoirs envahis par des vendeurs à la sauvette et des bataillons entiers de mendiants, qui font leurs besoins sur place. Au vu et au su de tout le monde.

 

Bref, IBK a sorti la main de fer du gant de velours. Et les Maliens n’en demandent pas moins.

 

Oumar Babi  

Source: Canard Déchainé

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