Edito : La problématique IYAD, le Satan du désert

Un énième attentat revendiqué par Iyad Ag Ghali. Cette fois-ci en plein cœur de Ouagadugou, l’ambassade de France et l’Etat-major sont les endroits clés ciblés par les ennemis de la paix. Des morts et blessés des deux camps. Huit morts et plus de 80 blessés côté Burkina-Faso, huit morts et des éléments appréhendés côté assaillants. La raison avancée par Iyad, cette attaque est sa revanche suite à l’opération française contre une base de son mouvement en février dans le nord du Mali.

La problématique de gestion de la crise résonne de nouveau. Cela se passe au moment où l’opérationnalisation du G5 sahel est au centre des débats, cette force des 5 pays du sahel qui a pour mission la lutte contre le terrorisme. Mais est-elle à mesure de faire barrage à la puissance du mal qui résiste devant les forces qui représentent le monde entier au Mali, c’est-à-dire MNUSMA et Barkhane et les FAMAs ?Le retard pris pour la mobilisation des fonds laisse planer le doute, mais cela n’est pas une raison de désespérer. Les forces africaines, il faut aussi essayer l’option et la communauté internationale qui a hermétiquement fermé la probabilité de dialoguer avec les groupes non signataires  qui ont l’identité terroriste ou djihadiste doit se mettre à disposition d’accompagner le G5 Sahel à hauteur de souhait et il faut le faire vite compte tenu de l’acuité de la situation. Ce n’est plus le nord du Mali le seul problème. Les forces du mal ont adopté des stratégies rendant le climat plus difficile sur le terrain. Elles ont élargi le rayon du nid de l’insécurité. Toute chose qui n’était pas dans le calcul des forces étrangères présentes au Mali. Les fils de Satan ont en un premier temps déplacé les attaques du nord au centre du Mali dans les régions de Mopti et Ségou. Ensuite, ils sont allés au Burkina-Faso où la capitale a fait deux fois objet d’attaques terroristes. La Côte d’Ivoire aussi a reçu la visite de ces fauteurs de trouble.

Au regard des  pertes énormes engrangées par le Mali et ses partenaires engagés dans la résolution de la crise, il y a urgence de faire un bon choix. L’option de la guerre compte tenu de sa légèreté a déstabilisé le Mali et certains pays voisins ; elle a aussi porté un coup dur aux finances des grandes puissances au chevet du Mali. Chaque jour qui passe, la situation se complique. Alors il y a lieu de revoir. Soit faire la vraie guerre en mettant le moyen nécessaire qu’il faut  sur la base de la sincérité, ou privilégier le dialogue. Cette seconde alternative n’est pas sujet d’échec mais elle est stratégique car le Mali et ses partenaires sont en situation de faiblesse. Cela permettra de faire économie en termes de finance mais aussi éviter les morts civils et militaires et épargner aux populations victimes de prendre d’autres destinations aux conséquences désastreuses.

Iyad, le Satan du désert montre tous les jours au monde entier que c’est lui le maitre du sahel. A quand son soleil s’éclipsera ? Seul Dieu pourra répondre à cette lancinante question. Mais cela dépendra aussi de la volonté commune de l’ONU, de la France, du Mali…qui doivent emprunter la ligne directive soutenue par cette célèbre phrase : « Aides toi, le Dieu t’aidera ». Tout est hypocrisie dans la crise malienne. C’est la source de tous les malheurs et cette racine du mal, il faut la couper en toute urgence.

Boubacar Yalkoué

Source: Le Pays

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