Edito : Dans le centre, ce qu’il faut au-delà de la guerre

Les régions de Mopti et Ségou sont les zones où l’insécurité bat son plein. Elles sont plus menacées de nos jours que les régions du nord du Mali car les derniers bilans montrent les attaquent plus élevées dans ces deux régions comparativement à celles du nord. Les terroristes sont dans la dynamique de rendre perpétuelle l’insécurité en élargissant les territoires sous menaces quotidiennes. Cette forme de déstabiliser le Mali et certains pays frontaliers, a au-delà des forces internationales MINUSMA et Barkhane, donné naissance à une force conjointe de 5 pays membres du G5 sahel qui a pour mission lutter contre le terrorisme. Cela nécessite les moyens sur tous les plans car il est question de guerre. Le fonds pour la circonstance se mobilise avec optimisme car la barre des 400 millions d’Euros est franchie. Alors, la descente musclée sur le terrain n’est qu’une question de jour. Mais la question de lutte contre le terrorisme se doit d’être placée dans un contexte d’intervention à long termes. La première année démarre difficilement. Alors comment seront gérées les autres années si le G5 sahel ne parvient pas à résoudre définitivement le problème en un an ? C’est le souci de beaucoup d’observateurs même si certains lient leur optimisme du financement pérenne à l’efficacité de la force après l’évaluation de ce qui a été acquis comme résultat en un an.

 

En marge de la guerre, d’autres méthodes doivent prévaloir. C’est le cas du dialogue car il permettra d’économiser en termes humain et financier. Donc l’Etat et ses partenaires doivent ouvrir la porte à tout le monde.

Secundo, c’est l’implication active de la population. Elle doit collaborer avec les autorités et les forces de l’ordre en donnant des informations saines. Cela n’existe pas comme il le faut. Entre elle et les militaires, l’administration, il y a un grand fossé pour des raisons de tracasseries au sujet des pièces des engins, de la coupe du bois, de la justice, des pièces d’identité nationale…

En toute vérité, les populations se sont habituées aux terroristes et se sentent mieux en l’aise avec eux car elles sont loin de toutes les exigences d’un Etat de droit. Finalement, des citoyens sont devenus complices des terroristes et la méfiance s’est installées dans les villages, familles car personne ne sait qui est qui. Un cas illustratif a eu lieu dans la région de Konna il n’y a pas longtemps. Un Imam a été attaqué par des terroristes. Sa vie a été sauvée grâce à la population qui a vite intervenu. Celui qui l’avait tiré en premier, un terroriste, a été abattu par erreur par ses camarades terroristes. Quand les autres ont pris la poudre d’escampette suite à l’offensive de la population, il s’est révélé après que le terroriste tué est le jeune frère direct à l’imam. Cet acte a instauré la stupeur dans la région.

L’Eta malien doit travailler à ramener la confiance entre ses agents et les populations. Il doit aussi s’investir pour la rupture totale entre les populations et les terroristes. C’est en cela que l’objectif recherché sera atteint à hauteur de souhait.

Boubacar Yalkoué

Source: Le Pays

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